lundi 9 novembre 2009

Tous les nouveaux articles sur BS

Jusqu'au 21 Mars 2009, tous les articles sur BS seront publiés dans ce chapitre intitulé: tous les nouveaux articles sur BS. Ceci dans l'objectif de maintenir à la UNE l'appel à la plantation de 200 arbres pour BS. Le format blog ne permet pas de procéder autrement. Les articles seront classés par date et N°

1.Lundi 9 Novembre 2009

(...) la ville de Bou-Saâda, connue pour ses attraits touristiques, a été dotée d'un "centre d'information touristique" et d'un "centre de l'artisanat" qui remplaceront un parc infrastructurel "vétuste", a-t-on ajouté de même source.(..)
Lire tout l'article dans: http://www.elmoudjahid.com/accueil/Nation/45832.html?print

dimanche 1 novembre 2009

200 palmiers pour Bou Saada


Appel aux structures administratives et aux associations de BS

Le 12 Mars le monde fête la journée internationale de l'arbre. Pourquoi ne pas prévoir la plantation de 200 palmiers à l'entrée de la ville ainsi que dans les principales avenues de la ville?

Les plants pourraient être offerts par des généreux donateurs de la ville et seraient mis en terre grâce au volontariat. Cette action serait suivie par l'organisation d'une grande zerda comme cela se faisait anciennement le 1er jour du printemps.

Merci de faire parvenir vos commentaires et suggestions sur ce blog.

Commentaire posté par S Benhouhou

Je trouve votre proposition très intéressante, mais pourquoi uniquement 200 palmiers ? Pourquoi ne pas prendre en charge, par exemple, le site de Djenan Belguizaoui et en faire un parc suburbain. La journée de l’arbre (le 21 mars et non le 12) peut être le point de départ d’un élan de solidarité de tous les boussaâdis (associations, APC, conservation des forêts, lycéens…) pour la finalisation de cette action écologique. L’aménagement consiste, d’abord, à faire un nettoyage du site (enlèvement des gravats, détritus, bois mort, élagage des arbres…) , puis faire un reboisement complémentaire en diversifiant les essences forestières (conifères, feuillues, arbustes…) ; En deuxième partie, avec l’aide de l’APC et de la wilaya, procéder à la clôture du site, réaliser un réseau de pistes et d’allées piétonnes, quelques kiosques (cafétéria, restaurant, …), créer une petite pépinière pour la production de plantes ornementales, arbres d’alignement et espèces forestières (pour les besoins du Parc, de l’APC et des particuliers), créer un mini zoo qui regroupera un certain nombre d’espèces autochtones et réserver une partie du terrain pour un parc d’attraction. Je pense qu’il existe beaucoup d’investisseurs privés qui peuvent être intéresser par le projet. Bonne continuation pour tout le travail d’information que vous accomplissez.

Benhouhou Saâdi, Inspecteur Sub-Divisionnaire des forêts - Formateur à l’ITMAS du Jardin d’Essai d’Alger.

dimanche 18 octobre 2009

Comme un animal blessé BS panse ses blessures

Les origines andalouses de Boussaâda


Une ville fondée par Slimane Ben Rabéa et Sidi Thameur Ben Ahmed El Fassi. Beaucoup d’historiens se sont intéressés aux origines des populations et à la ville en elle-même. Sa fondation remonterait, disent-ils, «au lendemain de la reconquista espagnole de l’Andalousie au 15e siècle et à l’avènement du beylicat d’Alger. Ce sont les chefs spirituels venant d’Andalousie, Sidi Slimane Ben Rabéa et Sidi Thameur Ben Ahmed El Fassi qui achèteront à une tribu des Bedarna (une branche des Ouled Naïl) un lopin de terre aux abords d’un oued et aux pieds du mont du Hodna et y édifieront les premières maisons et la mosquée Ennakhla. La légende rapportée par les anciens voudrait qu’à la chute de Cordoue en 1492, les habitants d’un des quartiers de la ville, avant de se quitter, se seraient promis de se retrouver un jour et de le reconstruire. Sidi Thameur et Sidi Slimane auraient réalisé leur vœu. A partir du 11e siècle, la région devient un lieu de croisement d’importantes routes commerciales menant en Afrique, en Andalousie, à Bagdad et à Damas. Avec sa zaouïa d’El Hammel affiliée à la Rahmania fondée par Sidi Mohamed Ben Belkacem, Boussaâda joue un grand rôle dans le rayonnement de la pensée et la sagesse. Isabelle Eberhardt, Guy de Maupassant ainsi qu’André Gide lui consacrent de belles pages dans leurs écrits respectifs. Quant au peintre français Etienne Dinet, il disait dans l’un des ses écrits, «Boussaâda mérite son nom plein de promesses ; si le paradis est dans le ciel, certes il est au-dessus de ce pays, s’il est sur terre, il est au dessous de lui». Il n’y a pas que Dinet qui ait succombé aux charmes de la ville, d’autres peintres se sont entichés de Boussaâda tel le peintre flamand Edouard Verschaffelt (1874-1955) qui y est enterré. Il eut deux enfants issus de son mariage avec une femme de la tribu de Sidi Brahim. Aujourd’hui, l’avancée du béton relègue au second plan le confortement de la vieille médina qui dépérit à vue d’œil. Certaines bâtisses menacent ruine, les 300 familles qui sont restées sur place et qui n’ont pas où aller sont inquiètes.
«Une antenne de l’Unesco chargée de superviser la restauration de la ville est fermée depuis plusieurs années», nous explique M. Amar Doufi, un locataire de Hai Chorafa, et membre d’une association qui milite pour la poursuite des travaux. Des traces d’assainissement sont visibles et les allées ont reçu, comme on a pu le constater, des chapes de béton pour éviter que l’eau ne creuse les fondations. Un bureau d’études a pourtant été chargé des travaux.

Transformer en musées la maison de l’Emir Hachemi et le Fort Cavaignac



L’Association de Boussaâda qui est dirigée par des personnalités et des intellectuels de la ville s’attelle à récupérer auprès des ses propriétaires actuels la maison de l’emir El Hachemi fils de l’émir Abdelkader qui a vécu ses derniers jours dans la vieille Médina. Sa maison menace ruine et ses propriétaires sont prêts, nous dit M. Saïd Habachi, à «céder la maison au profit de l’Association». Plus loin, la tombe de l’Emir Hachemi est, elle aussi, en travaux de réhabilitation ainsi que le cimetière qui, sans un mur de soutènement, risque un éboulement avec une dizaine de tombes. L’APC veut également, à cet endroit précis, tenter un élargissement de la route qui est «un sujet de frictions entre les automobilistes», se désole un membre de l’APC, M. Amar Benoui. L’APC est cependant tenue de compenser les expropriés par des kiosques ou tout autre chose mais cette solution se heurte «au blocage de la tutelle» faute de titres de propriété qui ne sont pas censés exister dans la vieille ville. Le Fort Cavaignac qui domine la ville de Boussaâda sera également transformé en musée et en centre de loisirs pour les jeunes. Ce fort érigé sur les hauteurs a été créé par l’armée française après l’entrée de ses troupes. Déjà, en contrebas, le cimetière qui accueille les restes de deux cents martyrs atteste des sacrifices des populations et de la barbarie de la soldatesque coloniale.

Quotidien Horizons du 17 Octobre

PS/ Voir les propositions très intéressantes de S.Benhouhou dans
http://Bou Saada.forumactif.com

mercredi 14 octobre 2009

Petite victoire pour saba-bousaada.net

saba-bousaada.net a été classé parmi les 20 sites les plus visités parmi les sites référencés par Weborama:

http://www.weborama.fr/net-pratique-surf-remunere/Net.shtml

dimanche 11 octobre 2009

Aid moubarak




Un problème d'ordre technique a empêché, ces derniers temps, toute publication sur ce blog. Comme le dit l'adage : il n'est jamais trop tard pour....

lundi 31 août 2009

Un train Alger-M'sila?


Chemin de fer : La liaison ferroviaire Constantine - M’sila suspendue


La ligne ferroviaire Constantine-M’sila, lancée en grande pompe il y a presque six mois par Amar Tou, ministre des Transports, n’a pas survécu à la réalité du terrain. Faute de voyageurs , cette ligne desservie par autorail, a été suspendue la semaine passée dans la plus grande discrétion, au grand dam des responsables de la SNTF qui se sont lamentablement fourvoyés en lançant cette ligne sans étude préalable de marché. Certaines personnes, se comptant sur les doigts d’une seule main, nous dit-on au niveau de la gare de M’sila, ont emprunté cette ligne par simple curiosité, sinon pour le reste de cette longue période, l’autorail s’ébranlait sans aucun voyageur.
Il est triste qu’un aussi bel engin, doté de toutes les commodités pour assurer dans les meilleures conditions la liaison entre différentes villes (M’sila, Barika, Aïn Touta, Batna, Aïn M’lila et Constantine) tourne à vide. Outre le caractère inefficient de cette liaison du fait du tarif exorbitant (830 DA), aucun service d’utilité publique n’est assuré pour la population. D’aucuns diront que Ia liaison Constantine-M’sila, a été un véritable fiasco ; sa substitution par la liaison M’sila-Alger serait plus rentable pour la SNTF et d’une grande utilité pour la population, compte tenu du fait que pas moins 80 taxis font quotidiennement la navette M’sila-Alger
S.Ghellab in elwatan.com du 31/08/09

samedi 22 août 2009




« Essayons de ne jamais laisser notre état d’esprit être dérangé. Que nous souffrions maintenant ou ayons souffert dans le passé, il n’y a aucune raison d’en être affligé. Si nous ne pouvons y remédier, pourquoi être malheureux ? Cela ne fait qu’ajouter encore plus de tristesse et ne produit aucun bien. »

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/voyages/article/narayangath-55861

La huppe fasciée n'est pas n'importe quel oiseau; jugez en vous-même en cliquant sur ce lien: http://fr.wikipedia.org/wiki/Huppe_fasci%C3%A9e

Remarque: Ressemblance étrange entre la huppe et son hulululement avec le foulard que portent sur leur dos les Bousaadiennes ( ettabba), la plume sur leur tête, leurs you you et la danse saadaoui qui imite la battement d'ailes d'un oiseau. Les Bousaadiens seraient-ils originaires du Nord du Yemen où a été localisé le royaume de la reine de Saba? la huppe était la messagère entre le roi Salomon et la reine de Saba comme en parle le Coran. Ou alors de la ville de Saada au nord Yemen, fondée par les Seyeds (élite) venus du Sud de l'actuelle Arabie Séoudite?

http://yemen.chez-alice.fr/SADAA.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%A9men
http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/saba__les_sabeens_et_leur_capitale_marib_yemen.asp
http://www.imarabe.org/temp/expo/yemen_expo/yemen_intro.html

http://www.connaissancedesarts.com/voyages-archeologie/actu/articles/oeuvres-expositions/dossiers/au-yemen-a-la-recherche-de-la-reine-de-saba.html

http://books.google.com/books?id=M__7YEIa-c4C&pg=PA255&lpg=PA255&dq=matriarcat+yemen+antique&source=bl&ots=oOsPIESpBw&sig=XiGQ5MfMaK0O09GMD9RCcppz6hg&hl=fr&ei=D1mVStXoLsaOsAbl-pQI&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=5#v=onepage&q=&f=false

La dune de Bou Saada









Cliquez sur ce lien si vous voulez voir des photos de dunes

http://www.linternaute.com/nature-animaux/geologie/photo/les-dunes-du-monde/djanet-algerie.shtml?f_id_newsletter=1486

dimanche 9 août 2009

C'était l'objectif de ce blog

Appel à relever ce défi aux Bou saadiens: architectes, urbanistes, sociologues ou simples citoyens qui aiment leur ville

Un musée à ciel ouvert



Lors d’une conférence de presse animée hier à Alger, Ouiza Abdat, architecte et initiatrice du projet Muvif qui signifie musée vivant à Ifigha (Tizi Ouzou), a expliqué les objectifs de son initiative.
Comment faire un musée à ciel ouvert de ce village de 4 000 habitants non loin de la ville d’Azazga, dans la wilaya de Tizi Ouzou,? L’architecte, qui veut redonner vie à ce petit patelin qui se trouve sur les hauteurs de Tizi Ouzou, ambitionne de préserver les identités locales qui ne sont pas consignées dans l’histoire.
“Ce projet se veut d’abord un devoir de mémoire fédérateur vis-à-vis des générations passées et à venir. C’est un projet culturel, sans visée politique, qui se donne comme objectif de contribuer au développement économique local en impulsant deux notions indissociables pour la région : le tourisme culturel et l’écotourisme”, explique Ouiza Abdat. Le projet est porté sur deux grands axes. Le premier vise à redessiner la mémoire et ressouder le temps entre les générations d’hier et celles d’aujourd’hui. Selon Mme Abdat, y a-t-il meilleur moyen pour continuer à faire vivre la mémoire que les contes, les rites, les croyances, les chants et les symboles d’un quotidien d’un temps qui ne cesse de se conjuguer au passé ? Le second axe est la promotion d’une nouvelle économie basée sur la renaissance et la perpétuation des savoirs et des savoir-faire, liés à l’identité territoriale. Ce musée vivant envisage, aussi, d’accélérer la prise de conscience quant à la nécessité de préserver l’environnement, les ressources naturelles et la maîtrise harmonieuse du développement urbain. Le Muvif est un projet qui se veut écologique et son développement doit se réaliser en parfaite harmonie avec la nature. À l’intérieur du musée, il y aura une mise en œuvre contemporaine des matériaux des espaces fluides, des échappées visuelles et d’un éclairage naturel permanent. L’approche bioclimatique est privilégiée dans la conception du Muvif. Cette volonté se traduit par la construction des murs de l’extérieur en pierre locale, qui apporterait une bonne isolation thermique et une intégration harmonieuse dans le paysage. La ventilation est, elle aussi, naturelle où des puits canadiens sont envisagés pour tempérer l’air ambiant. Pour l’heure, le projet est au stade de maquette, mais il a été adopté par les habitants du village et même au niveau des collectivités locales. L’architecte compte dans une première étape matérialiser son projet avec la création d’un site Web qui contiendra toute l’histoire, les traditions et les arts de cette petite commune. Concernant le financement et les participants à la concrétisation de ce projet, Mme Abdat a fait savoir que les premiers participants sont les habitants du village, car l’objectif premier de ce projet est d’apporter le bien-être aux gens. D’autres acteurs peuvent également participer à cet ambitieux projet. Parmi eux des agences de voyages installées en France.
Au sujet du financement, l’architecte a affirmé que trois industriels, dont elle n’a pas cité les noms, se sont proposés pour participer au financement du projet. Mme Abdat a émis le souhait de voir cette initiative s’élargir à tout le territoire national, car le pays regorge de trésors qui nécessitent plus que jamais une prise en charge au risque de les perdre à jamais.
DJAZIA SAFTA
Quotidien Liberté du 6/08/09

vendredi 31 juillet 2009

Le sud des chimères


Le Sahel reverdit !

Ce n'est pas une incantation, mais une tendance bel et bien observée par des chercheurs qui ont dépouillé quinze ans de photographies satellites de la région. Ces géographes européens affirment que les terres cultivables commencent à reprendre progressivement du terrain. Une bonne nouvelle ! Décidément le changement climatique ne ressemble à aucun scénario prévu...

Lire la suite:

http://www.laterredufutur.com/html/modules.php?name=News&file=article&sid=22
http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/grande-muraille-verte-d-afrique-un-47267

vendredi 17 juillet 2009

Bou saada: 42° à l'ombre



Il y a de quoi voir des mirages

lundi 13 juillet 2009

Un mirage? c'est à cause de la canicule


Projet d'une mer intérieure au Maghreb.

On sait qu'au sud de l'Algérie et de la Tunisie, au pied de l'Aurès et aux abords du Sahara s'étend, sur une longueur de près de quatre cents kilomètres, une vaste dépression dont le fond est couvert de sel cristallisé et qui se divise en plusieurs cuvettes secondaires désignées par les Arabes sous le nom de chotts. Les principaux de ces chotts sont, en partant de l'est, c'est-à-dire de la mer, le chott.El-Djerid, le chott Rharsa et le chott Melrir. Le premier, le plus rapproché du golf de Gabès, est en Tunisie; le second, partie en Algérie et partie en Tunisie, et le troisième en Algérie. Ces lacs sont tellement fangeux qu'il faut toujours craindre de s'y aventurer. Que de caravanes y ont péri comme aussi le projet Roudaire sans laisser aucune trace! Il serait téméraire de les traverser sans guide, car le chemin n'est jalonné que par des troncs de palmiers ou de simples pierres, et il est accidenté, étroit comme un cheveu, tranchant comme un rasoir; les bêtes de somme ne peuvent y marcher qu'à la file, une à une, doucement et avec mille précautions ; et malheur au chameau assez imprudent ou assez osé pour s'écarter, ne fut-ce que de quelques pas, du sentier tracé! La croûte saline s'ouvre aussitôt, comme une trappe invisible, et l'engloutit. Les vieillards de la région racontent que, vers la fin du siècle dernier (19ème), on trouva près de Nefta les clous et les débris d'un navire de forme antique. Ce fait semblerait indiquer que les eaux de la mer occupaient jadis les bassins des chotts, alors complètement inondés et navigables. On n'en saurait douter, après avoir lu le passage suivant, d'une exactitude et d'une précision en quelque, sorte topiques: " On assure, dit Pomponius Mêlas, qu'à une assez grande distance du rivage, vers l'intérieur du pays, il y a des campagnes stériles où l'on rencontre, s'il est permis de le croire, des arêtes de poissons, des coquillages, des écailles d'huîtres, des pierres polies comme celles qu'on relire de la mer, des ancres qui tiennent aux rochers." Dans ces campagnes stériles situées vers l'intérieur du pays, au sud de l'ancienne Cirta (Constantine), qui ne reconnaît le Sahara algérien ? Ces cailloux arrondis par les flots, ces ancres, ces coquillages, ne sont-ils pas des témoins irrécusables de la présence de la mer dans ces lieux? Maintenant quel était le nom de cette vaste mer intérieure? Les savants sont d'accord pour voir dans les chotts tunisiens le fameux golf de Triton dont on parle en maints endroits et notamment dans le voyage fabuleux des Argonautes. A une époque indéterminée, le niveau des eaux aurait graduellement baissé par l'évaporation et les flots, se seraient peu a peu retirés, laissant à sec les lieux précédemment submergés. Serait-il possible de les inonder de nouveau? L'auteur du projet d'établissement d'une mer intérieure africaine, le commandant Roudaire, après avoir étudié la question sur les lieux, après avoir visité les chotts depuis l'embouchure de l'oued Melah jusqu'à Biskra et s'être rendu compte de la nature des terrains environnants n'hésite pas à répondre affirmativement. Les chotts Melrir et Rharsa étant au-dessous du niveau de la mer, il suffirait, d'après lui, de les mettre en communication avec le golf de Gabès au moyen d'un canal assez large et assez profond ; les eaux de la Méditerranée se précipiteraient aussitôt dans ces cavités gigantesques et les rempliraient. La superficie submersible du chott Melrir étant de 6,000 kilomètres carrés, celle du chott Rharsa de 1,300 kilomètres carrés, la mer projetée présenterait une surface totale de 8,200 kilomètres carrés, égale par conséquent à quatorze ou quinze fois celle du lac de Genève, qui n'est que de 577 kilomètres carrés. Sans compter que cette surface pourrait bien un jour s'accroître de toute la surface du chott El-Djerid. Ce chott, il est vrai, se trouve au-dessus du niveau de la mer, mais il est occupé, du moins dans sa partie centrale, par des masses considérables d'eau stagnante et de vases fluides. N'est-il pas permis de supposer qu'en le mettant en communication par une ou plusieurs tranchées soit avec la Méditerranée, soit avec le chott Rharsa, on obtiendrait à la longue, par le drainage, un affaissement qui donnerait naissance à une nouvelle dépression inondable? Dans tous les cas, ce drainage aurait pour résultat de rendre à la culture une surface considérable de terrains composés d'un limon excessivement fertile. Voilà dans ses lignes principales la conception vraiment grandiose du commandant Roudaire. Est-elle réalisable? Là-dessus les avis sont partagés, mais M. Ferdinand de Lesseps, dont nul ne saurait contester la compétence en matière de travaux, croît à la possibilité et au succès de l'entreprise. Quels avantages n'en résulterait-il pas pour l'Algérie et la Tunisie, dont les conditions physiques, agricoles, politiques et commerciales se trouveraient transformées de la façon la plus merveilleuse! Les chotts seraient assainis et il n'y aurait plus à redouter leurs bas-fonds boueux, marécageux, imprégnés de sel, qui sont, à certains moments de l'année, de véritables foyers d'insalubrité palustre. Le climat deviendrait immédiatement plus tempéré, les régions avoisinantes d'un meilleur rapport. L'énorme évaporation produite par le soleil saharien, poussée par les vents du sud vers les crêtes élevées de l'Aurès, irait s'y résoudre en pluies, y créer des sources, y ramener la fertilité qui faisait jadis des plateaux de Sétif le "grenier de Rome". Le sirocco qui dessèche les moissons en fleur deviendrait inoffensif et même bienfaisant. Les vastes plaines incultes situées entre les chotts et l'Aurès, désormais régulièrement irriguées par les ruisseaux descendus de la montagne, seraient rendues à la culture. La fraîcheur, l'humidité, les pluies permettraient de tirer parti de la fertilité naturelle d'un sol qui est recouvert d'une couche profonde de terre végétale et qui reste vierge depuis des siècles. Les faits historiques viennent confirmer ces prévisions. En effet, du temps des Romains, lorsque la mer remplissait ces cavités, le sud de l'Algérie et de la Tunisie était incomparablement plus fertile que de nos jours. "Les bords du lac Triton, dit Scylax, habités tout autour par les peuples de la Libye, sont extrêmement riches et fertiles." La stérilité actuelle de ces régions a été la conséquence du dessèchement des chotts. (..) La mer intérieure dont la clef serait entre nos mains, nous donnerait une frontière maritime d'une étendue de 400 kilomètres.(..). Au point de vue économique et commercial les avantages résultant de la réalisation du projet seraient incalculables. Nos navires pénétrant par le golf de Gabes jusqu'auprès de Biskra viendraient recueillir tout le commerce du Soudan dévié des ports marocains et tripolitains par la perspective de débouchés plus rapprochés, et partant plus faciles. (..) Rien, en effet, n'est plus capable de frapper l'homme du désert, l'homme des sables brûlants et arides, que le spectacle de la mer. "II y a quelques années, dit le commandant Roudaire, trois chefs touaregs vinrent à Philippeville ; ils regardèrent avec indifférence nos routes, nos maisons, nos chemins de fer eux-mêmes ; mais arrivés au port, ils restèrent saisis d'étonnement à la vue de la mer, de cette immense nappe d'eau dont leurs regards ne pouvaient sonder ni les limites ni la profondeur."

Source : site écologique
Photo: http://www.fond-ecran-image.com/galerie-membre,lac,lac-st-jean-pointe-taillon-12jpg.php

jeudi 9 juillet 2009

Pour vous distraire: Des photos insolites et des chants

http://www.linternaute.com/hightech/internet/photo/20-cliches-insolites-et-inatendus-vus-du-ciel/par-moins-40-c.shtml

http://www.linternaute.com/nature-animaux/animaux-sauvages/dossier/orchestre-animal/magique-symphonie-animale.shtml

vendredi 3 juillet 2009




Journée mondiale de l'enfance fêtée par le centre culturel de l'association Aïssa Bisker pour la promotion de la culture de l'enfant

Pour la troisième année consécutive, le centre culturel de l’association Aïssa Bisker, fidèle à sa promesse organisa le jeudi 04 juin 09 à l’occasion de la journée mondiale de l’enfance, une fête de fin d’année remarquablement réussie. Une tache ardue et menée avec beaucoup de volonté et de motivation par la direction et le personnel enseignant qui accompagnèrent durant tous les préparatifs de jeunes acteurs en herbe décidés à se surpasser pour honorer leur établissement. Cette année, la fête eut lieu à l’institut national de la formation professionnelle, un joyau du savoir et des métiers, situé sur la route de Sidi Ameur, donc hors du centre ville, alors que les précédentes éditions eurent lieu dans les mythiques établissements que sont l’école Sidi Thameur, ex Lucien Chalon, et le lycée Abi Mizrag. Ce jeudi après-midi et bien avant le rendez-vous de 16 heures 30 la foule commença à grandir rejoignant au fur et à mesure l’amphi où sera donné le grand spectacle. Un bâtiment conçu selon une architecture moderne et doté d’un équipement nouveau conçu pour les besoins des conférences et des activités culturelles. Le lieu s’est avéré finalement exigu pour accueillir une foule nombreuse. L’engouement pour de telles manifestations et le succès des précédentes éditions y ont certainement été pour quelque chose. Les retardataires furent contraints de suivre debouts le spectacle, mis à part quelques chanceux qui purent bénéficier de chaises ramenées pour palier au manque de places. L’assistance était majoritairement composée de femmes et d’enfants habillés pour la circonstance, ce qui donnait une ambiance de fête. La malhfa que certaines dames portaient ne dérogeait pas aux coutumes des Bou saadiates. Comme à l’accoutumée, l’ouverture débuta par quelques versets du saint Coran psalmodiés par un tout jeune enfant suivi de l’hymne national écouté dans un silence solennel. Le premier intervenant ne fut autre que le président de l’association Aïssa Bisker, monsieur Djamel Bisker qui nous rappela les précédentes éditions et leurs contexte. Celle de 2007 qui commémora le 150eme anniversaire de l’école Sidi Thameur, ex Lucien Chalon, et celle de 2008 qui rendit un vibrant hommage à feu Aïssa Bisker coïncidant avec son centenaire. Monsieur Djamel Bisker nous informa aussi qu’à partir de cette année un hommage sera rendu aux enseignants ayant collaboré avec son illustre père dans sa lutte contre l’ignorance et l’exclusion de ses compatriotes des bienfaits des sciences de l’éducation. A coté de lui sur la tribune, Monsieur Chérif Kheireddine enchaîna sur le sujet et rappela à propos de ces pionniers de l’éducation qu’ils seront honorés après avoir rassemblé tous les documents nécessaires pour être fidèles à leur mémoire sans toutefois omettre de nous faire une brève biographie de l’instituteur Benaziez Mohamed communément appelé Mohamed Ben el mahdi et Madi pour les français. Issu d’une famille respectable et bien connue à Bou-Saâda, il est né en 1898 et a fait le cours normal de Bouzaréah de 1914/1917. Sa première nomination fut en 1917 à Ghardaïa jusqu’en 1921 ; Dréate de 1922 à 1925 ; Eddis de 1925 à 1931, enfin Bou-Saâda de 1931 à son admission à la retraite. On le connaissait surtout pour sa pédagogie et ses anecdotes pour agrémenter parfois ses leçons ainsi que sa façon de s’habiller. Il portait toujours le costume traditionnel, veste et jaquette avec le pantalon arabe au multiples plis ainsi que deux burnous et le turban. Éducateur mais excellant aussi dans l’art du tarz et du majboud , le métier de son père. Par amour pour cet art, il créa une classe pour transmettre ce savoir à quelques jeunes. On lui reconnaît aussi des talents de poète. Il portait des lunettes de myopie, un gène héréditaire chez toute la famille. Il décéda en 1970.
Madame Bensiraj Ahlam, directrice du centre culturel, a été la dernière intervenante sur la tribune. Elle présenta les points techniques du programme, dédiant cette fête de fin d’année au défunt Abdelhamid Bisker , un autre fils de Aïssa Bisker qui nous quitta au mois de novembre 2008. Il était membre fondateur de l’association et son trésorier. Elle annonça aussi officiellement le lancement du site web de l’association:www.biskercentre.org

Le spectacle comprenait deux parties. Les sujets de la première représentation couvraient la période d’avant l’indépendance. Sur la scène, sur un panneau de grande taille, situé en arrière plan, figurait une fresque symbolique qui convenait parfaitement aux sujets de cette première partie. Une peinture expressionniste réalisée par les élèves de l’atelier de dessin et leur professeur.
Bintou el djazeir une chanson patriotique ouvrit les festivités. Ecrite par l’enseignant égyptien Errifai et composée par monsieur Benaziez Mohamed, actuellement inspecteur de l’éducation à la retraite, elle fut interprétée pour la première fois en 1973 à l’institut islamique du temps où feu Aïssa Bisker en était le directeur. Le premier texte à être présenté est une autre facette de l’abeille butineuse ou travailleuse lu par trois petites filles dans un jeu théâtral pour rendre hommage à la femme combattante dans la vie de tous les jours. On passa ensuite à la chanson. Pour encourager la création artistique, l’agence Amar communication (Ittissal) participa à cette fête par la projection d’un clip vidéo. Le jeune chanteur qui interpréta binti (ma fille) n’est autre que le fils de notre grand chanteur Mustafa Zemmiri (Zmirli). Toujours dans le contexte de l’Algérie combattante c’est Kateb Yacine qui est à l’honneur par son fameux appel au peuple français lui demandant de prendre conscience de ce qui se tramait en son nom. Texte lu dans les deux langues, le français et sa traduction arabe. L’opérette qui suivra aura pour thème l’Algérie et ses enfants. Des enfants portant le drapeau prêchaient en chœur l’amour pour cette Algérie tout en tournoyant sur la scène en même temps que l’arrière plan changeait de décor par le truchement de planches pivotantes, une autre fresque symbolisant l’espoir et l’avenir. Une musique et un bruitage tenaient les spectateurs accrochés au rythme des pas faisant vibrer leurs cœurs. Sentiments algériens fut un autre texte de Ali ben Attallah lu par le tout jeune Mohamed Mansour dans un français impeccable prônant la paix, la fraternité et la tolérance. La nouveauté fut introduite par l’atelier de dessin de l’association qui nous gratifia d’une projection de dessins animés. Bravo aux enfants et leurs maîtres qui ont osé aborder le film d’animation plutôt difficile et réservé aux spécialistes. Les deux films, l’enfant de neige et l’éléphant méchant ont été une réussite, au point de vue techniques d’animation ; aussi modeste soient-ils , ils ont été néanmoins une réalisation sans fautes. Une initiative vraiment à encourager.
Côté théâtre, on fut gâtés. Avec la célèbre pièce de Molière, le malade imaginaire, les jeunes acteurs très à l’aise nous ont fait apprécier cette belle pièce. Une projection vidéo sur l’atelier de musique du centre culturel nous a permis de prendre connaissance des activités des enfants dans ce domaine. Pour terminer la fête, le jeune étudiant Zeigham Sofiane chanta pour nous bent essahra de Khélifi Ahmed et le jeune Farid Jagham interpréta une chanson moderne de sa composition suivis par le trio Hicham, Sofiane et Farid qui interprétèrent un air assimi et un air kabyle. L’orchestre du studio Amar Bachiri a accompagné ces jeunes.
Ainsi se clôtura la fête. Il faut dire qu’elle a été menée de bout en bout par les enfants, de l’animateur au présentateur, qui s’acquittèrent de leur tâche comme des grands.

Donc à l’année prochaine !

Mohamed Benaziez, cadre à la retraite

jeudi 18 juin 2009




IL ETAIT UN JARDIN QU’ON APPELAIT…OUED BOU-SAADA




C’est au début de la saison estivale que les Bou Saadiens, à la recherche de ses îlots de fraîcheur et de son ambiance délicieusement conviviale, affluent vers les rives du mythique oued .

Combien de fois, au plus fort des pointes de canicule et lorsque l’atmosphère devenait lourde et l’air irrespirable malgré les prouesses de la climatisation, j’ai surpris avec délectation mon esprit en train de gambader de rocher en rocher à travers les nombreux filets d’eau cristalline de l’Oued de notre enfance.Je ressentais en ce moment magique cette bise légère caresser tout mon être et apaiser cette sensation d’oppression. Je barbotais dans une marre un peu plus profonde au milieu d’une colonie de barbeaux que j’essayais d’attraper à la main et qui me glissaient entre les doigts pour aller se réfugier sous les grosses pierres immergées dans l’eau. Un souffle de vent laissait entendre un froissement dans les feuillages de la végétation luxuriante des berges qui ombrageait de grandes étendues où on se réunissait pour deviser ou jouer aux jeux de société de l’époque : les dominos ou le had(1).

Le gazouillis des oiseaux se mêlait aux cris de joie des multiples groupes d’enfants à la peau tannée par les dards de soleil, disséminés dans une mer de galets à la recherche des crabes et autres tritons.Les adultes bivouaquaient dans les nombreuses criques autour d’un thé ou même d’un repas préparé sur place.

En certains moments de la journée, lorsque le soleil est au zénith, on pouvait facilement admirer l’exubérance d’une féerie de jeux de lumière aux couleurs de l’arc en ciel survoler une portion du paysage.La réverbération des rayons de soleil sur les menus cristaux de silice léchés par les ondes d’eau cristalline crée ce genre d’animation optique .

Aussi loin que porte la vue on pouvait apercevoir des familles entières regroupées par liens agnatiques ou par simple voisinage.On y organisait des Waada(2) avec ghaita(3) et bendirs(4) où l’on venait danser. Sur des feux de bois on préparait dans de grosses marmites en laiton le fameux aich (soupe faite avec un gros couscous) qu’on offrira aux saints de l’Oued, aux convives et à tout passant qui viendrait de leur coté alléché par l’odeur des épices dont nos grand’mères gardaient jalousement le secret.

Quelques anses de l’oued sont habituellement occupées par les lavandières dont quelques unes ont marqué nos mémoires par la beauté de leur chant langoureux qu’on écoutait discrètement lorsqu’elles étaient à l’ouvrage. Sur les multiples rochers immaculés et même sur le gravier elles étendent à sécher au soleil les écheveaux de laine lavée et essorée dans l’eau limpide de l’Oued. Elle deviendra plus tard, sous les doigts magiques de l’authentique Bou-saadia, l’incomparable burnous blanc et le haïk éthéré dont la région tire une fierté bien méritée grâce à la finesse de leur tissage.

Comme par accord tacite, l’espace est réparti paisiblement entre les différents quartiers et on pouvait retrouver la configuration sociale de la ville dans la manière de fréquenter les mêmes endroits : Telle portion de l’Oued attire toujours les habitants de tel quartier. On pouvait ainsi s’orienter grâce aux repères naturels : Les Ben…campent traditionnellement derrière tel bosquet de roseaux, les Ouled……, par contre, affectionnent le voisinage du nid de palmiers surplombant le gué, etc.…

Même les fervents disciples de Bacchus n’osaient pas s’aventurer au-delà d’une zone que les us ont fini par délimiter. Aucune règle de conduite n’a été écrite ou débattue dans des forums mais tous respectaient un code d’honneur que personne ne pouvait transgresser.

Certains lieux ont acquis leur popularité grâce à la présence des sources d’eau fraîche, véritables garde-manger, dans lesquelles on plongeait les fruits, légumes et autres laitages. D’autres ont fini par se confondre avec des personnages et des événements célèbres de l’histoire de la région .Il y a même des endroits qu’on associe volontiers à certaines personnes émergeant du lot à la suite d’un évènement ou d’un simple comportement facétieux :On n’oublie pas facilement l’endroit où Kabkoub faisait le passeur lors des grandes crues au péril de sa vie ou la réplique des paysages du Far West où Naceri et sa bande mimaient les scènes de combat des westerns au grand émerveillement des bambins… !

Si pendant les grandes chaleurs les personnes à la force de l’âge migraient vers les lacs proches du moulin Ferrero et encore plus haut selon les rares moyens de transport de l’époque, le reste de la population trouvait son lot de fraîcheur, barbotait et taquinait le poisson à l’endroit même qu’enjambe actuellement le pont reliant Haret Echorfa à Dechra ElGueblia.considérés parmi les plus anciens quartiers de la ville.


Lors de ses grandes crues il lui arrivait de sortir de son lit et de déborder dans les jardins limitrophes occasionnant quelques dégâts vite réparés grâce à la solidarité des membres de la communauté.Et tout rentrait dans l’ordre.

Une assemblée de sages veillait à l’entretien des digues qui captaient l’eau en amont et des seguias qui assuraient la distribution de l’eau servant à l’irrigation de la palmeraie et à la consommation domestique à l’aide d’un réseau de rigoles judicieusement réparties depuis des siècles.

La plupart des ressources surtout agricoles de la région étaient assurées par les dons de cet Oued, véritable épine dorsale de toute l’activité de la ville.Sur ses deux rives s’alternaient les buissons inextricables de laurier rose et les branches des arbres courbant la tête sous le poids de leurs fruits. Isabelle EBERHARD avait été subjuguée par l’auréole qu’on devinait au dessus des amandiers en fleurs ou des milliers d’éclats des galets roses et blancs qui sertissaient le lit de l’oued. Nos bambins se désaltéraient et s’ébattaient en toute innocence dans cette eau, tant elle était saine.

Entre A’rraga et ce qui fut l’atelier du célèbre peintre Dinet, trônait au centre d’une constellation de nervures schisteuses tapissant le fond, un immense rocher de granit luisant presque cubique porté par trois autres rochers.Le tout constituait une caverne surplombant un lac que chaque groupe d’enfants tentait d’accaparer à lui seul, tant il était… poissonneux !.De mémorables bagarres pour sa conquête ont jalonné son histoire tumultueuse. Assez profond et large, il permettait d’acrobatiques plongeons aux plus audacieux mais aussi la pèche ou simplement lézarder à l’ombre de cette voûte naturelle.A certaines occasions, les vieilles femmes venaient brûler des bâtonnets d’encens auprès de ses bases.

On s’est toujours demandé d’où est tombé donc cet énorme caillou qu’on appelait pourtant « Elhajra Ettayha »(5) et qui est devenu le lieu de ralliement par excellence de plusieurs bandes de garnements pour décider, entre deux trempettes, de la razzia à effectuer sur les jardins avoisinants ou la transhumance vers d’autres contrées plus lointaines.

Petit à petit, le laxisme général a fini par tout corrompre. Rien n’a échappé à l’envahissement des eaux usées et des détritus.

La bêtise humaine l’a transformée en une fange nauséabonde dans laquelle surnagent des tonnes d’objets hétéroclites. Aujourd’hui, à cause de l’exode rural la ville a connu une extension anarchique de ses quartiers périphériques .Beaucoup d’espaces et même des jardins mitoyens aux berges de l’oued ont été livrés inconsciemment à la voracité du béton. Les conséquences de cet afflux incontrôlé ont été catastrophiques à cause des décharges sauvages et des eaux usées qu’on déversait directement sur les pentes.

L’oued qui faisait la renommée de la ville devenait ainsi un égout à ciel ouvert charriant les rejets de tous les quartiers du voisinage. Les hôtes naturels des eaux de l’oued tels les poissons et les grenouilles dont le croissement nocturne a émerveillé les écrivains en visite à Bou-Saada ont disparu à jamais avec le reste de la faune propre à cet endroit jadis paradisiaque.


Là où de nombreux touristes venaient s’émerveiller devant les dons de la nature, on a peur aujourd’hui de s’y aventurer tant la sensation de désolation est poignante. On se hâte de traverser cet endroit devenu maléfique pour abréger au maximum l’exposition aux mauvaises odeurs ou le hideux spectacle de ces eaux putréfiées. Il offre une image pitoyable enveloppée dans un silence réprobateur.


Le célèbre rocher, jadis toujours colonisé par une nuée de bambins, s’est retrouvé bien seul, les pieds dans la gadoue noirâtre. Dans la posture d’un vieil homme terrassé par le poids d’une déchéance arbitrairement prématurée, il semble condamné par l’ingratitude de ses sujets à une fin peu glorieuse.

Toujours est-il que la simple vue de ce rocher, quelque soit l’humiliation ressentie, permettait à une petite braise de maintenir le feu de l’espoir, en attendant des jours meilleurs. Les décideurs avaient promis de mettre fin à cette situation dramatiquement honteuse, qu’on peut imputer à tous les habitants de la ville ne serait-ce que pour leur coupable passivité. Il devenait alors des plus urgents de mettre en place des conduits bien dimensionnés adossés aux berges pour capter et drainer toutes les eaux usées vers une station d’épuration située en contrebas de la ville. On pensa que le calibrage des endroits jugés et reconnus comme goulot d’étranglement empêchant un transit normal des courants suffirait donc pour éloigner tous les désagréments ! La prochaine crue aurait fait le reste en matière de nettoyage et de restauration de la beauté du site.

Après plusieurs études, les travaux sont finalement lancés au grand bonheur de la ville !
C’était malheureusement oublier le déficit en communication entre les différentes parties intéressées par les retombées de cet ouvrage. Cette initiative, certainement louable à l’origine s’est vite transformée en une menaçante perspective pour la beauté du site. L’entreprise, a sans doute compris qu’il fallait éliminer tout ce qui peut s’apparenter à un obstacle potentiel.

Pour cela rien de tel que de transformer l’oued en un sinistre canal avec des bords lugubrement linéaires construits en béton et un fond tellement décapé qu’il ressemblerait à une autoroute où l’on pourrait circuler en limousines !

Du jour au lendemain le brise roches et autres monstres de terrassement ont fait leur oeuvre et des chapelets de rochers scintillants de milles feux sous les rayons du soleil il ne reste que des gravas baignant piteusement dans la boue.

Même « ElHajraa Ettayha »la millénaire, ne survivra pas au défit que lui a lancé le brave tankiste, mais surtout au manque de vigilance (comme toujours) des amoureux de la nature.

En voulant trop bien faire, les alternatives aux conséquences négatives de ce projet n’ont pas été suffisamment anticipées : Outre la défiguration préjudiciable à l’harmonie du paysage maintenant consommée à certains endroits, la consolidation des berges pourrait ouvrir la voie à d’autres fâcheuses déconvenues dans le futur.

Au cas où la résistance aux crues est avérée, même si on n’est jamais à l’abri d’une surprise, les résultats de cette opération ne deviendront-ils pas une incitation à la construction des inévitables résidences secondaires « pieds dans l’eau »avec vue imprenable sur la palmeraie.

Ce qui aura pour effets directs la disparition des derniers jardins et de toute trace de végétation sur les deux cotés de l’oued avec…multiplication des points de rejet des eaux usées et autres détritus.

Donc en peu de temps on reviendra à la case départ avec le massacre d’un paysage paradisiaque en prime ! On aura tout simplement ramené, après une débauche d’efforts et d’espoirs, le clone de Oued El-Harrach

Par : Amara KHALDI
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Notes :

1- had : jeu de société à l’aide d’osselets
2- Waâda : fête promise chaque année au même moment
3- Ghaita : instrument de musique (à vent)
4- Bendir : instrument de musique à percussion
5- Hadjra Ettayha : littéralement, pierre tombée

lundi 9 mars 2009


lundi 9 février 2009

Pleure Ô ville bienaimée


Regardez bien cette photo, vous qui aimez Bou Saada. Si vous ne l'avez pas dans votre album, copiez_collez celle-ci. La maison Chougui qui était une partie essentielle de l'identité et de l'histoire de la ville, face à l'hôtel Kerdada, est morte. Elle a cessé d'exister. Elle a été démolie après avoir été livrée à elle-même, aux aléas du temps et de l'indifférence. Quel est l'autre bijou architectural qui va être détruit, après? L'hôtel du Sahara, par exemple?

jeudi 5 février 2009

El Watan parle de Bou Saada la fauve




Bou Saâda n'est pas une simple carte postale du désert c'est aussi une médina anciennement appelée cité du bonheur
Dans son étude d’anthropologie sociale « Cultures oasiennes », Youssef Nacib fait remonter sa création aux Gétules, peuplades berbères de l’antique Numidie. Quand bien même, romaine ou hilalienne peu (...),






Illustration : Tableau de Dinet transmis par Kachina

jeudi 15 janvier 2009

Où il est question d'Elfaouara et d'Hollywood




EL FOUARA : IL SUFFISAIT DE L’EVOQUER !


L’article précédent (voir article du 25/10/08 intitulé fawara de notre enfance) ne précisait pas assez qu’El Fouara était un ouvrage qui ne suggérait aucune connotation politique ou religieuse, mais une simple fontaine publique conçue sous la forme d’un obélisque s’intégrant dans des proportions harmonieuses avec la configuration du site d’antan. Sa forme architecturale n’inspirait aucune idée iconoclaste. Au lendemain de la guerre, on avait peut être envisagé de la remplacer par quelque chose de plus glorifiant pour la révolution et les sacrifices consentis par le pays.Au lieu de la conserver telle quelle, sinon la considérer comme un butin de guerre qu’il fallait préserver en attendant de disposer d’une alternative plus adaptée à l’avènement de l’indépendance fraîchement acquise on avait confié le projet à une équipe qui n’a pas eu la main heureuse. Elle avait malencontreusement précipité la démolition. Depuis plusieurs agencements du site ont été proposés mais aucun d’eux n’a réussi à combler le vide laissé par la disparition de ce monument.
En abordant ce sujet certains ont vite prétendu que cette fontaine, dont l’image est demeurée indélébile dans le cœur des anciens de Bou-Saâda, signifiait peu de chose aux yeux des nouvelles générations. Les plus âgés s’imaginaient en secret être les derniers nostalgiques à ressentir encore son aura et à se représenter son image qui n’a jamais quitté les lieux malgré un demi-siècle depuis sa destruction. La réalité a démontré que si ses contemporains ne pouvaient rester indifférents à sa souvenance, ceux qui ne l’ont jamais connue manifestent un vif intérêt, voire de l’impatience pour son retour. Il a suffit d’une simple évocation parue simultanément dans deux quotidiens nationaux pour que sa magie opère et des personnes de toutes conditions viennent s’informer de quelle manière elles pourraient être utiles et s’il y avait une souscription pour une contribution financière et technique.
Un heureux concours de circonstances a donné une portée et un écho inespérés à un article de presse des plus anodins auprès des lecteurs et surtout des Autorités locales qui ont ainsi démontré combien elles peuvent être sensibles à tout ce qui concoure à améliorer l’environnement de leurs administrés.
Avec une rapidité franchement insoupçonnée ces dernières ont saisi au vol l’occasion de formaliser une idée et l’ont intégrée judicieusement à un plan de travail déjà entrepris dans le cadre de l’embellissement du cadre de vie.
Alors que les anciens discutaient avec âpreté de l’emplacement exact où se trouvait l’ouvrage en pariant sur la fidélité de la mémoire, les jeunes essayaient de suggérer d’autres modèles ou d’introduire quelques variantes sur l’original tout en supputant sur la forme achevée.
L’honneur de servir la grande dame est cependant revenu…..aux représentants de l’Empire du milieu que le hasard a fait traverser des milliers de kilomètres pour immortaliser leur passage dans la région par la reconstruction bénévole de cet ouvrage. Titulaires de plusieurs projets dans la région, ils nous offrent gracieusement la réalisation de cette fontaine. La ville ne peut rester insensible à la beauté de ce geste et les en remercie
Les jeunes loups des services hydrauliques auxquels a été confié le suivi du projet ont, en un tour de main, ficelé l’aspect ingénierie. Pour marquer leur contribution d’une touche personnelle ils ont inclus des « options » très utiles, entre autre l’installation d’un réservoir d’eau au milieu de l’ouvrage et son adduction à la conduite d’eau potable, alors que le cœur de l’original ne remplissait aucune fonction. L’installation d’un système de jets d’eau avec son jeu de lumière nocturne est prévue. Leur équipe, dans un souci d’utiliser le matériau originel, est allée jusqu’à prospecter dans la région pour retrouver la carrière d’où étaient extraits les premiers blocs qui avaient servi à la construction de jadis. La pierre qui va habiller l’ouvrage sera donc de la même veine. La taille et le calibrage sont assurés par les artisans chinois.
A mesure que l’ouvrage prend forme, l’engouement de la population augmente. Le nombre de curieux s’accroît avec l’évolution des travaux lancés le 12 Décembre 2008 par une équipe de l’entreprise Chinoise « SINOHYDRO »
Outre son aspect ornemental cet édifice, qui va se réapproprier son rôle de pivot d’une ville actuellement désaxée par des démembrements fuyant dans tous les sens, va meubler et agrémenter la monotonie d’un espace tristement sans âme. La valeur affective de la réalisation et surtout son incidence sociologique viendrait opportunément stimuler la dynamique naissante de faire recouvrer à la ville son cachet convivial d’autrefois.
Oui BOU-SAADA est sur la bonne voie pour récupérer et restaurer les joyaux de son patrimoine longtemps délaissés et livrés au vandalisme ajouté à l’usure du temps et au manque d’entretien encouragés par l’incurie. Plusieurs associations œuvrant pour la promotion des activités culturelles se sont attelées à la réhabilitation de tous les sites qui constituaient des référents culturels de la région. Le meilleur des présages s’est concrétisé par le lancement de la reconstruction effective d’El Fouara grâce à la remarquable disponibilité rencontrée chez les responsables locaux .On aimerait tant rencontrer plus souvent ce genre d’écho auprès de nos dirigeants même si eux aussi peuvent se retrouver des fois englués dans la gangue bureaucratique. Quant aux habitants de Bou-Saâda, leur satisfaction est telle que personne ne peut honnêtement ne pas reconnaître et estimer à juste titre le geste élégant des dirigeants de la Wilaya et surtout la célérité avec laquelle la décision de reconstruire ce monument a été prise. La meilleure manière de confirmer ce que veut dire l’écoute attentive des préoccupations des citoyens vient ainsi d’être magistralement administrée.
Beaucoup de projets d’utilité publique sont en cours de réalisation alors que d’autres encore plus passionnants sont en voie d’être lancés. Avec une disposition et une volonté comme celles que nous venons de découvrir et d’apprécier chez des responsables de cette trempe, nous pouvons parier que le train des réaménagements est déjà sur rails. Bordj Essâa, Moulin Ferrero, les berges de l’Oued, la réfection des vieux quartiers, le plan de circulation et les autres sites touristiques ont toutes les chances de quitter le gouffre abyssal des promesses habituellement sans lendemain.
D’ailleurs, l’engagement spontané du Wali qui fait assurer le suivi de l’évolution des travaux par son Secrétaire général, le Chef de Daïra et le P/APC est très apprécié par la population de la ville agréablement surprise. Tant de quêtes infructueuses et de déceptions l’ont habituée à une administration autiste et frileuse à toute velléité d’amélioration sollicitée par tout citoyen étouffé par l’absence de perspectives. Le laxisme et l’absence de goût ont favorisé l’anarchie urbanistique dont les préjudices sur les repères distinctifs, voire l’identité de la ville sont incommensurables. Le cachet particulier qui faisait la fierté des autochtones et surtout l’émerveillement sincère de leurs hôtes a été galvaudé dans la médiocrité entraînant avec lui toutes les spécificités culturelles de la région.
Connue pour sa douceur de vivre et ses trésors naturels que beaucoup d’artistes ont immortalisés dans leurs œuvres, à commencer par le fameux Dinet, Bou-Saâda s’est laissée glisser graduellement vers l’image peu amène d’une ville sans âme et sans aucun attrait avec son magma de béton informe.
Les gens de cette ville n’ont jamais été des Crésus, ils savaient se satisfaire de peu. Leur fortune était impérissable parce qu’elle se confondait avec leur joie de vivre. Apprécier chaque instant de l’existence comme un don de Dieu constituait un trait spécifique de la plupart d’entre eux quelques soient les soucis du quotidien. Leur optimisme est tellement communicatif qu’aucun des membres de cette communauté ne pouvait ressentir la solitude en face de l’adversité. Aussi loin que l’on se souvienne personne ne s’est jamais plaint des affres de l’indifférence ou de l’absence de solidarité au pays de Sidi Thameur. Cette nature si simple et hospitalière a fini par séduire de nombreux voyageurs qui s’y sont installés définitivement après leurs nombreuses pérégrinations.
Parmi les artistes qui ont été subjugués par le charme de la région, des cinéastes de renom tels Cécile B.de MILLE, M.L HAMINA et d’autres non moins célèbres, fascinés par les différents panoramas qu’offre la région y ont tourné plus d’une cinquantaine de films. La nature n’a pas été avare au point d’offrir sur le même lieu tous les sites naturels qu’on peut imaginer. Du paysage lunaire et l’erg saharien écrasé par un soleil de plomb aux étendues sablonneuses .Des mirages de la sebkha aux cèdres enneigés en hiver en passant par des îlots de végétation luxuriante .La couleur irisée de ses montagnes au coucher du soleil a quelque chose de féerique qu’aucune palette d’artiste n’a pu saisir. Plusieurs extérieurs de films y ont été tournés et tout la prédestinait à devenir le petit Hollywood algérien. On avait même ébauché la construction d’un village mexicain pour les besoins des films western. Un projet ambitieux avait germé à l’époque dans l’esprit de quelques amoureux du grand écran pour l’aménagement des sites de tournage et l’installation de studios. La résistance au changement confortée par les préjugés et l’intolérance véhiculés par les nouveaux puritains contre l’art cinématographique a trouvé un soutien dans l’absence d’une législation attractive et le manque d’audace pour développer ce secteur en encourageant la coopération internationale. On laisse même croire à l’existence d’une contre publicité pour dépouiller la région de cette perspective. Malgré tous ses atouts naturels Bou-Saâda avait ainsi raté l’occasion de devenir un des principaux sites de production cinématographique.
Avec le potentiel d’intellectuels qui ferait l’orgueil de n’importe quelle autre ville, ce que nous constatons aujourd’hui a de quoi insuffler le plus prometteur des optimismes quant à la mobilisation des efforts nécessaires pour remporter la bataille contre la médiocrité . L’exaltante expérience que nous vivons nous enseigne qu’il suffit de s’accrocher à des objectifs rationnels et d’y croire. Pour cela il faut peut être fédérer toutes les bonnes volontés à commencer par celles des autorités locales qui viennent de nous démontrer qu’elles peuvent être très attentives et que la balle n’est pas toujours là où on a l’habitude de la situer pour se dérober à ses obligations mais bel et bien à la portée du plus déterminé.
En conclusion nous tenons à manifester notre gratitude pour leur magnifique contribution à Mr le Wali de la Wilaya de M’sila, Mr le Secrétaire Général de la Wilaya, Mr le Chef de la Daïra et l’APC de Bou-Saâda, l’Entreprise Chinoise SINOHYDRO, l’Equipe de l’Hydraulique sans oublier les journaux ElWatan et le Quotidien d’Oran pour la publication simultanée de l’article qui a permis la réalisation de cet objectif
Amara KHALDI

mardi 13 janvier 2009

Etterfès , une source de création de micro entreprises par l'ANSEJ?



Le terfès ou truffe du désert algérien: Une autre source de protéines


Le terfès ou truffe du désert est un genre de champignon comestible qui pousse et grandit à demi-enfoui dans les sols et terrains sablonneux légèrement humidifiés par les rares pluies ou les rosées nocturnes de certaines régions désertiques ou semi-désertiques, notamment le Sud algérien très propice à sa poussée.
Ces truffes du désert de couleur parfois presque blanche ou rose, parfois beige tirant vers le mauve ou couleur argile sont de taille et de grosseur volumiques diverses, de forme arrondie presque sphérique pouvant atteindre parfois la taille d’un ballon de handball et ressemblant un peu à de grosses pommes de terre de différents calibres. Il pousse et se développe surtout après les premières et rares pluies d’automne et d’hiver, grâce aux températures souvent douces dues aux longues périodes d’ensoleillement qui réchauffent les sols sablonneux qui favorisent sa poussée rapide. Il est cueilli par des paysans connaisseurs ou des chômeurs qui le ramassent pour le vendre dans les marchés ou pour la consommation locale, notamment par les bergers des cheptels camelin, ovin et caprin.
Les restes de ces derniers constituent une bonne biomasse-engrais et énergie pour la poussée de ces truffes en plus des feuilles mortes des rares herbes, arbres ou arbrisseaux et autres plantes du désert qui constituent aussi un loess ou limon fertile suffisant et favorable à la reproduction et multiplication de ce genre de champignon. Très connu et recherché des populations du Sud algérien, qui l’apprécient énormément pour son goût délicieux et aussi sa valeur nutritive et culinaire, le terfès entre dans la préparation de plusieurs mets et plats spécifiques de ces populations locales, et certains le considèrent aussi comme un « aliment thérapeutique ». Dans certaines régions d’Algérie où il prolifère, comme les wilayas de Béchar et Tindouf, il est prisé comme un aliment et un plat culinaire de luxe nutritif assez rare.
La période de cueillette et de vente est courte, car c’est une denrée assez fragile et périssable. Pour certains, il est même considéré comme un médicament traditionnel naturel aux nombreuses vertus à la fois appétissantes, tonifiantes ou laxatives, entrant, par exemple, dans la croissance des os des enfants, dit-on, car il est riche en protéines, en divers sels minéraux et en oligoéléments. Sa rareté annuelle — il prolifère surtout en hiver saharien — et son éparpillement ou difficulté de localisation dans certains terrains spécifiques biens connus des ramasseurs et connaisseurs des périodes de sa poussée et cueillette font du terfès un produit à haute valeur commerciale, d’où son prix relativement élevé.
Il peut facilement dépasser celui de la viande ovine ou bovine, puisqu’il se vend souvent d’avance « sur commande » et les quantités arrivant sur les marchés du nord restent très faibles ou très rares. Si certains types de champignons communs sont cultivés à une échelle agrocommerciale rentable dans des abris, caves ou tunnels humides appelés « champignonnières », le terfès, quant à lui, ne semble pas à notre connaissance avoir fait l’objet d’une recherche scientifique spécifique ou d’essais de culture expérimentale permettant des conclusions pour sa culture apprivoisée et sa production à échelle agro-industrielle ou commerciale pouvant être, elle aussi, très rentable.
Des investissements pourraient permettre d’aboutir à de petits projets créateurs d’emplois et générateurs de devises, puisque le terfès ou truffe du désert, très demandé sur les marchés locaux, régionaux ou nationaux, pourrait très bien être vendu, aussi bien en Europe qu’en Amérique. La truffe noire française du Périgord de taille pourtant bien moindre est très demandée ; mais celle des marchés arabes est, elle aussi, bien connue et très prisée.
Par Z. L. elwatan.com du 13/01.09
Ajout le 18/03/09 : le terfes ça marche! voir l'article du journal liberte-algerie.com

samedi 10 janvier 2009

Encore une autre initiative citoyenne pour protéger l'environnement


Le cadre de vie menacé à M’Sila : Des arbres centenaires tronçonnés


Dans l’après-midi de mardi dernier, les citoyens du quartier Largoub, dans l’ex-rue de France, surpris par une vaste opération d’arrachage d’arbres centenaires de l’espèce eucalyptus qui entourent les terrains de football, ont failli lyncher les auteurs de cet acte abominable, que d’aucuns ont qualifié de destructeurs du cadre de vie de la ville portant atteinte à l’environnement.

Ces citoyens se sont regroupés devant le terrain de football que jonchaient des arbres centenaires découpés en morceaux, broyant du noir devant tant d’irresponsabilité et résolument déterminés à interdire à ces gens de continuer l’arrachage de la cinquantaine d’eucalyptus centenaires qui jalonnent la clôture de l’ex-collège d’enseignement agricole. « Ils étaient décidés à tout arracher, si nous n’étions pas intervenus à temps et n’avions pas déposé plainte auprès de la police contre les auteurs de ce massacre », nous dira El Houari un citoyen du quartier Largoub, en remettant à la presse un paquet de photos sur « la boucherie ». Les services de sécurité aussitôt alertés se sont interposés, ont stoppé ce massacre, saisi l’outil de coupe et interpellé les auteurs de l’abattage qui ont été reconnus par les citoyens grâce à leur camion immatriculé dans la wilaya de Béjaïa.
Il s’est avéré après coup que ces personnes étaient en possession d’une autorisation en bonne et due forme délivrée par la Conservation des forêts de la wilaya, qui n’a pas appréhendé les conséquences de cet acte qui a failli mettre le feu aux poudres, et ce, à travers la violente réaction des citoyens. Le Conservateur des forêts nous a avoué avoir autorisé l’APC à procéder au couronnement des arbres de l’espèce eucalyptus qui ponctuent plusieurs quartiers de la ville de Msila. L’opération, a-t-il expliqué, consiste à faire la coupe des arbres en laissant des troncs de 2 à 3 m, de sorte qu’après la pousse, il y aura des arbres avec un branchage nouveau ayant la forme d’une couronne. Seulement sur le terrain, ce n’est pas l’APC qui a procédé à l’élagage des eucalyptus, mais une équipe venue de Béjaïa, ce que le Conservateur n’a pas révélé.
On ne sait rien de cette équipe qui est intervenue dans une affaire entre la commune de Msila et la Conservation des forêts. En tout état de cause,ce n’est pas un couronnement qui a été opéré, mais un arrachage systématique de ces mastodontes, coupés à ras du sol, de façon à faire disparaître toute trace de végétation. Le Conservateur, tout en nous refusant de remettre un rapport à la presse alors qu’il était d’accord la veille, nous dira, que « le nombre d’arbres abattus ne dépasse pas 6 eucalyptus et que l’opération a été arrêtée après la violente réaction des citoyens ».
Le nombre d’arbres de cette espèce au niveau de la commune, nous dit-on, dépasse les 150, tous centenaires. Associations de l’environnement et citoyens, interpellent le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, pour mettre la lumière sur cette affaire d’autorisation ayant permis l’arrachage d’arbres centenaires, opération qui, diront certains, aurait une odeur mercantiliste.

Par S. Ghellab
Elwatan.com du 10/01/09
Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement vous vous apercevrez que l'argent ne se mange pas.
Prophétie d'un Amérindien Cree: http://mes-romans.wifeo.com/proverbes-et-citations-du-monde.php#Proverbes_Arabe
Pour connaitre la règlementation en la matière vous pouvez consulter les 2 sites suivants:
http://www.dgf.org.dz/index.php?rubrique=legislation&section=lois&page=07-06 ministère de l'agriculture (la règlementation concerne aussi l'arrachage non autorisé de palmiers )

jeudi 8 janvier 2009

Les artistes du Hodna créent leur club

Création d’un club des artistes dans la wilaya de M’Sila

Selon l’initiateur du projet qui est également le directeur de la Maison de la culture, ce club constitue, à la fois une tribune et un espace de rencontre des intellectuels et artistes de la wilaya en vue de promouvoir l’interaction culturelle.Regroupant des poètes du malhoun et des chanteurs spécialisés, notamment dans le style bédouin, il se réunira hebdomadairement pour offrir, selon la même source, aux associations, un espace pour initier des petites manifestations mettant en valeur les traditions et us de la wilaya.Le responsable de la Maison de la culture a souligné la disponibilité de son établissement à soutenir le club, notamment pour la mise en œuvre de son programme pédagogique prévoyant un séminaire sur l’histoire de M’sila et ses savants, un Salon national des arts plastiques, un séminaire sur Nasreddine Dinet, des journées nationales sur la poésie populaire et un colloque maghrébin sur Ibn Rachik Lemsili. Les membres du club œuvrent également à réhabiliter le théâtre de la Kalaâ et le relier à l’histoire de la kalaâ des Béni Hammad bâtie en 1007, et qui connut, durant des années, un épanouissement des arts. Selon des fondateurs du club, découvrir les savants du Hodna se fait par la recherche et la rencontre des savants, écrivains et historiens qui ont marqué les différentes étapes de l’histoire de la région, mais qui demeurent peu connus des générations actuelles. L’organisation d’un Salon national des arts plastiques vise, ont-ils noté, à offrir aux artistes de la wilaya l’occasion de rencontrer des artistes d’autres régions du pays pour développer leurs connaissances et montrer leurs talents exprimés dans les différentes écoles d’arts plastiques. Evoquer la peinture à M’sila conduit à parler de l’artiste français Etienne Dinet qui mourut à Boussaâda en 1929, laissant une multitude de toiles disséminées à travers les musées du monde. Le séminaire qui lui sera consacré, aura pour objectif d’éclairer certaines facettes peu connues de la vie de cet artiste qui voua un amour particulier pour la région de Boussaâda où il choisit de vivre et d’être enterré. Pour promouvoir la poésie populaire, les fondateurs du club envisagent d’organiser en 2009 des journées nationales sur la poésie populaire qui permettront de découvrir les artistes de la région dont Ben Zawali, Ben Aïssa et Ibn Oum Hani. Les membres du club entendent également élever le colloque sur Ibn Rachik Lemsili d’une rencontre nationale en un colloque maghrébin, de sorte à conforter le succès rencontré par ces précédentes éditions auprès des universitaires et critiques nationaux, conformément à une des recommandations de l’édition 2008 de ce rendez-vous.
R.C
lexpressiondz.com du 08/01/09

lundi 29 décembre 2008



Bonne et heureuse année 2009 à toutes les Bou Saadiennes et à tous les Bou Saadiens ainsi qu'à tous les lecteurs de la gazette de la Cité du bonheur, cité anciennement nommée "tarf Allah" , en raison de sa grande beauté. "Sidi Thameur, homme pieux, rejetant l'idée que Dieu ait sa part sur terre préféra réadapter le sens de l'appellation en nommant la ville: Bou Saada.
Formation de techniciens du 4e art

Un stage de formation aux techniques de la mise en scène théâtrale et de la scénographie réunit depuis samedi à la Maison de la culture Guenfoud-Hamlawi de M’sila, 18 artistes. L’encadrement du stage de cinq jours est assuré par le commissariat du Festival national du théâtre amateur de Mostaganem, l’association El Kalima et la direction de la culture. Selon le président de l’association El Kalima, cette initiative dont le financement est assuré par la direction de la culture pour les volets hébergement et restauration entre dans le cadre de la relance du mouvement théâtral. On croyait que les régions lointaines et enclavées n’avaient pas droit de cité, encore moins à la formation. On s’est trompé. Bonne nouvelle donc pour ces amateurs du 4e art, qui doivent exister partout, pas seulement au centre du pays. Une initiative à encourager et à saluer. Pourvu qu’elle porte ses fruits.
O. HIND
lexpressiondz.com du 29/12/08

SOS vieux bâti en détresse


L’intérêt du patrimoine architectural
72 étudiants et étudiantes de l’Institut d’architecture de l’université « Ferhat-Abbes » de Sétif se trouvent actuellement dans la wilaya d’Adrar, après avoir traversé la vallée de la Saoura, notamment Taghit et Béni Abbes.

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la phase pratique de la formation et concerne particulièrement les étudiants des 3ème, 4ème et 5ème années d’architecture selon un organisateur. Le thème se rapporte à « l’architecture traditionnelle dans le Sud ». Ces futurs concepteurs de l’urbanisme doivent s’imprégner, lors de leurs visites sur le terrain, notamment dans les ksour et les oasis, de la conception technique et des matériaux utilisés à l’époque par ces populations anciennes dans la réalisation de ces merveilleux ouvrages dont leur existence à l’heure actuelle ne doit qu’à leur ingéniosité et leur talent de constructeurs.
En effet, ces architectes de demain se penchent sérieusement sur la préservation du patrimoine traditionnel qu’est la construction ancienne. M. Islam, étudiant, « Option patrimoine », a déclaré : « Mes encadreurs et moi sommes sur le point de créer une Union des Architectes Traditionnels dans le but de définir une architecture propre à l’Algérie. »
A.A ; elwatan.com du 29/12/08

Constantine. Séminaire sur la médina
SOS cité en détresse

Durant trois jours, à Constantine ses spécialistes se sont penchés sur les souffrances de la médina. Objectif : amorcer un projet de sauvegarde par la mise en branle d’un plan d’action inspiré des leçons d’urbanisme de nos voisins.

C’est que la vieille ville se dégrade de plus en plus sous les effets du temps et des hommes. Initié par l’association de défense du Vieux Rocher, ce séminaire a eu quatre thèmes principaux : la manière la plus appropriée pour l’élaboration d’une approche en termes d’objectifs de requalification de l’habitat dans la médina, les activités et les fonctions dans la médina, telles que les déplacements et les effets des transports sur la vieille ville, la notion du patrimoine et de restauration, en tenant compte de la problématique de son intégration dans une médina moderne, ainsi que les stratégies et les démarches de sauvegarde et de projet urbain. En plus d’une exposition, cette manifestation a compté quatre ateliers de travail dans les locaux de l’ancienne Medersa de la ville. En matière de modèles culturels et approches du patrimoine, l’expérience marocaine a été évoquée par l’architecte Khalid Mikou (Casablanca), qui a présenté une projection sur le projet urbain encore en cours de concrétisation de la médina de Fez, baptisé Ader Fez. L’expérience tunisienne a concerné les projets urbains liés au patrimoine architectural de la vieille ville de Tunis, présentés par Faïka Bejaoui, architecte responsable du programme Oukalas à l’association de sauvegarde de la médina de Tunis (ASM) et Djamila Binous, historienne et membre fondateur de l’ASM. (…)

Par Z. M.
Elwatan.com du 26/05/08


11 projets identifiés pour la réhabilitation de Sidi El Houari
L’opération de réhabilitation du vieux bâti du centre historique de Sidi El-Houari, pilotée par l’APC d’Oran avec le concours de l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID) se poursuit activement par l’identification de onze projets clés appelés à être revalorisés.

Après deux sur les neuf mois d’assistance technique et d’expertise sur le site, M. Javier Galvan, docteur en architecture et représentant de l’association espagnole « Restauration sans frontière », partenaire de l’AECID, a signalé auparavant qu’un cycle de formation dans la restauration des tableaux de peinture et des sculptures est actuellement dispensé aux élèves de l’école des beaux arts, comme il a été programmé des stages au profit des étudiants de l’institut d’architecture de l’USTO, dans le cadre du projet « ArchiMed ». Le programme de réhabilitation du vieux bâti, qui a été initié en 1992 en Amérique latine, se poursuit pour les villes du Maghreb, du 15 février au 15 novembre 2008 à Oran, retenu dans le programme de coopération algéro-espagnole. « Après le recensement, nous allons travailler dans la gestion du patrimoine de Sidi El-Houari et la planification urbanistique qui va garantir la conservation du vieux bâti, du moins ce qu’il en reste », a expliqué cet expert qui relève que les recommandations attendues vont compléter le diagnostic du POS en voie d’élaboration. Pour M. Galvan, « l’identification des 11 projets clés peut dynamiser l’opération de réhabilitation et inverser le processus de dégradation des immeubles du Vieil Oran ».
Plan de sauvegarde
Avec la participation des étudiants de l’institut d’architecture, des fiches de travail permettront de faire l’inventaire de tous les bâtiments et espaces publics en faisant participer la société civile. « Nous devons aboutir à un plan de sauvegarde et de mise en valeur doté d’un outil de planification pour la défense et la protection du patrimoine urbain de Sidi El-Houari, à l’instar de la Casbah d’Alger, de la vieille ville de Constantine et de la cité antique de Ghardaïa. En somme, c’est à la rédaction et à la mise en application d’un cahier des charges que nous devons conclure la fin de cette opération », a noté l’architecte espagnol. Il est vrai que ce travail est appelé à durer dans le temps, avec une prise en charge par le secteur urbain qui doit se prononcer sur le site à sauvegarder. La création d’une unité technique chargée du suivi et du contrôle du permis de construire, par exemple, est indispensable pour assurer le succès d’une telle démarche. « Il n’y a pas de projet fini en Algérie pour la conservation des centres urbains », a déploré M. Galvan qui a préconisé que les institutions comme l’APC ainsi que les directions de la Culture et de l’Urbanisme peuvent agréer des dossiers et en faire la proposition au ministère de la Culture. Revenant sur l’identification des 11 projets clés pour la dynamisation du centre historique, l’expert insiste beaucoup sur la nécessité de recourir aux passages souterrains qui reliaient les forts militaires durant la période d’occupation espagnole (1505-1792) et de prévoir d’éventuelles possibilités à même de les aménager en voies de circulation automobile. S’agissant du quartier de La Calère (Scaléra), entièrement rasé, alors qu’il constituait avant l’indépendance le quartier résidentiel marin, il a été préconisé de rétablir la continuité et la cohésion dans le tissu urbain de Sidi El-Houari. Pour La Casbah, il s’agit d’engager de grands travaux d’hygiène et d’assainissement et de consolidation du vieux bâti, tout en protégeant les monuments archéologiques, à court terme. Remplacer, par exemple, les bâtiments à usage industriel par des bureaux administratifs liés à l’activité portuaire, tel est le projet envisagé pour l’unité de la SNTA (ex-Maison Bastos), dans le cadre de la mission « Restauration sans frontière » qui suggère l’installation d’une passerelle piétonne entre la Place de la République et le promenade de Létang. La recherche archéologique concernant notamment le plan du réseau de tunnels de la période espagnole et l’examen de l’état des rues, des escaliers et du mobilier urbain, comme autres points inscrits dans le plan d’assistance technique pour la gestion du patrimoine urbain de Sidi El-Houari, figurent également dans cet ambitieux programme.

Par Abdallah Bendenia
Elwatan.com du 09/05/08


Mois du Patrimoine-Rencontres et expositions : Le futur du passé

Nombreuses manifestations durant la semaine écoulée, à travers l’ensemble du pays. A l’occasion du mois du patrimoine qui se tient depuis le 18 avril dernier, plusieurs rencontres sont organisées dans les quatre coins du pays, autour de différents thèmes.

A Aïn Témouchent, une journée d’étude a réunie historiens et archéologues pour débattre du passé de la ville. De la période ottomane, en remontant jusqu’à 150 000 ans avant notre ère, les conférenciers se pencheront entre autres sur les ruines de Siga et l’homme de Rio Salado. A El Oued, un séminaire national de trois jours a été consacré au patrimoine culturel « Préservation des sites et secteurs protégés ». Des communications portaient sur le plan de protection et réhabilitation de différents sites archéologiques de Tipaza. Parmi les recommandations finales, les conférenciers ont retenu la création d’antennes de l’Office national de gestion des biens culturels protégés, la réhabilitation des instituts d’archéologie et la mise à la disposition des organismes concernés des moyens réglementaires nécessaires à la préservation des biens. A Tlemcen, une rencontre internationale a été consacrée à « La Médina : tissu urbain à sauvegarder ». Des universitaires algériens et français ainsi que des représentants d’associations du secteur se sont penchés sur le patrimoine historique et la création architecturale. L’occasion d’attirer l’attention et de susciter le débat au sein des acteurs du patrimoine : élus, urbanistes, architectes… L’occasion aussi pour les étudiants du secteur de mieux percevoir l’espace à travers l’homme, son histoire et son milieu urbain. Du côté de Béchar, le patrimoine avait pour « centre de gravité » la femme, avec une manifestation sous le thème de « Les femmes, le patrimoine et les arts ». Organisé à la maison de la culture de la wilaya, cette manifestation compte entre autres une exposition d’artisanat, des métiers et des arts, avec en vedette, les œuvres de l’artiste Chahinez Salhi. Toujours dans l’optique de mettre en relief l’apport de la femme dans la protection et la préservation du patrimoine matériel et immatériel, l’art culinaire traditionnel occupe une large partie de cette manifestation. A Alger, une exposition est consacrée à l’architecture algérienne, au niveau du palais des Raïs. Quatre périodes principales y sont représentées : l’époque ottomane, la période 1830-1930, celle de 1930-1962 et enfin celle de l’indépendance. Planches et photographies donnent à voir les lieux les plus importants de notre histoire architecturale, dont la Citadelle d’Alger, le palais du Dey Hadj Ahmed de Constantine, Dar El Hamra, Dar Hassan Pacha, Dar Khedaoudj El ’Amia, le musée du Bardo, Djamaâ El Djedid et Djamaâ Ketchaoua.

Par Z. M.
Elwatan.com du 14/05/08

jeudi 25 décembre 2008

Une louable et admirable initiative citoyenne



Des notables et des associations de Bou-Saâda viennent de saisir le ministre de la Justice afin de déplacer le projet du nouveau pénitencier de cette ville vers un autre endroit. En fait, les auteurs de la lettre estiment que le choix de la principale entrée de la ville de Bou-Saâda pour l’implantation de la nouvelle prison risque de dénaturer définitivement l’image de la région, réputée pour ses paysages d’une très rare beauté.

lesoirdalgerie.com

lundi 22 décembre 2008

Et les artisans de Bou Saada?


SOUTIEN AUX ARTISANS ET ENTREPRENEURS: Le réseau Nucleus se réunit à Alger

Après une série de rencontres régionales, le réseau Nucleus a tenu sa première rencontre nationale des leaders de ce programme à Riadh-El-Feth ( Alger).Nabil M. - (Alger) Le Soir) - Il a été expliqué, à l’occasion, que depuis sa création il y a de cela une année, le plan Nucleus a réussi à organiser 306 000 artisans et entrepreneurs dans un cadre structuré. Au cours de leurs allocutions, les responsables de ce projet nous diront que l’objectif de ce réseau est d’accompagner les artisans et les entrepreneurs de divers horizons en les exhortant à s’organiser en association. La stratégie Nucleus s’articule autour du principe d’organisation des mécanismes de travail et l’échange bénéfique de données entre les adhérents à ce réseau. Les orateurs ont expliqué que le regroupement des artisans et des entrepreneurs dans un cadre structuré permet à ces derniers de constituer une force qui interviendra auprès des autorités avec lesquelles il est question de nouer des relations de travail. C’est ainsi que la corporation des artisans plombiers a pu bénéficier de formations au sein de Sonelgaz. Des formations sanctionnées par des diplômes qui apportent un plus aux petites entreprises, lors de la participation aux avis appels d’offres et l’octroi de marchés. Actuellement, il a été possible de créer 148 Nucleus à l’échelle nationale. Le premier plan de création de Nucleus s’étendra jusqu’à 2010. Un deuxième sera aussitôt entamé et s’étalera à 2017. Ce projet a été notamment conforté par les bons résultats enregistrés dans les PME qui se sont inscrites dans la dynamique Nucleus. Il est à noter que ce réseau est coordonné par des animateurs formés par GTZ, qui sont par la suite détachés aux Maisons de l’artisanat du pays, afin de soutenir l’action des artisans et des entrepreneurs.

N. M.
Lesoirdalgerie.com du 22/12/08

http://www.algerie-artisanat.com/default.asp?page=sites

La protection de la steppe , un sujet d'actualité

Un projet de recherche sur le changement climatique et la steppe
par E. H. D.

Une collaboration autour d'un projet de recherche a été signée, la semaine dernière, entre l'Agence internationale de recherche scientifique espagnole et l'université «Ibn Khaldoun» de Tiaret, a-t-on appris auprès du rectorat. En effet et selon la même source, le projet de recherche doit porter sur l'impact du changement climatique sur l'écosystème steppique à Faïdja, une commune steppique au sud de la wilaya de Tiaret. Le financement du projet de recherche, qui doit débuter au début de l'année prochaine, sera financé à cent pour cent par l'Agence internationale de recherche scientifique espagnole, a-t-on indiqué auprès du rectorat de l'université «Ibn Khaldoun» de Tiaret.
D'autres projets communs en matière de recherche scientifique sont également prévus entre les deux parties, sur des sujets aussi divers que la protection de l'environnement, la défense des écosystèmes et des faunes et flores vivant dans le pourtour méditerranéen, a conclu la même source.
lequotiden-oran.com

mardi 16 décembre 2008

Etienne Dinet, tête de file des peintres orientalistes


La star de l'Orient

Etienne Dinet (1861-1929) serait resté un peintre sans notoriété s'il ne s'était pas aventuré un jour de 1884 en Algérie. Le Parisien tombe amoureux de cette terre encore française et éprouve une telle empathie pour ses habitants qu'il se convertit même à l'islam en 1913, à une époque où la chose était rare. Il peint dans un style réaliste moderne des situations observées au quotidien dans le village saharien où il va s'installer, Bou Saada. Aujourd'hui, l'artiste est la gloire absolue du marché de l'art orientaliste, des pays du Golfe au Maghreb. L'an dernier, une vue romantique de la Palmeraie a été adjugée 1,5 million d'euros. Un record. En 2001, la même toile avait été cédée aux enchères pour un prix cinq fois inférieur. C'est dire si la demande est forte pour le peintre. Reste à savoir si la faiblesse récente du pétrodollar ne va pas affecter sa cote. L'expert de la vente, optimiste, ne le pense pas. Cette scène de dispute entre jeunes garçons est estimée 600 000 euros.

Publié le 11/12/2008 N°1891 Le Point par Judith Benhamou-Huet

Le 15, Hôtel Drouot, Gros & Delettrez, 01.47.70.83.04, http://www.gros-delettrez.com/.

Cet article a été transmis par Mohamed Bisker qui l'a accompagné du commentaire suivant:

Ce que peu de gens savent, c'est que les tableaux de Dinet représentant BS ont été peints à partir de la terrasse d'une maison appartenant à la famille Bisker, située sur les hauteurs des Mouamines, dans le quartier des Bisker (Harrat El Bissakra) qui lui servait aussi d'atelier parce qu'elle avait une vue splendide sur l'oasis et sa palmeraie. Cette maison existe toujours. Dont acte pour la mémoire.

samedi 13 décembre 2008

Bonne chance à Biskra qui est en train de devenir la capitale des oasis

Biskra : Colloque sur « l’aridoculture »

Désigné comme centre-pilote pour l’exécution de programmes nationaux de recherche (
PNR) dans les domaines de l’environnement, la désertification et l’aménagement des régions arides et semi-arides, et supervisant plus d’une centaine projets soutenus par le FNSR, (fonds national de la recherche scientifique), le centre de recherche scientifique et technique sur les régions arides (CRSTRA) organise, les 13 et 14 décembre, à Biskra, un colloque international sur l’ « aridoculture », concept de récente facture, qui « désigne l’ensemble des techniques permettant la culture non irriguée en sol aride », selon les mots du Dr Fatoum Lakhdhari qui dirige ce centre. Et d’ajouter : « Ces techniques consistent généralement à aménager les terrains de façon à utiliser, au mieux, les eaux de surface afin de rendre la culture possible ». « L’aridoculture est particulièrement pratiquée dans le sud-ouest des Etats-Unis d’Amérique », poursuit la directrice qui, faut-il le rappeler, s’est distinguée en déposant un brevet pour son « Bio Palm », un bio-fertilisant, issu des sous-produits de palmiers, à savoir les palmes, dattes, djerids, cornafs et autres lifs, et qui est de loin le moins cher des fertilisants. D’ailleurs, les expérimentations du Bio Palm, tant dans l’Oued Righ que dans la wilaya d’El Oued, ont permis d’enregistrer des résultats fort intéressants dans les domaines de la phoeniciculture, notamment la réduction notable des pertes de l’eau dans les jeunes plantations de palmiers dattiers, particulièrement la reprise du djebbar, corrélée avec un meilleur enracinement du plant. Le colloque sera axé sur la conservation du sol et la mise en valeur des ressources renouvelables.

Par Bachir Mebarek
El watan du 13/12/08

lundi 8 décembre 2008


Bonne et heureuse fête de l'Aïd El Kébir

jeudi 4 décembre 2008

EL KHERDJA: une manifestation culturelle à ne pas rater

Boumerdès s’invite à M’sila

Dans le cadre des échanges culturels entre les directions de la culture des différentes wilayas du pays et après la wilaya de Souk Ahras, c’est au tour de la wilaya de Boumerdès d’ouvrir sa semaine culturelle dimanche après-midi, de la semaine en cours, par des expositions de quelques activités artisanales de la wilaya, des écrits relatifs à l’archéologie de la région et d’autres sur le grand écrivain disparu, feu Rachid Mimouni. Comme on a pu constater la présence des chefs-d’oeuvre de la peinture sur verre et les plus remarqués, des tableaux utilisant des graines végétales de cumin, riz, salade, nigelle, semoule et autres...Le 1er innovateur de ce style appelé grainographie, M.Tamani Achour, peintre autodidacte, a utilisé d’abord des coquillages. Ensuite, il s’est orienté depuis 1980vers la graine pour réaliser des chefs-d’oeuvre reproduisant la vie quotidienne des régions, notamment kabyle . Il s’agit d’un travail insolite, qui a été honoré au 1er Forum de l’innovation et de la création à Boumerdès. L’intitulé de la présente exposition est «fragment de mémoire» Elle a d’ailleurs attiré de nombreux fans de l’art plastique. «Cette semaine culturelle offrira plusieurs présentations musicales des genres chaâbi et kabyle ainsi que des représentations théâtrales pour enfants et adultes à travers les villes de la wilaya. Ces échanges permettront des rencontres entre les artistes des deux wilayas afin de mieux se connaître» déclare le peintre M.Tamani.
A. LAÏDI
http://lexpressiondz.com du 3/12/08

dimanche 30 novembre 2008

Un bel exemple à méditer par les associations de BS

Suite à la formation au tourisme solidaire réalisée récemment à Biskra, dans le cadre du projet algéro-européen d’appui aux associations algériennes de développement (ONG II), un réseau d'associations autour du tourisme solidaire vient d’être créé. Ce projet de qui sera financé par l’Union européenne, consiste à créer un réseau associatif au profit de 15 associations activant dans la wilaya de Biskra dans le domaine du tourisme oasien. Parmi les objectifs qui lui sont assignés figurent notamment le développement de l’économie solidaire, la sauvegarde de l' oasis, la revalorisation des métiers traditionnels et la lutte contre la pauvreté, ainsi que la création de postes d’emploi.

http://liberté-algerie.com du 30/11/08

mercredi 26 novembre 2008

Un calligraphe bien de chez nous, qui mérite d'être plus connu



Aziz Kacimi el-Hassani, calligraphe contemporain
L’art est une invitation à l’imaginaire


Aziz Kacimi est ce calligraphe qui tient à explorer à sa manière le sens infini des lettres dans un style sur lequel souffle un grand vent de modernité. Utilisant la lettre arabe, connue pour sa beauté et sa plasticité comme un moyen d’expression picturale, le calligraphe confère à ses œuvres de la couleur, du geste, du rythme, du contraste et un jeu de lumière et d’ombre. Dans le trait et la turbulence des couleurs, le visiteur y décèle la pensée et l’idée philosophique du plasticien. ‘’La sensibilité est inséparable du développement de l’esprit pensant, elle le façonne et l’éclaire’’, dit-il. Sa puissance du graphisme puise de l’art musulman et de sa connaissance de l’art moderne. La nouveauté dans la création réside en fait dans la saillie qu’il donne à ses aplats, tel le bas-relief d’une oeuvre sculpturale.
Ayant pris part à nombre de manifestations plastiques depuis plus 1991, Aziz Kacimi el-Hassani révèle à chacune de ses expositions une collection d’œuvres calligraphiques qui se veulent une invite à la méditation tant elles sont chargées de sagesse soufie (..). Une partie de ses œuvres a été exposée dernièrement dans la capitale damascène dans le cadre de ‘’Damas, capitale de la culture arabe 2008’’. C’est à un art sublime, un instant de bonheur éphémère mais combien durable par son intensité que le calligraphe contemporain a convié son public. Il livre, aussi, à travers cette interview sa réflexion sur l’art pictural et plonge le lecteur dans sa quête perpétuelle du trait calligraphique arabe.


Comment êtes-vous venu dans le monde de l’art plastique?


C’est grâce à mon père qui en plus d’être un poète avait une grande maîtrise de la calligraphie arabe. C’est lui qui m’a quelque part qui m'a orienté vers cet art, celui de façonner les lettres arabes. A mon père, je suis aussi, en partie, redevable de ma sensibilité d’artiste car au commencement de ma découverte de la calligraphie j’ai aussi découvert sa poésie qui est, à mes yeux, sublime. (...)

Par : Farouk Baba-Hadji, le Midi Libre du 2 septembre 2008
Lire la suite:

dimanche 23 novembre 2008

Le jardin Belguizaoui: Cherche investisseur désespérément



Bou Saada: L'environnement en péril


L’extraction du sable des oueds Maitar et Boussaâda a pris de l’ampleur ces dix dernières années, mettant en péril l’environnement de la ville.
L’exploitation anarchique et effrénée du sable a entraîné, avec le temps, l’élargissement des lits des deux oueds sur cinq kilomètres, ont fait remarquer les écologistes.Pour l’universitaire Chérif Kamel, il est urgent de limiter les quantités de sable susceptibles d’être exploitées et d’intensifier les contrôles sur site, par les autorités publiques «afin d’éviter, à cours terme, d’éventuelles catastrophes dont les inondations, du fait de l’élargissement et du changement du cours des oueds». Selon un membre de l’association de protection de l’environnement de Boussaâda, «deux millions de mètres cubes sont extraits annuellement des deux oueds». A ce propos, le wali de M’sila avait affirmé que des opérations de contrôle sur site de l’extraction et des «quantités exploitables» qui «s’inscrivent dans la durée» sont menées parallèlement à l’«intensification» des contrôles sur le réseau routier pour lutter contre les pilleurs de sable. Important site historique et naturel avec plusieurs monuments dont le moulin Ferrero, l’oasis de Boussaâda est actuellement menacée également par la progression débridée du béton et les eaux usées, en dépit des mesures prises pour limiter ces phénomènes de pollution. Les techniciens de l’hydraulique soulignent, à cet effet, que les déversements des eaux usées, se font dans le réseau d’assainissement et les cas signalés actuellement, estiment-ils, sont nouveaux et seront pris en charge, en attendant la réalisation de la station de traitement des eaux usées projetée au profit de la ville. Les carrières entourant Boussaâda constituent un autre facteur de pollution. Cette problématique est assez «compliquée», a affirmé le wali, qui relève que certaines de ces carrières sont «plus vieilles» que les cités résidentielles apparues suite aux derniers mouvements d’extension urbaine de la ville. Il a indiqué en outre que «la solution, s’il y en a une, n’interviendra qu’à moyen terme» en raison de «la contribution» de ces carrières à l’approvisionnement en matériaux de construction des chantiers locaux de développement. Le jardin Belguizaoui continue, par ailleurs, d’alimenter les discussions publiques dans la ville de Boussaâda. Objet jusqu’à récemment des convoitises des spéculateurs du foncier qui désiraient le transformer en lots de terrain constructibles, cet espace vert densément boisé est aujourd’hui un réceptacle pour les eaux usées, devant le manque d’intérêt que lui manifestent les riverains. Pour des écologistes locaux, cette forêt composée de peuplements d’eucalyptus plantés durant les années 1940, continuera d’aiguiser les appétits tant qu’elle ne disposera pas d’un statut clair garantissant sa protection, en dépit d’être maintenant une propriété du secteur forestier. Les autorités locales projettent de faire de cet espace un lieu de détente et de loisirs à condition d’attirer les investisseurs privés et les intéresser à adhérer à cette perspective. Une telle perspective semble idéale et serait la plus prometteuse notamment avec l’implantation déjà, tout autour du jardin Belguizaoui, d’une piscine semi- olympique, d’une salle omnisports, d’une auberge de jeunes, outre une série d’équipements touristiques, dont l’institut d’hôtellerie. Le marché aux puces qui se dresse à l’entrée de la ville fait partie, de son côté, des signes de ruralisation dont Boussaâda tente de se défaire pour redorer son ancienne image de site d’attraction touristique par excellence.
R.R
http://www.lexpressiondz.com/

mardi 18 novembre 2008

Bou Saada séduit toujours ses visiteurs

Virée à Bou Saada de la part de Maamar ;



http://maamar.blogs.nouvelobs.com/archive/2005/02/23/viree-a-bou-saada-la.html

lundi 10 novembre 2008

A quand le vol Paris Bou Saada?


LE VOL RÉGULIER PARIS TAMANRASSET OPÉRATIONNELAir Algérie promet d’autres mesures en faveur du secteur touristique

L’aéroport Agguenar de Tamanrasset a accueilli, dans la nuit de samedi à dimanche, à 1h30 du matin, le premier vol d’Air Algérie en provenance de Paris.

Lire la suite de l'article dans elwatan.com

jeudi 6 novembre 2008

L'élite de Bou Saada saura-t-elle protéger sa ville?





  • L’oasis de Bou Saada face aux nouvelles données socioculturelles
    Processus de changement et formes de résistances

    Pr. Souâd KHODJA

    Il n’y a point de vent favorable à celui qui ne sait pas où il va (Sénèque)

    · Définition de l’oasis : Seule une approche multidisciplinaire associant les points de vue géographique, historico-politique, civilisationnel, sociologique, économique, urbanistique, religieux, littéraire et artistique, est à même de nous permettre d’appréhender la dynamique de son fonctionnement. Ceci pour dire que les oasis sont des micro sociétés particulières qui doivent être saisies comme un tout ayant sa propre logique et qui , bien que présentant des points communs avec le reste des régions d’Algérie, s’en différencient sur bien des aspects.

    · Du point de vue géographique : Une oasis est un écosystème qui apparaît à proximité d'une source d'eau ou d’une nappe phréatique suffisamment proche de la surface du sol ou, parfois, sur le lit de rivières venant se perdre dans le désert
    · Du point de vue socioéconomique : elles ont joué un rôle important dans l’histoire algérienne. Elles ont été créées ou se sont développées grâce à leur rôle de relais sur les routes commerciales. On sait que les caravanes allaient échanger avec les populations subsahariennes le sel et les plumes d’autruche contre de la poudre d’or. Ce commerce qui faisait la richesse de l’empire arabo musulman était protégé contre les pillards par les tribus Beni Hilal. Ces îles vertes, étaient organisées autour d’un ingénieux système de production quasi millénaire celui de l’irrigation (seguias). Des architectures sophistiquées d'irrigation, soutenues par des institutions traditionnelles de gestion des ressources en eau, en assuraient une juste distribution. Quant à l’agriculture, elle constitue un système intégré caractérisé par la superposition de trois strates créant ce que l'on appelle l'effet oasis. D’abord le palmier dattier, sous lequel on trouve des étages sous-jacents d'arbres fruitiers et des cultures herbacées ; en outre l'ombre qui abaisse la température ambiante, créant ainsi un microclimat, représentent le lieu favori de vie au Sahara durant les fortes chaleurs et constituent aussi un attrait important pour le tourisme.
    · Du point de vue politique et historique : Véritables carrefours et plaques tournantes du commerce, la route de l’or constituait pour les oasis une sorte de transsaharienne qui en faisait la richesse et l’opulence. C’est pourquoi leur contrôle politique et militaire était d'une grande importance stratégique. Avant de s’étendre au reste de l’Algérie, les Sanhadja, les Almoravides, les Almohades, par exemple, commençaient d’abord par prendre pied dans les oasis qui leur servaient dès lors de bases stratégiques. Rappelons nous la Kalaa des Beni Hammad tout près de la ville ; à sa chute une grande partie de la population dont beaucoup de nobles s’est installée à Bou Saada. Plus tard les Zaouias animées par les prédicateurs venus de Saguia El hamra suivirent le même itinéraire.
    · L’oasis et la cité : Grâce à ces mouvements socioéconomiques et politiques, les oasis sont devenues de grands lieux de citadinité, de religiosité, de savoirs et de civilités, de culture, de poésie et d’art de vivre. Les arts gastronomique et vestimentaire s’y épanouissent. Ceci nous rappelle qu’une société n’est pas uniquement un système productif et politique c’est aussi une culture et une conception du monde. Le raffinement et la sophistication de ceux-ci renseignent sur le degré de développement de la cité.
    · L’oasis et son environnement immédiat : La cité est intégrée à son environnement immédiat par une complémentarité étroite entre l’élevage transhumant des nomades et une population citadine versée dans l’agriculture et l’artisanat.
    · En conclusion on peut retenir l’idée que les oasis ont une histoire longue et lourde. Celle-ci marque toujours, au-delà du paysage, la mémoire collective dont elle constitue les repères identitaires. Il s’avère nécessaire de penser à la prendre en considération avant de lancer tout projet les concernant de quelque nature qu’il soit. C’est pourquoi il faut en saisir la dynamique de leur changement dans une mise en perspective de leur devenir.
    · Si on sait que les oasis ne sont plus complètement ce qu’elles étaient on peut se demander ce qu’elles sont devenues. Et pourquoi ?
    · On assiste aujourd’hui à une prise de conscience des communautés locale, nationale et internationale de la problématique de la dégradation environnementale et socio-économique des oasis. Parmi les questions posées on peut relever celles-ci : Comment gérer la transition du passage de la tradition à la modernité ? Comment intégrer les techniques modernes et leurs philosophies sans pour autant menacer ou déséquilibrer la société traditionnelle?
    A cela vient s’ajouter la préoccupation récente du changement climatique, comme le montrent les récentes inondations : Toutes les nouvelles infrastructures doivent être repensées, redimensionnées et construites en prenant en compte les nouvelles menaces liées aux changements climatiques. Comme les inondations, les vents violents et la sécheresse, explique un climatologue (El Watan du 28/10/08), commentant les dernières inondations qu’ont connu les villes des hauts plateaux et du grand sud.
    · Ces préoccupations peuvent se décomposer ainsi : Comment développer la cité pour qu’elle réponde aux normes fonctionnelles et esthétiques des villes modernes sans pour autant en menacer le cachet particulier ? Faut-il imiter les tours sans âme des villes modernes ou se refermer sur soi dans une nostalgie, certes agréable, mais peu productive? Comment construire des logements décents et confortables disposant de toutes les commodités, des routes et des transports et des soins de santé modernes ? Comment ériger des lieux de convivialité urbaine et citadine, en respectant l’environnement, les normes esthétiques anciennes et la fonctionnalité ? En d’autres termes, comment faire beau, utile, fonctionnel mais aussi respectueux de l’histoire de la ville ?
    · Parmi les thèmes traités par les environnementalistes qui ont organisé des journées d’étude en Algérie et dans le monde on trouve : L'oubli de la cité, la mémoire collective à l'épreuve de la modernité, L’acculturation à la modernité, la préservation de l’héritage séculaire, l’évolution des pratiques et savoirs oasiens, la ville réelle ou la ville fantasmée, la recomposition de la ville fragmentée, l’éclatement l’espace et la perte de son identité, etc.
    · Qu’en est-il de la ville de Bou saada ? Comment voit-elle son avenir ? Il s’agit uniquement d’ouvrir un débat qui donnera quelques axes de réflexion pour que, lors d’une prochaine rencontre éventuelle, on puisse avoir déjà déblayé le terrain et s’entendre ensemble sur les thèmes à approfondir.

  • A l’instar de toutes les oasis d’Algérie, la cité du bonheur a subi des pressions socio écologiques, créant un profond bouleversement de la vie de la ville. Les trois éléments essentiels qui donnaient anciennement vie à la ville tels que le commerce au long cours avec l’Afrique subsaharienne, le tourisme, la complémentarité artisanat, agriculture et pastoralisme ont disparu ou sont fortement réduits. Ce qui lui a donné vie hier a presque disparu aujourd’hui.
    Cette disparition ou cette réduction n’ont pas été complètement remplacées par des activités capables d’en combler les déficits. Selon les habitants de la ville auprès desquels j’ai relevé ces propos, la rareté ou l’absence d’investissements industriels productifs créateurs d’emplois, la raréfaction du tourisme et des activités artisanales et commerciales qu’il nourrissait, l'aggravation de la rareté des ressources en eau, l’abandon relatif de la transhumance et de l’agriculture vivrière ne permettent pas à une partie de la population d’avoir un niveau de vie décent. A cette mal vie sont venus s’ajouter une forte pression démographique et l’urbanisation des nomades en quête légitime d’emplois en ville.
    Ceci pour le volet socioéconomique.

  • Qu’en est-il de la structure urbaine de la ville et de la vie culturelle ancienne et moderne?
    · Les infrastructures urbaines seraient rares, l’urbanisation anarchique (on parle même de ruralisation de la ville), pendant qu’on assiste à la mort lente de la vieille ville et de certains édifices urbains anciens qui font partie de la mémoire de la ville. Restent, de surcroît, en suspens les questions soulevées par le projet de la fixation des dunes.
    · La disparition progressive des manifestations culturelles traditionnelles qui structurent la mémoire collective et donnent son dynamisme à une identité individuelle ouverte sur le monde. Elles sont parfois remplacées par des simulacres de manifestations culturelles dites modernes d’un goût des plus douteux et peu structurants de la personnalité de base.
    · Mais bien que soumises à la pression négative de multiples facteurs qui donnent l’impression qu’elle est en simple situation de survie, la cité donne des signaux encourageants prouvant qu’elle s'ouvre sur le futur.
    · Face à ces insuffisances, la question qui se pose aujourd’hui semble être la suivante :

  • Comment sauvegarder, préserver et développer l’oasis de Bou Saada dans le cadre d’une politique de développement durable ? Autrement dit comment préserver son héritage millénaire et en même temps mettre en place des processus d’adaptation aux changements socioculturels contemporains ? Comment mettre en place un projet de développement local à travers un tourisme durable, une agriculture respectueuse de la biodiversité et des activités culturelles structurantes ?
    Les préoccupations qui en découlent sont multiples : Comment valoriser le patrimoine culturel et agricole, conserver la valeur historique du paysage ? Comment réadapter l'écosystème et les fonctions de vie dans la palmeraie ? Comment continuer à lutter contre l'avancée des sables ? Comment assurer la continuité de la complémentarité des activités de la transhumance et agricoles dans un cadre moderne ? Quel type de tourisme faut-il encourager ? Quelle agriculture et quel artisanat préserver ou développer ? On peut lister tous ces questionnements pour tenter ensuite d’en faire un programme cohérent dont les activités seront liées entre elles et en même temps animées par une conception de la cité et par une vision d’avenir. L’objectif in fine étant de créer un cadre de vie agréable pour ses habitants préservant leur mémoire séculaire, tout en leur permettant de disposer d’activités et de revenus leur permettant d’avoir un niveau de vie au moins correct.
    · Le changement social ne s’improvise pas, il se réfléchit, il s’organise, il nécessite une modélisation qui en définit la politique stratégique donc les orientations, les processus, les axes fondamentaux. Faisons ici une première proposition qui est soumise à débat pour être discutée, enrichie, modifiée.


Esquisse d’un projet stratégique comprenant les 3 axes suivants reliés entre eux :
· Axe 1 : développement d’une politique de tourisme durable à travers la restauration - préservation du patrimoine historique
· Axe 2 : Modernisation des techniques agricoles et du cadre de vie de la palmeraie. Se poser la question suivante : La modernisation des techniques d'irrigation menace-t-elle l'équilibre social et environnemental ? Le développement de l’agriculture et de l’élevage ovin (nomadisme) est-il une adaptation ou une disparition de la vie nomade ?
· Axe 3 : Gestion Urbanistique de la ville : créer de nouveaux modèles respectueux de la sociabilité citadine de la ville en restaurant la médina ?


Une fois ces trois axes discutés, réadaptés, enrichis, on peut légitimement se demander qui va pouvoir réaliser ce programme, mis à part bien évidemment les structures étatiques ? Si nous avons volontairement mis en exergue les aspects négatifs de la ville il est grand temps de faire voir ses aspects positifs car bien heureusement Bou Saada garde encore de son valeureux passé beaucoup de traces qui n’attendent qu’à être réactivées par l’élite cultivée qu’elle a su créer.


C’est véritablement l’élite de la ville qui constitue sa richesse et son espoir.

  • De ces aspects positifs j’aurais pu en parler mais je préfère céder la parole à d’autres personnalités qui, du fait qu’ils ne sont pas originaires de Bou Saada, ne peuvent être suspectés de partialité.
    Bou saada, appelée aussi cité du bonheur, a été célébrée par de grands intellectuels, poètes et artistes. Parmi ceux là on peut citer le Professeur Y.Nacib ici présent et ce grand absent Mostéfa Lacheraf (Allah yarahmou). Avec sa permission, je laisserai mon professeur dire lui-même sa propre expérience. Mais je ne peux m’empêcher de céder la parole à celui qui a su aussi trouver les mots justes, Mostéfa Lacheraf dont si vous m’y autorisez je vais vous lire, pour lui rendre hommage, des extraits de son livre intitulé : Des noms et des lieux où il décrit les impressions qu’il garde de la ville lorsqu’il y a été nommé juge suppléant en 1942. (Voir en bas du blog les citations complètes dans le texte intitulé : Petite histoire de la ville de BS).

Pr. Souâd KHODJA: Résumé de la conférence du 30/10/08 à Bou Saada














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dimanche 26 octobre 2008

Bou Saada a déjà un aéroport


El Watan a dit:


Lancement hier de la saison touristique Sahara : Le Grand Sud, un produit d’appel
Nouvel appel: Si un lecteur a une photo de l'aéroport de BS, si possible des voyageurs ambarquant dans un avion, merci de nous l'envoyer


La saison touristique « Sahara 2008 », qui débute en novembre prochain, a été officiellement lancée hier à Alger par Chérif Rahmani, ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme, en présence du représentant du voyagiste Point Afrique, de Hammouche Belkacemi (PDG de l’Onat) et Abdelwahid Bouabdallah (PDG d’Air Algérie).

Le ministre a affirmé : « Nous avons identifié les attentes des touristes et les tendances émergentes ainsi que les nouveaux moteurs du tourisme international. Il y a une flexibilité dans les temps de repos et de loisirs, qui sont de plus en plus réduits et répétitifs. La pyramide des âges implique de nouveaux segments, les seniors sont une cible importante, notamment dans l’urbain. Nous savons qu’il y a plusieurs marchés et que nous ne voulons pas les affronter d’une manière frontale, plutôt d’une manière progressive et intelligente. » M. Rahmani considère le Sahara comme un produit d’appel, c’est-à-dire une porte d’entrée pour accéder au tourisme algérien.
(..) Concernant le marché, l’Algérie axe sur la France car ce pays est culturellement et géographiquement proche. 33% des étrangers viennent de ce pays. L’accent est mis sur le produit de découverte et de rencontre, une démarche qui associe la population locale qui doit être bénéficiaire du tourisme saharien. Point Afrique est sur le continent depuis 1995 pour promouvoir un tourisme à visage humain, fondé davantage sur la rencontre que sur le divertissement. Cette agence transporte annuellement 70 000 touristes.
Le ministre courtise la compagnie Air Algérie, car sans elle « il ne peut y avoir de tourisme » et soutient qu’il compte « sur les agences pour réhabiliter cette destination, ainsi que sur les hôteliers et les prescripteurs de voyages ».

Par Kamel Benelkadi
El Watan.com du 26/10/08


Le Quotidien d'Oran a dit:


Sous la houlette du ministère de l'Aménagement du territoire de l'Environnement et du Tourisme, une convention a été signée, hier à Alger, entre la fondation «Déserts du monde», Air Algérie, le tour opérator «Point Afrique» et l'office national du Tourisme (Onat). L'objet du contrat est la relance du tourisme saharien. (…) Le transport à destination du Sahara, autre handicap qui freine cette destination, a, également, été à l'ordre du jour de cette rencontre. Sur ce chapitre, le P-DG d'Air Algérie, Ouahid Bouabdallah, annoncera qu'un vol depuis Paris vers Tamanrasset et retour sera inauguré le 8 novembre prochain. Il expliquera, en outre, que le retour à cette desserte obéit à la logique du désenclavement des villes du Sud et tombe à point également pour la promotion du tourisme saharien. En ce qui concerne les lignes intérieures, Mr. Bouabdallah a indiqué que sa compagnie veut s'investir dans le tourisme par la mise en place, prochainement, d'une flotte de petits avions de 20 places pour la desserte de sept villes se situant au nord et au sud de pays. Le projet maturé, l'on s'attend à sa concrétisation, en novembre prochain

S.E.K , lequotiden-oran.com du 26/10/08

samedi 25 octobre 2008

Faoura de notre enfance, qu'es-tu devenue?


EL-FOUARA,UNE MEMOIRE GOMMEE

Merci à Mohamed Benaziez qui nous a envoyé cette photo



Les Bou-Saâdis de plus de soixante ans se rappellent avec nostalgie d’une fontaine publique qu’on appelait EL-FOUARA.Elle était le havre vers lequel se dirigeaient instinctivement tous les pas des habitants de la ville lorsqu’ils voulaient profiter de la fraîcheur du soir après une journée torride ou effectuer quelques emplettes. Personne ne pouvait donner la raison exacte de l’origine de ce nom à moins de l’expliquer par une quelconque similitude avec les autres fontaines publiques telle la célèbre Aïn-Fouara, l’incontestable icône de Sétif*
Le mot en lui-même évoque en fait un jaillissement continu de vapeur vers le haut.Là, point de geyser auquel on s’attendrait peut-être, c’est plutôt l’écoulement paisible d’un filet d’eau utilisée beaucoup plus pour les ablutions et le lavage d’autres choses que pour se désaltérer à moins d’en supporter le goût légèrement saumâtre ou n’avoir aucune autre possibilité d’étancher sa soif.Elle n’a jamais eu non plus la prétention de détenir des vertus thérapeutiques ou un quelconque pouvoir mystique.
Ce qui est par contre remarquable c’est l’aura perceptible de ce lieu qui ne laisse personne indiffèrent.Un demi-siècle plus tard l’endroit où n’existe malheureusement plus aucun vestige dégage toujours une indicible charge émotionnelle.
C’était un véritable monument qui trônait au beau milieu de la place centrale de la ville, baptisée aujourd’hui place des Martyrs,et qui représentait le point de rencontre de toutes les classes sociales et de toutes les communautés qui se côtoyaient pacifiquement dans la citée.
La construction, de forme carrée et d’une hauteur de cinq à six mètres de haut, paraissait imposante mais combien familière à notre regard d’enfant.Elle était agrémentée sur ses quatre cotés par des acrotères et des corniches dans sa partie supérieure. Sur chacune des quatre façades, l’eau coulait par la gueule d’une tête de lion en bronze appariée à l’ensemble de la maçonnerie et se déversait dans des réceptacles creusés à même la pierre en forme de bassins.
Elle était construite avec de grands blocs de pierres taillées et on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée respectueuse pour les bâtisseurs et à la somme d’efforts et de sacrifices pour réaliser cet obélisque à tête aplanie.On imagine ce qu’il a fallu comme endurance et patience pour ramener tous ces blocs de pierre avec les moyens de transport de l’époque, les tailler avec le burin et le marteau avant de les sceller harmonieusement par le système tenon mortaise.
Au sommet, accrochées à des acrotères, on pouvait toujours apercevoir quelques nids de cigognes et des essaims de pigeons tournoyer.
Elle donnait l’impression d’être indestructible, voire éternelle !
Ses flancs Sud et Sud-Ouest étaient bordés par l’espace limité, à quelques centaines de mètres, par le Cercle Militaire et plus à l’Ouest par l’Hôpital et le fort Cavaignac appelé communément « Bordj Essaâ »aujourd’hui lui aussi en ruine.
La route qui conduisait vers Alger d’un coté et vers Djelfa et Biskra de l’autre passait devant le monument.
Dans les arcades qui longeaient la fontaine sur les cotés Ouest,et Nord se trouvaient les échoppes des artisans ainsi que les commerces tenus, la plupart, par des Mozabites ou des Juifs.Le coté Est donnait sur la façade principale de la mythique école Sidi Thameur du nom du patron de la ville
Assis en tailleur à même le sol les cordonniers fabriquaient les « rihia »(1) de nos grand’mères sans oublier les bolghas(2) et autres « bouskals »(3) aux talons ferrés destinés aux seigneurs de la steppe .Juste à côté de véritables artistes brodaient les plastrons des élégants burnous en poils de chameaux que portaient les notables et les gros propriétaires. Les autres maîtres du cuir peaufinaient les harnais des chevaux et tout ce qui se rapporte à la sellerie qui faisait la réputation de la région.Les maréchaux ferrants s’affairaient à ferrer les chevaux attachés parfois aux anneaux fixés aux murs de la fontaine.Les coups de marteaux des forgerons complétaient l’ambiance laborieuse de la citée.
Dans ses parages il y avait toujours une quelconque fête orchestrée par l’un des nombreux meddahs qui sillonnaient la région.Différents marchandises étaient exposées à la vente,entre autres les petits tas de dattes,de glands ou de marrons que les enfants venaient chaparder.
C’était l’endroit préféré pour échanger des nouvelles sur tout ce qui concerne la vie de la cité à l’ombre des mûriers centenaires ou simplement deviser en sirotant un thé ou un café servis par des garçons virtuoses dans l’art de faire valser les plateaux chargés de tasses et de verres sans aucun incident.
La veille du souk hebdomadaire qui se tenait le mardi les marchands arrivaient de tous les environs et dressaient leurs tentes et leurs étals aux pieds de cette fontaine Tout s’organisait autour d’elle en cercles concentriques : les habitués des lieux s’installaient à proximité de la fontaine, quant aux marchands occasionnels ils occupaient les zones périphériques un peu éloignés
Le soir c’est plusieurs bivouacs qui s’allumaient jusqu’à l’aube et on se retrouvait selon les affinités dans des groupes qui se constituaient spontanément pour écouter les légendes de Antar ou Sid Ali narrées avec l’art consumé du suspens et des rebondissements inattendus par des conteurs passés maîtres dans la façon de tenir leur auditoire en haleine.Chacun fantasmait sur le sort de sa Abla comme il l’imaginait. D’autres se laissent envoûter par les complaintes d’une flûte dont la mélodie lancinante s’évadait avec l’âme à travers les immensités désertiques à la recherche des chevauchées épiques.
Les autres journées l’endroit fait le bonheur des garnements de la cité qui venaient se rafraîchir ou remplir leurs seaux d’eau. Comme elle se trouvait en face de l’école communale, des grappes d’enfants l’assiégeaient toute la journée et s’ébattaient dans son bassin inférieur
Dans son voisinage on retrouve toujours quelques vendeurs de pois chiches ou de fèves que les écoliers achètent avec leur dotation journalière en fameux douros (4) par leurs parents.Cela tenait lieu de véritable repas et suffisait amplement à tromper la faim toute la journée.
Dans l’euphorie des premiers jours de l’indépendance recouvrée quelqu’un a eu l’idée insensée de démanteler cette fontaine parce qu’il a jugé qu’elle représentait tout simplement le dernier symbole d’un colonialisme vaincu mais gardant tous les espoirs de revenir pour s’y abreuver !
Sans autre forme de procès le monument emblématique de la ville, témoin muet de tous les secrets et les confidences des générations de visiteurs qui venaient l’admirer ou s’y reposer à été livré aux démolisseurs qui non seulement l’ont détruit mais ont fait disparaître ses pierres pour éviter toute velléité de reconstitution!
A la place on avait planté un affreux tas de béton difforme qu’on surnomma par dérision « la cheminée » .
Etouffé par le prosaïsme ambiant, l’endroit glissa progressivement vers la réputation peu flatteuse d’être devenu le lieu de ralliement de toutes les formes de trabendo et des drogués qui disputent l’espace aux écoliers sous les fenêtres de la plus prestigieuse des écoles de la région : l’école « Sidi Thameur » l’ancienne école de garçons : Lucien CHALON.
Lorsqu’on voit l’état de vétusté de cet établissement, la saleté repoussante de son environnement avec ses odeurs pestilentielles et la faune qui peuple ses alentours rien ne laisse deviner qu’un bon nombre de ses élèves sont devenus des hommes illustres qui ont contribué à façonner l’histoire du pays, entre autres si Tayeb El Watani, notre défunt président Boudiaf.
N’oublions pas de reconnaître le mérite du personnel pédagogique qui l’a animée avec brio même du temps de la période coloniale et qui a été pour l’essentiel dans la formation de plusieurs promotions de cadres et de responsables de haute rang.
C’est l’occasion de faire montre d’un peu de gratitude. Continuer à se contenter de déplorer la situation par le soupir d’impuissance a confirmé ses limites.On pourrait tout de même consacrer quelques efforts pour accorder à la détresse de ces lieux magiques un peu plus de considération. C’est le moins que l’on puisse espérer !

Amara KHALDI, cadre à la retraite à Bou Saada

Notes :

* Je garde en mémoire avec beaucoup d’admiration le prodigieux élan de tous les Sétifiens pour reconstruire sur le champ la sirène de leur fontaine endommagée par un attentat terroriste. Bravo !
(1) mule (pantoufle) pour femme
(2) modèle de chaussures pour homme ; spécialité de la région
(3) modèle de chaussures ressemblant au classique derby actuel
(4) pièce de monnaie valant les 5 francs anciens de l’époque

jeudi 23 octobre 2008

M. Asloum va-t-il rendre visite à Bou Saada?


Le champion olympique de boxe aux JO de Sydney (2000), Brahim Asloum, compte sérieusement défendre son titre de champion du monde WBA poids mouche de 2007 en Algérie et réaliser par la même un vieux rêve qu’il caressait depuis sa tendre enfance.Le Français d’origine algérienne, qui a rendu une visite de courtoisie au journal en compagnie de l’ancienne gloire Rachid Ferguène, souhaite en effet offrir au public algérien cette opportunité d’assister à un combat d’un niveau mondial et de renouer du coup avec les mythiques duels, dont ont été acteurs les Ould Makhloufi, Loucif Hamani, Rachid Ferguène. Il veut également à sa manière donner un peu de «joie» et «d’espoir» à la jeunesse algérienne. «Lorsque j’ai vu Mohamed Ali et George Foreman boxer à Kinshasa (capitale de l’ex-Zaïre), je me suis dit que moi aussi, je dois boxer dans le pays de mes ancêtres», raconte Brahim Asloum, 29 ans, et natif de Bousaâda, une ville qu’il chérit par dessus tout. «Boussaâda, c’est magique ! Elle représente une partie de mon enfance, car lorsque j’étais petit, je ne ratais jamais l’opportunité de venir passer les vacances dans cette ville», se souvient-il encore, non sans espérer dans la foulée de voir Boussaâda accéder au rang de wilaya. «Si j’avais l’opportunité de rencontrer le Président Bouteflika, je lui exposerai ce cas», promet-il.Pour revenir à son projet qui lui tient à cœur, Brahim Asloum, dont son promoteur et son coach ne sont autres que les frères boxeurs Acariès, natifs de Bab El-Oued, nous affirme qu’il a profité de son séjour en Algérie, où il a été invité par le Comité olympique algérien (COA) pour visiter certaines infrastructures pouvant abriter l’événement en question qui aurait lieu en 2009, contre un challenger colombien, s’il n’y a pas de changements d’ici là. Et d’enchaîner : «En tous les cas, j’ai dis aux frères Acariès que je préfère boxer dans mon pays d’origine qu’à Las Vegas». Et s’il avait un penchant pour un site sur une autre ? «Si ça ne tenait qu’à moi, je choisirais sans hésitation aucune la salle Harcha qui te fait sentir que le boxeur est plus proche de son public que d’autres salles telle la Coupole olympique», explique le médaillé d’or de Sydney qui ne cache pas sa fierté d’Algérien, même s’il avoue qu’il doit beaucoup de choses à la France. «Quand on me dit de choisir entre l’Algérie et la France, c’est comme si on me demande de choisir entre mon père et ma mère», lâche tout bonnement Brahim Asloum qui ne cache pas en revanche sa préférence en football à l’Olympique de Marseille et naturellement l’ABS (Boussaâda). «Ce sont deux villes qui ont une place importante dans mon cœur et pour lesquelles j’ai un faible», concède-t-il avec un brin de nostalgie.

S. A. M. pour El Moudjahid du 22/10/08

Envoyé par notre correspondant M.Bisker

mercredi 15 octobre 2008

La fixation des dunes, menacée à Bou Saada?



L’octroi récemment d’un titre minier par l’Agence nationale du patrimoine minier (ANPM) à l’Algerian Cement Company (ACC) pour l’extraction du sable, en puisant du cordon dunaire qui traverse la ville de Bou Saâda, est à l’origine d’une levée de boucliers des citoyens et d’associations de protection de l’environnement, qui assimilent cet octroi à du mépris envers la population de cette ville dont la structuration urbanistique s’articule foncièrement autour de ce cordon dunaire.
L’inconsistance des autorités de la wilaya est mise à l’index dans cette affaire par le fait qu’elles sont à l’origine de la remise en cause du processus de fixation des dunes entamé depuis plus de 20 ans et pour lequel des dizaines de milliards ont été consentis.
Cette inconscience s’en trouve être vérifiée par le fait qu’en dépit de l’opposition de certaines structures au bouleversement structurel du cordon dunaire que va engendrer son exploitation, notamment la Conservation des forêts, les autorités de la wilaya ne semblent pas avoir été en mesure de traduire les différentes oppositions pour dissuader, voire interdire à l’ANPM de délivrer ce titre minier.
Pis, dans le silence assourdissant de ces mêmes autorités, cette agence est allée jusqu’à exhorter les responsables de l’ACC à poursuivre en justice les services des forêts de la wilaya de M’sila s’ils persistent à entraver l’exploitation de votre gisement, lit-on dans la correspondance adressée le 13 juillet dernier par M. Benyoub, président du conseil d’administration de l’ANPM au directeur général de l’ACC.
Cette compagnie s’emploie présentement au défoncement de toute l’aire stabilisée de la dune de Z’baret El Aoud (la dune du cheval), décapant toute la végétation ayant permis la fixation des sables depuis des années, en entamant des opérations d’excavation à tout bout de champ sur une superficie de 53 ha, défigurant un environnement qui s’est transformé au fil des années en un écosystème unique dans la steppe, abritant de nombreuses espèces végétales et animales endémiques.
Ces travaux d’excavation sont à l’origine de la déstabilisation du sol rendu fixe par différents traitements opérés sur une longue période dépassant deux décennies, d’abord par les éléments du service national et présentement par les services des forêts.
Ces agissements dans un environnement vulnérable de par sa nature auront des conséquences néfastes sur le cadre et la qualité de la vie dans cette ville et porteront atteinte au patrimoine touristique de Bou Saâda que matérialise ce cordon dunaire, lit-on dans la correspondance adressée le 1er septembre dernier au wali de M’sila par l’Association pour la protection de l’environnement naturel et urbain (APENU) de Bou Saâda.
L’exploitation de cet espace qui est censé être protège, lit-on dans cette correspondance, « constitue une entrave aux dispositions réglementaires de la loi relative à la protection de l’environnement notamment les articles 11, 15, 29, 31,59 et 60 à la loi minière à travers les articles 152,188 et 189 et le décret exécutif n° 02-470 portant modalités d’application des dispositions relatives aux autorisations d’exploitation des carrières et sablières notamment son article 26. »
Devant l’ampleur de la catastrophe écologique qui s’annonce imminente et le silence suspect des autorités de la wilaya, c’est l’association APENU qui se singularise dans cette affaire en dénonçant vigoureusement la légèreté avec laquelle a été élaborée cette concession et met en relief le fait que le dossier serait entaché d’irrégularités à travers notamment l’octroi d’un titre minier pour l’exploitation d’un patrimoine forestier faisant partie des atouts touristiques de la ville de Bou Saâda.
Pour l’agence nationale du patrimoine minier, le titre minier pour l’exploitation du gisement de sable de Z’baret El Aoud a été octroyé dans le strict respect des procédures réglementaires édictées en la matière. Seulement, d’aucuns s’interrogent sur la délivrance du titre minier, quand pas moins de 3 structures de la wilaya de M’sila, l’agriculture, l’environnement et les forêts avaient émis des avis défavorables à la demande d’exploitation du site en question.
D’aucuns diront que ce ne sont pas les gisements de sable qui manquent dans la région et que l’ANPM aurait pu octroyer un titre minier en d’autres lieux et préserver le cordon dunaire qui traverse Bou Saâda. En tout cas, à travers cette acte, l’ANPM a fait preuve d’un profond mépris aussi bien envers des partenaires (forêts, agriculture et environnement) dans la gestion, la préservation et la protection du domaine privé de l’Etat qu’envers la population de Bou Saâda et des communes environnantes qui auront à subir les effets pervers du bouleversement d’un environnement vulnérable et dont les traitements continus aux coûts faramineux n’ont pu en atténuer la fragilité.
Synthèse de l'article - Equipe Algerie-Monde.com,
http://www.algerie-monde.com/actualite/article4058.html
D'après El Watan. Par S. Ghellab. Le 15 octobre 2008.
Transmis par notre correspondant M.Bisker

lundi 29 septembre 2008

Bonne fête


A l'occasion de Aïd El Fitr la gazette de la Cité du Bonheur vous souhaite une bonne et agréable fête à vous, votre famille ainsi qu'à tous vos proches

mardi 23 septembre 2008

Le café d'Alger , vous en souvient-il?


Un café qui n’avait plus rien de maure

C’était Le café d’Alger, situé à la jonction du quartier européen et de la médina. Ouvert au tout début des années cinquante du siècle dernier, il a baissé soudainement le rideau, il y a à peine quelques mois. Prétendant à la modernité, ses premiers tenanciers, Hadj Ali ben Rabah et consorts, installaient la première enseigne lumineuse au néon : « Café d’Alger» sur fond rouge et vert. Erigé sur les lieux mêmes d’un ancien café maure tenu par Benabdallah père, il constitua l’événement de l’époque. L’Echo d’Alger annonçait son ouverture en grande pompe. Disposant de 600 chaises, dit-on, le service était assuré par trois équipes tournant sur les 24 h. L’attractivité commerciale était générée par l’intense activité hippique qui se déroulait à longueur d’année à l’hippodrome d’« El-Gaâ». L’engouement suscité par la célèbre jument «Mabrouka» y était pour quelque chose ; le harras des Ouled Sidi Ziane pourvoyait tout le pays en chevaux barbe de race.Constitué de deux salles imbriquées en forme de T, dont la barre supérieure comporte deux issues donnant sur les deux rues adjacentes de part et d’autre du corps du bâtiment, il n’avait rien de commun. Un long comptoir permet aux gens pressés de prendre leur café au pied levé, le reste de la clientèle disposait de la salle et des terrasses longeant l’entrée principale ou la poste sur le trottoir d’en face. La hotte est une immense arcade sous laquelle étaient agencés les percolateurs de café et de lait. Moderne, l’équipement, alimenté par une flamme bleue au gaz butane, surprenait par le scintillement des chromes. Les tables rondes métalliques et leurs chaises changeaient les us d’une clientèle habituée jusque-là, aux tables basses installées sur des nattes à même le sol. Les sirops à la menthe ou à la grenadine faisaient leur entrée dans des bouteilles dotées d’un bec verseur. Le thé était servi dans de petites théières dont le bec mordait à une touffe de menthe fraîche. Les petits pains beurrés, la brioche ou les beignets chauds accompagnaient le café au lait le matin. Il n’y avait pas que les Européens qui pouvaient se targuer d’avoir un café moderne à l’instar de celui de la poste dans le coin. La palmeraie, toute proche, permettait aux maraîchers installés sur les abords, de vendre le lait et les figues fraîches tôt le matin. Le lait, servi à l’aide d’unités de mesure de 200 et 50 décilitres, n’allait généralement pas au-delà de ces quantités. Les figues fraîches étaient livrées dans des corbeilles en alfa capitonnées de feuilles de figuier. Un trait culturel oasien faisait consommer ce fruit rustique, dès le lever du jour.Le «café d’Alger», point nodal de la communauté citadine, connaîtrait-il le même sort que les restaurants «Le Ritz», «La Palmeraie», «Le Kerdada», les hôtels «Le Sahara», «l’Oasis» et d’autres lieux mémoriels ? Ce lieu mythique a toujours été le point de ralliement des tendances intellectuelles et politiques de la cité. Avec pignon sur rue, il donnait à la fois accès à la Place «Canrobert» plus connue sous le nom de Ramlaya (Place Emir Abdelkader) du coté sud et à la vieille médina par son côté nord. Cette configuration a permis à beaucoup de militants de semer les forces de l’ordre coloniales, pendant la Révolution. Café des artistes, il recevait les troupes musicale de Abdelhamid Ababssa et théâtrale de Hassan El-Hassani. La proximité de Hammam Lahouel qui servait de dortoir aux passagers et la salle de cinéma, utilisée épisodiquement comme salle de conférence lors des joutes préélectorales, rendait son giron plus attractif que tout autre lieu. D’ailleurs, l’activisme politique de l’époque faisait installer le commissariat de police près de cette salle de spectacles. Assis en tailleur au-dessus du foyer à bois surmonté d’une immense poêle à frire, Moussa ben Chenni, le marchand de beignet, lançait dans l’huile bouillante ses bouts de pâte étirés. Le produit, servi brûlant dans des assiettes en aluminium, était fourni à la clientèle du café, installée sur les terrasses. Emprisonné pour convictions politiques, Si Moussa fermait boutique jusqu’au lendemain de l’Indépendance nationale. Quant à Ahmed Mèch, le receveur indigène de la poste, lui, n’a pas eu la chance de surpasser l’écueil de la détention ; il aurait été assassiné au camp de concentration de Djorf. En contrebas vers Ramlaya, Ahmed Lakhdar ben Tayar ouvrait la Maison de la datte où des colis postaux pouvaient prendre n’importe quelle direction. Ahmed Daba (Abdeladhim) dont la boutique était mitoyenne sous les arcades, faisait dans les articles artisanaux dont l’imparable éventail en palme. Frappé du chameau et du palmier en fil de soie avec l’inscription «Souvenir de Bou-Saâda», ce pittoresque article symbolisait «La cité du bonheur».Ces implantations n’étaient pas fortuites, elles gravitaient toutes, autour du terminus des autocars. Le premier service de cinq heures du matin, sur les trois quotidiens, de la Société Algérienne de Transport par Autocar «Satac» à destination d’Alger, partait à partir du café. Moulay était ce portefaix marocain, venu on ne sait d’où, qui prêtait ses services aux voyageurs. Le même premier service d’autocar, venant dans le sens inverse, ramenait d’Alger le «journal» aux environs de midi. Le ballot de «l’Echo d’Alger» jeté du haut de la marche du véhicule «Floirat» ou «Chausson», était destiné au buraliste Ali ben Saïd (Terfaya), installé quelques mètres plus loin sous les arcades (disparues) de la rue Gaboriau (rue de la République). Le pittoresque Dissi, habillé à la manière des dockers algérois, y fourgait sa sardine fraîche ramenée par on ne sait quel moyen. A l’angle avec le café de la poste se trouvait «Berred», était-ce son vrai nom ou plutôt celui de la fonction qu’il remplissait pour qu’on l’ait appelé ainsi ? Son kiosque était la halte obligatoire des journées caniculaires. On y servait du jus sucré préparé dans un grand chaudron en aluminium, dans lequel flottaient des tranches de citron et un gros morceau de glace. Un poussif ventilateur aidait à rendre l’endroit plus clément. L’après-midi, c’était au tour de Ammar de vendre ses pois chiches saupoudrées de cumin qu’il servait, dans des cornets faits de papier gommé. Sur l’accotement droit et plus loin que le café maure Daidah (reconverti) en allant vers la Place colonel Pein (Place des Martyrs), Amira ben Lograb recevait «la Dépêche de Constantine». Le journal était livré via Bordj Bou-Arréridj par les défuntes «Messageries du Sahara» de Boukamel, richissime transporteur du M’Zab. La boutique Lograb a longtemps constitué la caverne d’Ali Baba pour les enfants. On y trouvait de la confiserie orientale, le Kalbelouz notamment, le nougat introduit par Bounab revenu de son exil syrien et autres toupies et jeux pyrotechniques. Salah, le non-voyant, suppléait à l’absence de bureau de tabac, il vendait ses «Bastos» et «Camélia sport» qu’il tirait de son couffin dissimulé sous son ample gandoura. Cette pratique ne pouvait relever que de la retenue morale, qu’il témoignait à l’égard de la collectivité.Le «carrefour» était cet endroit névralgique constitué par le croisement de la rue Saussier (rue du Moudjahid) qui menait vers les renseignements généraux, la gendarmerie, le siège de l’Administrateur et la rue principale sur laquelle donnait la poste, l’hôtel Beauséjour, le syndicat d’initiative. Ce dernier était tenu par le légendaire Dib Khadir, crieur public officiel. Doté d’une soyeuse barbe blanche, en tenue traditionnelle et guenour (turban), il roulait son tambour avant de lancer son «avis» à la population. Il annonçait occasionnellement le programme de l’unique salle de cinéma l’Odéon où M’Khabel Richou, détenait le monopole de la cacahuète grillée. Le «café des Sports» de Bébère était le point de rassemblement des bourgeois juifs européanisés, plus loin à l’extrémité sud de la rue se trouvait l’Hôtel «Transatlantique» actuel «Kerdada» probablement seule survivance avec «Le Caïd», d’un tourisme qui se voulait exotique. Kada le polyglotte, en tenue blanche traditionnelle, arborait en bombant le torse, un macaron rouge et or sur lequel était inscrit : guide officiel. Freidja, en face, vendait ses roses de sable et ses «guenbri» en carapace de tortue. Ce célèbre hôtel a abrité d’illustres personnages, de Gide à Colette, des stars internationales, de Victor Mature à Hédy Lamarr pendant la réalisation de «Samson et Dalila», de Johnny Wesmuller pendant le tournage de «Tarzan» à Marcel Pagnol pendant celui de «Tartarin de Tarascon» et bien d’autres oeuvres cinématographiques. Les rues citées plus haut, promenade vespérale des résidents, étaient aspergées d’eau dès le début de l’après-midi. La citerne communale mouillait l’asphalte brûlant à l’effet de le rafraîchir. Cette évocation d’apparence nostalgique n’a pas concerné que la période coloniale ; elle balaie aussi dans le souvenir de la période post-indépendance, jusqu’au milieu des années soixante-dix. On vivait la ville dans son concept socio-urbain. La judicieuse répartition, même empirique des tâches, participait d’un souci évident de cohésion sociale. Le projet individuel, aussi modeste soit-il, s’inscrivait dans une dynamique de groupe où la notion de service public ne pouvait être, parfois, le fait que de la seule communauté. Se confondant avec le nom Benabdallah père et fils, gérant du fonds de commerce, le «café d’Alger», ce bien légué par le défunt Brahim Hamida (1), va-t-il connaître la dislocation inéluctable de la succession ou bien un meilleur sort ? Les charges mémorielle et émotionnelle que charrie cet édifice ne peuvent être escamotées aussi brutalement et sans appel ! L’autorité municipale est interpellée à plus d’un titre pour trouver la solution qui siérait le mieux à la préservation de ce patrimoine commun.
(1) A part Salah le non-voyant, la plupart des personnes évoquées dans le texte ne sont plus de ce monde
F.ZAHI ; le quotidien d'Oran du 21:09/08 (rubrique culture)

lundi 22 septembre 2008

Réfléchir à une stratégie de développement du tourisme à Bou Saada


"C’est le moment de se positionner sur le marché mondial"

Ahmed Boufares, directeur général de l’Office national du tourisme (Ont), a estimé à Paris à l’occasion de la participation de l’Algérie au Salon du tourisme Top Resa que "C’est le moment où jamais de s’inscrire dans cette diversification du marché mondial et se positionner par rapport à la concurrence".

Selon lui, notre pays doit profiter de deux facteurs pour se construire une image : les destinations traditionnelles sont saturées et le tourisme de masse commence à montrer ses limites. Il a déclaré en outre : "des opérateurs et partenaires à dimension internationale commencent à percevoir l’Algérie comme une destination émergente. Ils se rendent compte que les choses bougent et que le pays a décidé de prendre en main son secteur touristique". En 2007, l’Algérie a enregistré 1,7 million d’arrivées internationales dont 500 000 pour le tourisme d’affaire et des segments du tourisme saharien. (…).

Promouvoir le sud algérien est une bonne piste mais il faut aussi créer des produits phares tels que la route des ksour, la vallée du Mzab et la boucle des oasis. Le "Marathon des dunes" et le "Marathon du Hoggar", organisés par deux agences versées dans l’évènementiel, sont présents au Top Resa pour promouvoir ce genre de tourisme très prisé par les étrangers. (...)

Par Kamel Benelkadi
Elwatan.com du 18/09/08



Des messages pour les professionnels du secteur

La Journée mondiale du tourisme sera célébrée le 27 Septembre prochain avec pour thème de réflexion le tourisme et l’environnement et plus particulièrement le changement climatique. Une occasion de rappeler que ce secteur est devenu une industrie qui concurrence les plus grandes industries mondiales en créant de la richesse et des postes d’emploi. (...)


K. Benelkadi ; lire la suite dans elwatan du 21/09/08

mercredi 17 septembre 2008

Petit blog deviendra grand pourvu que Dieu lui donne vie


Le 17 Septembre 2008 le blog a franchi la barre des 10.000 visiteurs. Lancé le 17 Juin 2007, il a aujourd'hui 15 mois.
Souhaitons lui longue vie!

jeudi 11 septembre 2008

Le Sud va-t-il un jour étancher sa soif?



IRRIGATION DES PÉRIMÈTRES AGRICOLES DES HAUTS-PLATEAUX: Cinq nouveaux barrages seront réalisés à partir de 2009

Les appels d’offres relatifs à la réalisation de cinq grands barrages, destinés à couvrir les besoins en irrigation des périmètres agricoles des Hauts-Plateaux, seront lancés incessamment, a indiqué le ministre des Ressources en eau, M. Abdelmalek Sellal, en marge d’une visite de travail et d’inspection de plusieurs infrastructures relevant de son secteur dans la wilaya de Médéa. Ces nouvelles infrastructures hydrauliques, destinées essentiellement à prendre en charge les besoins en eau du secteur agricole, seront construites à Skikda, M’sila, Laghouat Mascara et Médéa. Cette dernière va bénéficier en priorité d’un barrage dans la région de Beni Slimane.

LM. Lesoirdalgerie.com du 9/09/08

Grâce au transfert de la nappe phréatique, les Hauts Plateaux seront demain un véritable vivier pour l'Algérie grâce aux capacités que recèle cette région dans le domaine agropastoral. Ceci rentre dans le cadre d'une politique d'aménagement du territoire qui donne aux Hauts Plateaux le statut de dorsale du développement futur de notre pays. La nappe phréatique albienne, qui ne se renouvelle pratiquement pas, couvre un million de km2 en Algérie, Tunisie et Libye, et son volume est estimé à quelque 60.000 milliards de m3.

samedi 6 septembre 2008

Les pionniers de l’enseignement à BOU SAADA (2ème partie)





J’ai, dans une première partie, énuméré les noms des enseignants originaires de Bousaâda qui exercaient à l’école Lucien Challon et ce, durant la période allant de 1856/57 à 1956/57 couvrant le 1er centenaire de cet établissement, centenaire qui devait être célébré au mois de Juin1957.

Je la complète, dans cette deuxième partie, par les noms des enseignants natifs de Boussaâda qui exerçaient durant la même période dans les autres écoles de la commune ainsi que par ceux de nos frères et sœurs algériens venus des autres régions du pays:

Mr DEBBAGH Amar : formé à la Medersa, il gravit tous les échelons et termina sa carrière comme chef de cabinet d’un Ministère. Si Amar est toujours en vie.

Mr CHENNAF Djelloul, lui aussi médersien , inspecteur de l’enseignement primaire , il termine sa carrière à la direction de l’éducation .

Mr DOKMANE Alaya, médersien, il est nommé directeur de CEM à Djelfa et termine sa carrière comme député (APN)

Quant aux frères venus des autres région du pays et ils sont nombreux, je citerai :

Mr AIT KACI Mohammed, né le13/01/1897 à Michelet, normalien 1913/1916, il est affecté à Boussaâda le 01/10/1936.

Mme AIT KACI Eljouher née Boumenjel née le 14/12/1912 à Relizane

Mr TOUBAL Mahieddine, né le29/11/1916 à Fort National. Normalien (1934/1937), il est affecté à Boussaâda le 19/9/1941.

Mr BENMALEK Ahmed, affecté à Boussaâda le 01/10/1943

Mr BOUKHTOUCHE Med Said, né en 1916 à Azazga, affecté à Boussaâda en 1939

Mr AZZOUG Mohammed, né le 10/5/1916 à Michelet, normalien, il est affecté à Boussaâda en 1939.

Mr AZZOUG Amar, né en 1893 à Michelet, affecté à Bou saada le 01/10/1945.

Mr SELLAL Said, né le 18/2/1925 en Kabylie, affecté à Bou saada le 01/10/1949.

Mr TOUMI Ali, né le 08/3/1931 à Borj Menail, normalien 1948/1952, affecté à Boussaâda le 01/10/1952 Il fut rejoint par son épouse, elle aussi normalienne, le 01/10/1958

Avant de terminer ce modeste exposé sur ces hommes et femmes qui ont parfois sacrifié ce qu’ils avaient de plus cher pour prodiguer le savoir et l’amour du pays dans des moments très difficiles , je tiens à m’excuser auprès des proches de ceux ou celles que j’ai du omettre . Le cas échéant, merci de me communiquer leurs noms, ils seront bien évidemment rajoutés.
Labadi Nour Eddine

mardi 2 septembre 2008

Un livre à lire absolument: S'agit-il d'un mirage?


LE SUD, CAPITALE D’UN AVENIR PROMETTEUR de SLEMNIA BEN DAOUD


Au-delà des aspirations



A travers cet ouvrage l'auteur tente de résoudre l’équation du développement des régions du sud de l’Algérie par le déplacement en leur sein du siège de la capitale du pays.


Le Sud, capitale d’un avenir prometteur, du statut de pôle de croissance et de développement à celui de capitale politique et économique du pays, est le premier ouvrage d’une série se rapportant à des thèmes économiques, de Slemnia Ben Daoud. Aujourd’hui, le défi à relever est celui du renouvellement. L’Algérie se trouve confrontée à la difficile équation entre une population en croissance rapide et sa répartition spatiale d’une part, et la valorisation et la protection de ses ressources naturelles et l’emploi judicieux de ses ressources financières, d’autre part.L’auteur, Slemnia Ben Daoud, universitaire et ancien cadre gestionnaire d’une entreprise publique économique, aujourd’hui s’est reconverti dans le secteur agricole en exploitant une propriété privée familiale. Il tente, à travers son analyse, de résoudre l’équation du développement des régions du sud de l’Algérie par le déplacement en leur sein du siège de la capitale du pays au regard, d’une part, de l’effet d’entraînement qu’il est censé susciter par ses différentes fonctions et relations sur son environnement pour les accompagner dans leur développement durable, et du souci éminemment important et préoccupant, d’y réinvestir, d’autre part, une part non négligeable de la manne pétrolière accumulée, à présent, pour relancer l’économie du pays en substituant graduellement aux ressources pétrolières d’autres créneaux porteurs, souvent inexploités dans ces régions par manque de moyens et autres problèmes dus à leur éloignement des centres de décision. Dictée, d’abord, par des impératifs de peuplement de notre grand Sud qui se trouve aujourd’hui livré aux quatre vents, cette modeste contribution se propose de répondre, ensuite, et à travers une série d’exposés des motifs, à la problématique de rééquilibrage entre les zones du Nord avec celles du Sud par un rapprochement de l’ensemble des régions du pays avec leur centre de décision, d’une part, et par la recherche d’autre part, d’une certaine péréquation dans la répartition des charges de la vie et surtout par un partage équitable de la rente des hydrocarbures qui sera destinée à équiper convenablement les régions qui en sont momentanément dépourvues. Sur le fond, la vision est intéressante, elle doit être soutenue par un vrai dialogue entre les gens concernés (décideurs), qui est la clé de la réussite. Et ce, pour engager une nouvelle politique économique à partir de ce trésor caché qu’on a injustement oublié et omis de mettre en valeur.Cet ouvrage, réalisé dans des circonstances et conditions difficiles vécues par son auteur, n’est autre que le fruit d’une passion bien entretenue pendant son enfance et mis depuis en veilleuse, mais qui a finalement pu être exhumée et mise en oeuvre, trois décennies plus tard, pour lui permettre de découvrir tous les mérites d’une vocation retrouvée - à juste titre d’ailleurs - qui consiste à enrichir et développer par sa communication des relations de fidélité avec son environnement et son lectorat, basées sur la recherche de la satisfaction d’un intérêt et besoin mutuels et réciproques.
Idir AMMOUR

lexpressiondz.com du 2/9/08

lundi 1 septembre 2008

Bon ramadhan


Le blog saba bousaada vous souhaite un agréable ramadhan. Saisisons ce mois de piété, de spiritualité et de retour sur soi pour formuler ensemble l'espoir que la paix règne sur le monde et la sérénité dans les coeurs pour que cessent les souffrances inutiles
Lien de la photo: www.alger50.com/photos/algerie/bou-saada/pages/gc-saada35-b_jpg.htm - 1k

vendredi 29 août 2008

A propos des commentaires

Ce blog se veut un espace de convivialité et de culture de la paix ; un havre de paix et une oasis de sérénité comme le nom de la ville qui porte son nom.

Son orientation est sociologique et anthropologique avec comme vocation essentielle
un travail de mémoire créateur pour une consolidation de la construction identitaire positive des Bousaadiennes et Bousaadiens. C’est donc un lieu de ressourcement et de liberté d’expression uniquement culturelle. Il s’adresse également à tous les amoureux de la Cité qui se sont laissés ensorceler par son charme discret et qui aimeraient en savoir plus. Et si possible participer, d’une façon ou une autre, à cette œuvre modeste

Je demande donc à tous les anonymes qui m’ont fait parvenir des commentaires d’ordre religieux, politiques, etc., de me pardonner si je ne peux publier leurs commentaires. Si je suis foncièrement opposée à toute forme de censure - sauf lorsqu’il s’agit d’opinions extrémistes, ce qui n’est pas le cas des commentaires que je n’ai pu publier- je préfère éviter toute intervention qui sort de la ligne éditoriale de ce blog. Sans plus. Croyez moi j’en suis sincèrement désolée.

Souad Sophie Bou Saada

mercredi 13 août 2008

Un jardin botanique oasien à Bou Saada...Un rêve impossible?


Premier parc du genre dans le sud du pays , Un jardin botanique oasien à Ouargla





Le projet du jardin botanique oasien de Ouargla, qui s’étend sur 144 ha, devrait constituer, une fois totalement matérialisé, le premier parc de loisirs et de distractions du genre dans le Sud du pays. Situé à la périphérie de Ouargla, ce projet, dont 65 ha ont déjà été aménagés et exploités, a été confié à l’Agence locale de gestion foncière comme promoteur.

Ayant consommé depuis son lancement, en 2000, une enveloppe financière de 800 millions de dinars, il est appelé à constituer un modèle de biodiversité et de parc de distractions pour cette région où de pareils projets font défaut. Selon le directeur de l’Agence foncière locale, Abdelwahab Bertima, ce projet, qui se situe en aval des quartiers et cités de Ouargla longeant la RN 43, est susceptible de constituer le poumon de la ville de par sa biodiversité composée d’une riche flore saharienne et d’une série de lacs, lieux de prédilection d’espèces d’oiseaux.
Evoquant l’importance socioéconomique de cette opération de développement de la région, il a indiqué que la conception de tout plan directeur d’aménagement urbain (PDAU) ne peut occulter les exigences d’une ville moderne, en l’occurrence les aires de jeux et espaces verts, à la satisfaction de la population locale. Le nouveau parc de distraction, ouvert au public depuis le début de l’été—avant sa date initiale—s’est reconverti en cette période, à la faveur du développement qu’a connu ces dernières années la ville, en un lieu de détente et de villégiature après avoir été doté de plusieurs structures pour l’amélioration du cadre de vie des citoyens, dont un jardin public regroupant outre des structures de détente, des kiosques multiservices, pour la plus grande joie des familles.
En dépit du fait que le projet soit encore en cours de réalisation, de nombreuses familles, en quête de fraîcheur et de repos loin des tumultes de la ville et ses murs en béton, s’y rendent chaque soir venu, dès le coucher du soleil. Elles prennent place sur les bancs installés provisoirement au bord des lacs pour profiter de la clémence de la brise nocturne. Ces sorties profitent, également, aux enfants qui s’adonnent, loin de l’exiguïté des sentiers et ruelles, à leurs jeux favoris sous l’œil bienveillant de leurs parents. Des jeunes, privés de soirées nocturnes, convergent aussi vers ce lieu de détente et de loisirs, dont l’achèvement est attendu à Ouargla.
Le directeur de l’Agence foncière a indiqué que d’autres travaux sont menés conjointement avec d’autres secteurs et associations locales, consistant en la mise en terre d’arbres adaptés aux spécificités climatiques de la région, l’aménagement de deux lacs, d’aires de jeux de type matico, d’un hippodrome et de l’ouverture de pistes et autres venelles à l’intérieur du jardin. Cet ambitieux projet prévoit, également, la réalisation d’un centre commercial, d’aires de jeux aussi bien pour les enfants que pour les adultes, de structures hôtelières, d’un théâtre en plein air, dont les travaux devraient être lancés incessamment, et d’un lac artificiel.
Dans le souci d’inscrire ce projet dans la durée, un accord de coopération a été signé entre le promoteur et l’université Kasdi Merbah de Ouargla, prévoyant une coopération dans le domaine logistique et technique et la réalisation de recherches et d’expérimentations scientifiques, selon

M. Bertima

Elwatan.com
Voici des liens pour admirer de fabuleuses photos de jardins botaniques en France, à Montréal et ailleurs
http://www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/menu.htm
http://galerie.jardinbotanique.org/picture.php?/1301/category/18

jeudi 7 août 2008

Farouk Zahi vous propose une ballade à travers Bou Saada


L’Oasis de Bou-Saâda... de la cité médièvale à la garnison coloniale


Si vous êtes à Bou-Saâda et que l’envie de la visiter vous prenne, qu’à cela ne tienne ! Partez de l’hôtel « Transat » et dévalez la petite pente qui conduit au M’seyrah (petit théâtre ou esplanade) appelée aussi, à l’époque coloniale, place « des chameaux ». La pente de droite vous ménera vers « El-Erg » autre accès à l’oued. L’Hôtel Lograda, superbe demeure mauresque disposant d’un jardin suspendu exubérant, agrémente le lieu. Sur la place des chameaux, le défunt Mohamed Benaissa alias « Guizaoui », y tenait commerce avec ses randonnées camelines.
De touristes suissesses ou autrichiennes se plaisaient à s’acheter, momentanément, une frayeur sur la posture baraquée d’un chameau. La procession quittait les lieux à destination des dunes, au nord-est de la palmeraie, là où meurt l’oued. Sa résurgence par puisage se fera au Maâdher, fleuron de l’agriculture moderne. Quand à vous, vous emprunterez, la pente dallée de pierre, qui descend vers l’oued. On l’appelle « Araga », son ascension fait réellement transpirer, pendant la chaude saison. A l’entame de la descente, les senteurs florales vous saisissent, l’odeur rugueuse de la sève du figuier ou l’effluve de la rose sauvage appelée « sueur du prophète ». Les fleurs rouge-oranger du grenadier sont un plaisir pour l’œil, la vigne rampante, gambade de muret en muret. Une tradition atavique, permettait au mitoyen de jouir des fruits du voisin, quand les branches des arbres enjambaient la clôture de l’un ou de l’autre. Le crissement du grillon, strident et lancinant, vous invite à de nouvelles sonorités. Le croassement guttural des grenouilles, jadis hôtes des lieux, ne vous accompagnera plus. Ces batraciens ont été spoliés de leur eau vive qui a cédé la place aux eaux putrides.

Vous traverserez le gué, le parcours ascendant de la rive droite sur quelques mètres, vous fera découvrir l’ancien atelier d’Etienne Alphonse Dinet. La maisonnette surmontée d’une « koubba » construite en mezzanine, livrait par son balcon, une vue imprenable sur l’oued. Cette maisonnette n’existe plus, elle a été emportée par les flots d’une crue impétueuse.
Vous prendrez à votre gauche une côte parée de part et d’autre de jardins fleuris. Au milieu du chemin muletier, se trouve l’ancien moulin à grain des mozabite . La grande aube à l’extérieur du bâtiment, fonctionnait à l’énergie hydraulique, grâce à la trombe d’eau de la Séguia.
Séguiat-Nakhara qui longe la rive droite de l’oued duquel elle est ponctionnée à hauteur du moulin Serguine et sa sœur jumelle, Saguiat-Elkhachba sur la rive gauche, assurent l’irrigation de toute la palmeraie. Le tour d’eau de chaque parcelle, était régenté par une organisation coopérative, où la morale et l’équité jouaient un rôle majeur dans la distribution. Au niveau du moulin, l’eau qui tombait telle une cataracte, faisait tourner l’immense roue pesant plusieurs tonnes. L’axe denté de la roue faisait mouvoir la meule supérieure écrasant le grain sur la meule inférieure.
Mulets et baudets faisaient le pied de grue, dans l’attente de la mouture ensachée dans des contenants en jute pour le blé, ou en poil de chèvre pour l’orge.

En continuant la petite escalade, vous déboucherez sur un belvédère, le cimetière des Ouled Hamida est là. La quiétude et le dénuement des lieux adossés au piémont du mont Kerdada, participent au repos de l’esprit. Nasredine-Dinet converti à l’Islam y est enterré. Il gît sous une Koubba, appelée tombeau de Dinet. Edward Verchavelt autre picturaliste d’origine flamande serait, lui aussi enterré, non loin de là. Converti à l’Islam, il prit femme dans la communauté de la cité. Leurs enfants, un garçon et une fille issus de ce mariage, sont encore parmi nous. Le ciel pâle azuré est d’une pureté presque transparente. Le fond sonore produit par les jacassantes volées de moineaux et d’étourneaux, crée l’enchantement. Le décor, est ainsi planté ! Dans la direction nord, le panorama qui s’offre à la vue est des plus prenants. Le regard embrasse un angle de 180° que nul obstacle ne gêne. Les palmiers élancés ou ce qu’il en reste,surplombent les vergers ombragés, qui couvrent les deux rives de l’oued. Clairsemés de petites maisons, les jardins offrent en été, une relative fraicheur. Au bout du regard, le mont Salat éperonne l’horizon. Le promontoire en forme d’entennoir tronqué tourné vers le bas, appelé billard du colonel Pein pendant la colonisation, trône au milieu de la steppe. Il porte actuellement le nom de Qalat Dhiab (la citadelle de Dhiab). Cette personnalité épique de la geste hilalienne était avec Djazia, les « Tristan et Iseult » de l’hagiographie locale.
Le mont Azzedine en vis à vis, fait une parallèle presque régulière avec le Kerdada. Ils couvent à eux deux, la cité dans un écrin vert et ocre.

Au milieu du tableau, Bordj-Essaâ (la tour de l’horloge) appelée anciennement fort-Cavaignac du nom du sinistre général de la colonisation, compère des généraux Pélissier et de Saint Arnaud initiateurs des enfumades des damnés du Dahra. Cette horloge égrennera le temps qu’aura duré la colonisation. La résistance de Benchabira sera réduite en novembre 1849, soit trois ans avant la réduction des Zaâtcha, par le salpêtre du canon. Plus bas se trouvait l’école des sous-officiers spahis (cavalerie) de l’armée française. Nombreux cadres de l’armée nationale (A.L.N.) auraient fréquenté cette institution et beaucoup d’entre eux l’ont désertée avec armes et bagages. Parmi eux, Lograda Belgacem « l’indochinois » et Slimane Lakehal alias «El Ouahrani ». A gauche, l’ancien hôpital colonial reconnaissable à son acrotère saillant, fait de gros blocs de pierre taillée. Cet hospice plus exactement, portait le nom du Dr Etienne Sergent, dont les travaux sur le typhus et le scorpionisme, ont fait école. A l’extrême gauche, la palmeraie déjà dense fait deviner les moulins Ferrero et en contrebas les moulins Serguine et Belamri, tombés en désuétude depuis longtemps. De proche en proche les deux minarets de la mosquée Cheikh Bachir-El-Ibrahimi, rappelle au visiteur qu’il est en terre d’Islam. Récidive architecturale de Messaoud ben Ziane, l’artisan maçon, elle est la modeste réplique de « Aya Sophia » d’Istamboul.
La démographie galopante qui a induit une « rurbanisation » effrénée a fait surgir d’immenses îlots bâtis, épousant les escarpements du terrain. Les nouveaux quartiers s’appellent Sidi Slimane,Koucha du nom d’un ancien four à chaux, Hai El-Moudjahidine, Maitar et visible au loin, sur la route d’Alger, la nouvelle ville. Hideux conglomérat de cubes, prétendant à la modernité qui jure par son incongruité. Au pied du mont Azzedine, se trouve une petite arrête montagneuse qui comportait à son faîte, une table d’orientation.
Cette table circulaire de plus d’un mètre de diamètre, indiquait toutes les directions : de la Mecque à San-Francisco et de Stockholm au Cap. Cette arrête a cédé sous les coups de boutoir des brise-roches, elle disparaîtra un jour sous le flot d’une bétonnière ou dans le ventre d’un concasseur. C’est inéluctable !

Le beau bâtiment blanc aux boiseries vert-wagon, noyé dans un jardin luxuriant, n’est autre que l’hôtel Kerdada, ex. Transatlantique ex. le Petit Sahara, racheté et ouvert en 1913 par les sœurs Baille, filles d’un prétendu maire de Paris. Le regard glissera ensuite sur les terrasses des Ouled-Hamida, accroché par son minaret typique octogonal, « défi technologique » de deux artisans maçons, natifs du quartier, les défunts Ahmed ben Ameur et Messaoud ben Ziane. En contrebas le quartier des Chorfa et la Koubba de Sidi M’hamed ben Brahim. Le sanctuaire de l’Emir El-Hachemi se trouve dans une venelle reliant la petite place du quartier à l’oued. Au milieu du tableau se dresse le Ksar, constitué de EL-Argoub et Achacha, vieux sites médiévaux, formant le premier noyau citadin. Vers la droite, Djemâa-Ennakhla, reconnaissable par le palmier qui jaillit à son entrée. Cette petite mosquée est l’œuvre du saint-patron de la ville, Sidi-Thameur ben Ahmed venu de Fez dit-on. Elle aurait été construite au début du 16è siècle, au lendemain de l’exode musulman d’Andalousie. L’Hôtel « Le Caid » et l’Institut des techniques hotellières situés aux Mouamine, parachèvent la vue offerte au visiteur. Au loin et à l’extrême droite, les terres agricoles d’El-Madher s’étendent verdoyantes, contrastées par le sable. On dit que sa surface agricole utile serait de 30.000 hectares. Célèbre déjà par sa carotte et sa laitue, il est appelé à devenir la bassin laitier du Hodna.. La route de Biskra serpente entre les dunes et les vergers de cultures de sol. Les dunes jadis culminantes, solidifiées par ensemencement végétal, sont présentement, définitivement fixées. Ces dunes ont servi au tournage de plusieurs films, dont « Le marchand d’esclave » de l’ Italien Anthony Dawson. La poursuite de la ballade, vous fera traverser la Déchra-El-Gueblia, (hameau sud) né probablement, pour les besoins du travail de la terre et la production de lait. Il s’y trouvait, d’importants élevages de bovins.

A hauteur du minaret des Ouled-Hamida, une étroite piste muletière dévale à travers les jardins aux clôtures tortueuses et aux portes grossières, faites de poutres de tronc de palmier. A sa mort le palmier fournit le « Lagmi », jus blanchâtre et sirupeux d’une extrême douceur. Il est tiré du faîte du palmier. Le tronc servira à confectionner des poutres de bois aux multiples usages.
L’étroit gué fait enjamber l’oued vers la rive gauche accessible, cette fois, par quelques marches. La lourde cascade vaporise les gouttelettes d’eau, qui emplissent l’endroit d’une légère brume. C’est Ain-Bensalem, endroit dont la fraîcheur est recherchée en période de canicule. Protégée des regards par une murette de pierre, on s’y « douche » en été. Les enfants barbotent dans son minuscule bassin. La montée de la côte raide aboutit à Sidi -H’mida. Un plan du film de Cécil Blount de Mille « Samson et Dalila » tourné en 1948, faisait remonter cette côte, à Victor Mature. A partir de cet endroit, on aborde la médina. En traversant Haouch-Lihoudi (le mas du juif), lieu colonial de débauche et plus tard de torture, on se dirige directement sur la place des Chorfa. L’unique maison à balcon qui s’y trouve, est celle de El-Aifa, ancienne résidence de l’Emir El-Hachemi et de sa famille. Les jeunes Emirs khaled et Mustapha, enfants adoptifs des Chorfa gambadaient avec leurs camarades du quartier.(1) C’est probablement ici que Chouikh Salah dit « Ghandi » membre du premier bureau politique de l’Etoile Nord Africaine, rencontrait le jeune Emir Khaled. L’illustre père, mort en 1902 est enterré à quelques mètres. Ce lieu historique ne semble pas s’attirer les faveurs des historiens et des conservateurs.

A partir de là, on peut regagner le centre de la ville par la rue des forgerons, où l’art de l’artisanat martial était très développé. On y ferrait les chevaux et façonnait les charrues et les faux. Le couteau bou-saâdi est né dans ses forges à soufflet en peau de chèvre. La mosquée des Chorfa fait la jonction avec les Achacha (huttes ?) et El-Argoub (le promontoire ?).
La vieille mosquée du Ksar rappelle étrangement les mosquées Ibadites. Les ruelles étroites permettant à peine le passage de deux personnes, sont cassées par des encoignures et des impasses. Elles ne sont jamais rectilignes, l’objet qu’elles remplissaient participait probablement d’un souci défensif contre les agressions et les razzias. Beaucoup de quartiers disposaient de portes massives à l’entrée principale, qui étaient closes la nuit tombée. La cité se prémunissait des attaques de tribus bellicistes ou de brigands écumant la steppe.
Longeant la mosquée, une petite rampe descend vers la rue appelée anciennement Rouville. C’était le quartier des ferblantiers et plombiers juifs. Accoutrée à l’arabe, la commununauté juive était placée sous la protection d’un notable. Elle portait toujours le nom de son protecteur.
Pratiquant librement son culte dans une synagogue, dont les vestiges sont toujours présents, cette communauté ne faisait l’objet d’aucune discrimination. Elle le rendit mal à ses hôtes en optant pour le nouveau statut, que lui offrait Crémieux.En descendant à droite, c’est Bab-Loubib, résidence de vieilles familles autochtones et entrée sud des Mouamines. Le parcours aboutit à la mosquée de Sidi-Thameur ou de Ennakhla, plus vieille construction de la médina. Cet ouvrage séculaire, restauré à plusieurs reprises par la seule volonté des riverains, risque de disparaître à jamais, si une action salvatrice de grande envergure, ne vient pas le soustraire à l’injure du temps. Accessible par une tonnelle voûtée, faite de matériaux locaux, la salle de prière d’une simplicité ascétique, inspire le recueillement et la sérénité. Son plafond de bois et ses colonnes étonnent par l’équilibre et l’harmonie des formes. Le mortier de chaux et de sable, protège la brique de terre séchée. Ce matériau doux en hiver et frais en été, permettait de lutter contre les hivers rigoureux et les étés torrides. La main de l’homme est visible à travers le lissage irrégulier des murs ou la grossièreté de la taille du bois. Point de rectitude, tout est fait d’ondulations, une symphonie de formes.

En quittant les lieux, la ruelle se termine par la fontaine éponyme et aboutit à la grande rue des jardins, de récente création. L’armée coloniale créa ainsi cette saignée pour priver les fidaiyne de la protection des jardins. A droite, elle mène vers le « verger du commandant » et au Saf-saf (ex promenade des écoliers) à gauche vers Ennader (la meule de foin). On y trouve un petit cimetière où sont enterrés les membres de quelques vieilles familles du quartier. En remontant la rue on y découvrira Ain-Mouamine, borne fontaine d’une eau pérenne, qui remonterait à des temps immémoriaux. Des jeunes, soucieux de conserver leurs attaches culturelles, ont réhabilité ces deux fontaines.
A gauche, la rue qui monte se subdivise en deux, telle des ciseaux, la branche supérieure est l’ex.rampe Wagner et à son sommet l’église catholique. La branche inférieure est la rue où se trouvait, la maison d’Etienne Dinet. Rachetée et restaurée, elle abrite actuellement le Musée national du même nom. Au bout de cette dernière se trouvait le centre de torture des D.O.P de sinistre mémoire. Cette unité opérationnelle spolia la famille Legoui de son bien patriarcal. Nous sommes au pied de l’ex. Fort Cavaignac, sa butte inférieure est l’actuel sanctuaire de chouhada qui abrite près de 250 sépultures. La petite ruelle de gauche près de la mosquée vous conduira à Rahbat-Mouamine. Pavée de galets, cette place recevait les grandes cérémonies communautaires. Il s’y trouve le plus vieux bain turc, hammam Boughlam. La coupole de sa chambre chaude serait confectionnée, par un magma de plâtre et d’œuf dit-on. L’étroite ruelle, côté sud, vous fera découvrir la mosquée Ibadite, « cachée » dans une échancrure. A partir de là, c’est Rahbat-El-Bayadh. Petite place où un ou deux cafés maures servaient le café turc ou djezoua. Les clients jadis assis sur des nattes d’alfa y jouaient au domino en sirotant leur café djezoua ou leur khordjelan. Le voyageur s’y couchait pour passer la nuit.


Nous sommes maintenant au cœur de la ville, l’ex place du colonel Pein, (encore lui !) est devenue la place des Martyrs. On y a jeté en 1957, les corps de 14 combattants de la liberté. Elle recevait les cirques Amar et Bouglione probablement, à une ou deux reprises à l’orée des années cinquante.
La place, ceinte d’arcades, est le lieu d’échanges commerciaux et de palabres. Ses échoppes gardent quelque survivance des métiers de savetiers, de couturiers et de brodeurs de burnous assis en « tailleur ». Les jours de marché, le médah ou goual s’installaient à même le sol pour chanter les odes épiques des Beni-Hillal. Benamar Bakhti immortalisa cette image, à travers le rôle que joua Athmane Ariout dans « le clandestin ». Les sons de la viole ou de la flûte se sont estompés sous la cacophonie des mégaphones et des chaînes stéréophoniques. Ce lieu historique a constitué la ligne de démarcation entre l’Orient musulman et l’Occident chrétien, représentés localement par la médina et le quartier européen. La première école française implantée par le cercle militaire vit le jour en 1855. L’officier chargé de ce cercle réclamait l’école française pour contrecarrer « l’ecole des talebs » qui , disait il, ne faisait que retarder la pénétration coloniale. Elle été justement implantée là, pas loin de la garnison et ce n’était pas innocent ! Elle portera plus tard, le nom de Lucien Challon, ancien directeur de la même école. Elle porte présentement le nom du saint patron de la ville. Son cours complémentaire, eut un illustre élève en la personne du défunt Mohamed Boudiaf, père historique de la Révolution armée. Il était hébérgé chez sa famille maternelle des Labadi.


A suivre
Farouk Zahi
publié le 25/02/08 dans le Quotidien d'Oran;;;

jeudi 31 juillet 2008

Le premier normalien algérien serait-il un Bousaadi?









LES PIONNIERS DE L’ENSEIGNEMENT A BOUSAADA


Voila plus de deux ans que nous avons fêté le 150ème anniversaire de l’école Challon (aujourd’hui sidi Thameur). Les anciens élèves dont certains ont même été enseignants dans cet établissement qui les a vu grandir, gardent de ces deux journées un souvenir émouvant. Ils ont pu se remémorer des souvenirs d’enfance, rencontrer certains d’entre eux qu ils n’ont pas vu depuis de longues années.
Nous avions alors honoré les doyens de nos instituteurs, ceux-là qui ont défié l’occupant, ces indigènes qui ont investi l’Ecole Normale de Bouzaréah et qui ont enseigné dans plusieurs régions du pays. Ils avaient alors bravé toutes les difficultés, le transport entre autres, pour aller prodiguer le savoir à leurs concitoyens. Ces doyens, pionniers du savoir dont j’ai pu recueillir le parcours, méritent tous les honneurs.


Le doyen des enseignants Bousaadi ou peut être d’Algérie formé à Bouzaréah (ENIB) serait MR BAIOD ATTIA. Il a été admis sur concours lors de l’ouverture de l’établissement en 1865. Ils étaient seulement trois algériens sur une trentaine d’Européens. (Voir site http://www.bouzarea.org/).
Je n’ai pas pu trouver de traces sur son parcours, mais j’ai su qu’il s’était converti par la suite en interprète judiciaire. Il s’est marié à Constantine et y a élu domicile.

Le second Mr CHERIF Madani, promotion 1879/1882. Il a enseigné dans la région de Tizi ouzou puis à Bousaada. Admis comme enseignant à l’école d’interprétariat de Constantine il a exercé cette fonction jusqu’à son admission à la retraite.

Ces deux pionniers furent rejoints par une quinzaine d’autres au fil des années. Vous trouverez ci après le parcours de chacun .

1/ CEMISSA AHMED ben JERIDI né le 03/3/1876 ; il a été admis au cours normal de Bouzaréah de 1891 à 1894. Il est nommé à Maamras, puis à Rahmane en 1898 puis à BouSaada en 1900 ; Duperré en1907, Aumale en 1910 ; Ouled khaled en 1913 enfin à BouSaada en 1916. Il obtient son B.E et le C.A.P et fut décoré du NICHANE IFTIKHAR .Admis à la retraite en 1934.

2/ CHENNOUF ALI, né le 28/10/1877 à BouSaada. Admis au cours normal de Bouzaréah de 1891 à 1894. Il est nommé le 11/01/1895à Elhamel (BouSaada)
Puis à Ouled Khaled en 1896 ; Elhammame en 1898 et enfin à Bousaada en 1909.



3/ CHENNOUF Moussa, né le26/3/1875 à BouSaada. Admis à l’Ecole Normale de Bouzaréah de 1893 à1896 .Titulaire du C.E.P et du B.E (1893et1897) et du C.A.P en 1895. Il a été nommé successivement à Brarcha (Tebessa) en1898 ; Ras El Ain(Sedrata) 1899 ; Guelaa (Akbou) de 1899 à 1902 . Eddis 1902 à 1918 date à laquelle il fut muté à BouSaada jusqu’à son admission à la retraite en 1939.

4/BENAZIEZ Mohamed dit Benelmehdi né en 1894 à Bousaada. Admis au cours normal de Bouzaréah de 1914 à 1921 puis à Dréat de 1917 à 1925 ensuite à Eddis de 1925 à 1931 et enfin à Bousaada à partir de 1931 jusqu’à son admission à la retraite.

5/KIRECHE Ahmed Ben Jeddou : Admis au cours normal de Bouzaréah de 1923 à 1926, il est nommé à Sidi Ahmed en 1926 puis à Djelfa de 1926 à 1929 il fut ensuite nommé à Bousaada de 1929 à 1930 et enfin il devient professeur à Blida à partir de 1930. Agrégé es LETTRES, il a été fondateur de la mosquée d’El BIAR et de l’école supérieure d’interprétariat d’Alger.

6/BISKER AISSA, né le 08/01/1908 à Bousaada. Admis à l’école normale de Bouzaréah de 1926 à 1929, il fut nommé en 1929 à Ain boucif (Médéa) puis en 1930 à Tahir (Jijel) ensuite à Eddis (Bousaada) de 1931 à 1936 ; il fut muté à Bousaada de 1936 à 1940 ensuite à Alger (école Sarouy Casbah) de 1940 à 1947 et enfin il fut nommé directeur de l’école Challon jusqu’en 1957, date de son exil vers la Tunisie pour activités politiques (1). Entre 1962 et 1965 il occupa successivement les postes de Maire de Bousaada, chef de daïra de Ksar Chellala, puis directeur central successivement au ministère de l’intérieur et celui des affaires religieuses. Il fut le fondateur et le directeur de l’institut islamique de Bousaada poste qu’il occupa jusqu’à sa retraite.

7/KIRECHE Mohamed Ben djeddou né le 30/04/1918 à Bousaada, recruté sur cadre spécial. Il fut nommé à l’école Djurdjura mixte en 1940 ( Alger) en 1942, Maillot en 1945 puis à Eddis (Bousaada) en 1947, et enfin à Bousaada en 1948. Il fut nommé directeur d’école jusqu’à son admission à la retraite. Il est aussi auteur de recherches sur la Météo et le changement climatique.

8/ELBOUTI Mohamed Ben saci né en 1913 à Bousaada. Admis à l’école normale de Bouzaréah de 1932 à 1935, il fut nommé à Sidi Aissa en 1935 puis à Bousaada (annexes) en 1938 en suite à Bousaada ville en 1946. Il fut promu directeur d’école (Alger) jusqu’à son admission à la retraite.

9/ABDELATIF Messaoud dit Abdelkader né en 1916 à El Hamel. Admis à l’école normal de Bouzaréah de 1935 à 1938, il fut nommé le 22/09/1938 à FELIX FAURE puis à Sidi Aissa et El Hamel. Il fut affecté à Bousaada en 1946.

10/ABDELATIF Thameur né en 1916 à Bousaada. Admis à l’école normale de Bouzaréah de 1935 à 1938, il fut nommé à Ain Bessam en 1938, il est muté à Birghebalou puis à Bousaada en 1947 pour terminer sa carrière à Sidi Aissa.

11/BAIOD AISSA né en 1919 à Bousaada. Il est admis à l’école normale de Bouzaréah de 1939 à 1942, nommé successivement à Larbaa Nathirathen , Sidi Aissa puis à Bousaada jusqu’en 1957 date de son expulsion pour activités politiques. Il se fixe alors à Alger et occupe le poste de directeur de CEM. Militant engagé, il est fondateur de la MUNATEC et de la MAATEC. Si Aissa est toujours vivant que Dieu le garde en vie.

12/BENSELAMA LARBI, né en 1908. Elève de la Médersa d’Alger, il est titulaire du diplôme DESM en 1932. Nommé comme mouderres en 1934 à Sidi Aissa puis à Aumale enfin à Bousaada ou il enseigna l’Arabe au CEM, jusqu'à son admission à la retraite.

13/LARAF ALI, né le 25/10/1925 à El Hamel. Titulaire du BE en 1946 et du CAP en 1950, nommé 1947. Il est muté à Bousaada en 1951. Il poursuivit des études supérieures et obtient un doctorat. Si Ali est toujours en vie que Dieu le garde en vie.

14/BENRAAD ABDELKADER, né en 1928 à Bousaada. Elève de la Medersa, il est titulaire du diplôme de fin d’études (DIESI). Il est nommé en 1952 à Bousaada. Devenu inspecteur de l’enseignement primaire de la Daïra de Bousaada, il participe activement à l’épanouissement du secteur éducatif ; ensuite il est promu inspecteur d’académie successivement à Médéa, M’sila, Djelfa. Il a terminé sa carrière en tant qu’ inspecteur général auprès du ministère de l’éducation.

15/KADI MAHFOUD né en 1935 à Ain bessam. Titulaire de BEAC en 1953, il est admis à suivre un stage à l’école normale de Bouzaréah. Il est nommé en 1956 ; il rejoint son poste de Bousaada en 1957. Directeur d’école à Bousaada jusqu'à son admission à la retraite, Si Mahfoud est toujours en vie que Dieu le garde en vie.

Il est à noter que je me suis limité dans cette première partie à citer les enseignants qui ont exercé à l’école Challon durant la période allant de 1856/57 à 1956/57. La commémoration du centenaire qui devait avoir lieu cette année a été annulée, alors, en raison des évènements liés à la révolution.

La deuxième partie sera consacrée à ces évènements et aux instituteurs ayant exercé durant la même période dans d’autres écoles de la ville et à ceux de nos frères venus d’autres régions du pays.

A suivre…
Dr Labadi Noureddine


Correctifs: Bayod Atya est probablement le 9ème (1ér rang de G. à Dr.). 1866

A droite de Mouloud Féraoun (3ème R,5ème) , probablement Mohamed El Bouti (1932-1935)

(1) Les festivités prévues pour commémorer le centenaire de l'école furent annulées par l’Inspecteur de la circonscription (correspondance datée du mois d’avril de la même année et ce, suite à des évènements liés à la Révolution dans la région( embuscades , attentats, etc.….) Mais apparemment ce n’est pas la seule raison ; la véritable raison serait la décision des autorités militaires et administratives de la ville, d’expulser Mr Aissa Bisker (Directeur), de radier Mr Baiod Aissa et de proposer une sanction à l’encontre de Mme Lanusse (citoyenne Française) à la fin de l’année scolaire. Cette décision a été motivée par un rapport de police les accusant de soutient à la révolution. La dite décision a alors provoqué un mécontentement général des élèves et des enseignants. Ce jour là et pour la première fois, les élèves de toute l’école entonnaient l’hymne « Min Jibalina », au moment où les policiers conduisaient Mr Bisker. L’école fut par la suite évacuée afin d’étouffer le mouvement


mercredi 23 juillet 2008

La tradition orale: un patrimoine à sauvegarder d'urgence avant sa disparition définitive


Rachid Bellil (Sociologue et chercheur au CNRPAH à Alger):



Tout ce qui est populaire est dévalorisé



Sociologue et chercheur au Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH), Rachid Bellil aborde dans cet entretien le thème de la littérature orale. Celle-ci est à la fois acte et discours qui mettent en lumière la réflexion de la société sur elle-même et son système de représentation à un moment donné de son existence. Cependant, la société vit des mutations, d’où le risque de disparition de cette littérature.

Quelle est aujourd’hui la place de la littérature orale dans la recherche scientifique en Algérie ?
Elle est marginale. A titre de rappel, les travaux de recherches en la matière ont commencé à l’époque coloniale. Des militaires, linguistes et pères-blancs se sont investis dans ce domaine. Ces derniers ont joué un grand rôle. Durant cette même période, des Algériens à l’exemple de Belkassem Ben Sedira, Si Amar Bensaïd Boulifa et Mouloud Feraoun ont exploré ce champ d’expression littéraire. A l’époque, des recueils et corpus sont publiés. Ils sont consacrés aux contes, poésie, récits historiques, ethnographiques, hagiographiques. Ils sont importants pour des études linguistiques, ethnographiques et anthropologiques.Cependant, il faut distinguer entre littérature orale et traditions orales. Celles-ci renvoient à l’ethnographie. Elles servent, entre autres, aux études sur un village ou une tribu. La littérature orale comprend pour l’essentiel les contes et la poésie ; on y trouve aussi des légendes. Néanmoins, les deux domaines s’interpénètrent. On peut trouver des traditions orales dans des poèmes. Après l’indépendance, la littérature orale algérienne est marginalisée, frappée d’ostracisme, méprisée, parce qu’on privilégie la culture savante et écrite. Les chercheurs algériens qui s’intéressent à ce domaine ne sont pas nombreux. Des productions sur la littérature orale amazighe ont vu le jour. Elles sont de moindre importance concernant la littérature orale arabe qui est considérée comme sous-culture, une forme dégradée de l’arabe classique, elle est dévalorisée sur le plan idéologique. Tout ce qui est populaire est dévalorisé. On se retrouve face à un paradoxe dans notre société : d’une part, on use d’une idéologie populiste et de l’autre, la culture populaire est dévalorisée.Il y avait des chercheurs qui travaillaient en dehors des institutions officielles. Au niveau institutionnel, il y avait le Centre de recherches anthropologiques, préhistoriques et ethnographiques (CRAPE) devenu aujourd’hui le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH). Initialement, le CRAPE est plus porté sur la l’archéologie, la préhistoire et l’ethnographie. C’est Mouloud Mammeri qui a introduit au centre la recherche sur la littérature orale, la linguistique et l’histoire orale. Sur ce dernier volet, on peut citer les travaux de Melha Benbrahem qui a recueilli des poèmes sur la résistance populaire au colonialisme pour les étudier ensuite. Mammeri avait aussi formé une jeune équipe de chercheurs algériens. Comme il avait travaillé avec des chercheurs étrangers. Après son départ à la retraite, en 1979, la recherche sur la littérature orale a périclité.
Un des critères de la littérature orale consiste en le contact entre le créateur ou le transmetteur et l’auditeur. C’est ce qu’on ne trouve pas dans cette littérature une fois passée à l’écrit ou à l’audiovisuel. Est-ce une lacune ? Si c’est le cas, comment y remédier ?
C’est une lacune en effet. Le locuteur, le producteur, celui qui transmet est en interaction avec l’auditeur ou le public. Il existe des conditions de transmission de la littérature orale. Ce sont entre autres des conditions physiques et corporelles. Il y a aussi le contexte et l’espace. Si on est dans une assemblée du village, celui qui transmet doit maîtriser un style bien déterminé. Au champ, entre bergers, les poèmes qui se récitent, on ne peut pas les faire entendre au village où le transmetteur est sous les contraintes sociales. Entre bergers, loin du village, il y a la liberté. Dans un mausolée, il y a des circonstances qui imposent la production littéraire. La littérature orale est une littérature de groupe et de communauté. Le producteur n’est pas seul. Aussi, on ne paie pas un poète pour créer ou réciter des poèmes. C’est un cas de figure exclu. Quand on est doté d’un support neutre à l’exemple de l’audio-visuel, on consomme individuellement. Le média est neutre. C’est comme si on lit un livre. Mais on peut l’écouter en groupe. Qui dit littérature renvoie à l’écriture, mais cela n’empêche pas de parler de littérature orale. N’est-ce pas un paradoxe ? Ce sont des termes contradictoires utilisés dans le but de produire des corpus. Tant que la communauté pratique son oralité, elle n’éprouve pas le besoin d’écrire. Celui-ci vient du fait qu’elle est en contact avec la civilisation de l’écrit, la domination, lesquelles suscitent la peur de disparaître. C’est une situation défensive. On prend l’arme du dominant, l’écrit, pour sauver ses propres culture et littérature. L’usage qu’on faisait de l’Islam est oral. Pourtant, il y avait des lettrés qui vivaient dans deux mondes. Ils interviennent à un moment donné par l’écrit pour rédiger un acte par exemple, mais ils peuvent participer à la production et à la transmission de la littérature orale. L’anthropologue anglais Jack Goody parle dans ces cas d’un usage restreint de l’écrit. Quand le pouvoir central domine, la communauté use du passage à l’écrit pour sauvegarder son patrimoine. Ensuite, elle revendique le passage à l’écrit en demandant l’institutionnalisation de sa langue, ses littérature et traditions orales. Elles tiennent aussi à ce qu’elles soient enseignées. Les initiateurs de telles idées relèvent d’une élite. Ils sont les plus acculturés par rapport à leur communauté. Ils se situent à l’extérieur de celle-ci. La transmission est altérée par le fait qu’ils ont intégré la culture de l’autre. Quand on baigne dans la culture de l’autre, on sent le danger qui menace la sienne. C’est par le biais de l’acculturation qu’on peut prendre conscience de la fragilité de sa propre culture. L’acculturation en tant que processus historique de mise en relation forcée avec l’autre, c’est-à-dire le dominant, ceux qui l’ont vécu le considèrent comme un phénomène profondément négatif. C’est la destruction de soi. L’acculturation confronte l’individu à l’autre (le dominant) qui le pousse à s’intégrer dans sa culture. Le dominé prend conscience de la nécessité de puiser de l’autre les instruments nécessaires pour sauvegarder sa culture. La situation de domination culturelle et d’acculturation permet de mettre à la disposition du dominé, de l’acculturé, « une boîte à outils », entre autres, l’écriture, l’enseignement et la recherche. Néanmoins, il y a des dominés qui vivent leur situation d’acculturation rongés par des sentiments culpabilisants. Ce qui peut l’orienter vers une espèce de rejet de l’autre. Alors, ils s’interdisent l’accès à cette boîte à outils. Comme disait Mammeri : « Quand l’être nié se crispe sur tout ce qu’il croit être lui, il se condamne à l’hibernation. » Or, « on ne ressuscite pas les horizons perdus, ce qu’il faut, c’est définir les horizons nouveaux. »
La littérature orale fait partie du système de représentations de la société qui l’exprime. Celle-ci vit des mutations permanentes et multidimensionnelles. Que deviennent en conséquence ces représentations ? Sont-elles condamnées à disparaître ?
Le conte est multifonctionnel. Il est transmis aux enfants. Mais quand la socialisation de l’enfant ne relève pas de la famille, une des fonctions du conte disparaît. A partir du moment où les parents et les enfants sont socialisés dans l’école, le transmetteur du savoir est dévalorisé. Sous l’effet de la religion, Les Zénètes de Gourara disent : « Les contes sont des mensonges, Dieu n’aime pas les mensonges. Donc, Dieu n’aime pas les contes. »Et comme on est croyant, on ne croit pas aux contes. Il s’agit d’une dévalorisation symbolique avec des effets réels. Le conteur est ainsi marginalisé. Son statut est dévalorisé. Que faudrait-il faire alors pour sauver de la disparition le patrimoine oral ? L’écrit permet la conservation de la littérature orale et la circulation de ce patrimoine sans la présence physique du producteur. Elle est consommée individuellement et collectivement. Le théâtre, le cinéma, la musique peuvent jouer ce rôle de conservation et de transmission. Chez nous, ce sont les musiciens qui assument ce rôle, vu il me semble la présence physique des deux côtés, à savoir, l’artiste et le public. Les gens sont indifférents aux livres, mais déboursent de l’argent pour assister à un gala artistique.
Quelle est la dimension fonctionnelle de la littérature orale ?
Les contes constituent une production dont on ne connaît pas les auteurs, on ne cherche pas à les connaître. C’est une production collective destinée à la collectivité. La fonction consiste à transmettre un savoir et des valeurs intériorisés par la communauté. Dans la poésie, on trouve des productions d’anonymes. Il y a aussi des créations attribuées à des poètes qui ont un statut de référence. Le poème est composé sur un modèle fixe. C’est ce qu’on constate dans les neuvains de Si Mohand U M’hand. Il y a entre-temps des poèmes composés sur des poèmes déjà créés. On y ajoute ou soustrait des vers, des mots. L’ajout passe par le filtre du contrôle social pour voir si la création ne s’attaque pas aux représentations sociales. On constate que même le groupe peut supprimer des vers ou des mots d’un texte. Mais dans le milieu des bergers et des femmes, on compose des poèmes qui transgressent les normes sociales, abordent des sujets tabous. Leurs auteurs trouvent toujours des moments, un espace, un auditoire pour les réciter. Le patrimoine oral ne reflète-t-il pas du moins en partie les structures de la société qui l’exprime à un moment donné de son existence ? Dans la littérature orale, les valeurs sont produites et reproduites sans volonté délibérée, consciente de sauvegarder ou d’être fidèle aux valeurs du groupe. L’orchestre connaît la musique. Chacun joue sa partition, sans l’intervention d’un chef d’orchestre. Chacun a intériorisé les valeurs, normes et morales sociales. C’est ce qu’on appelle socialisation dans ce type de société orale. Pierre Bourdieu disait en ce sens que « la société orale est une société qui joue sans chef d’orchestre ».

Par Amnay idir


Elwatan.com du 23 Juillet 2008

mercredi 9 juillet 2008

Les superbes vergers d'El Maadher seraient-ils menacés par la sécheresse?



Irrigation agricole à M’sila: Les vergers menacés de disparition


La sécheresse conjuguée à l’ interdiction de toute réalisation de forage sur tout le territoire de la wilaya, a généré une situation désastreuse pour les fellahs, notamment ceux qui se sont investis dans le programme agricole financé par le FNRDA.
Les plus touchés de ces fellahs, sont ceux dont les forages se sont effondrés ou asséchés durant cette dernière période et qui ont vu leur verger dépérir à vue d’œil, sans pouvoir faire quoi que ce soit sinon attendre indéfiniment le bon vouloir des autorités de la wilaya. Cette situation est en passe d’engendrer de fait la mort lente et certaine de la majorité, pour ne pas dire de la totalité des vergers qui a été réalisée dans le cadre du Fonds national de régulation et de développement agricole (FNRDA).Ce sont, pour la plupart des vergers réalisés depuis 2000 et dont la superficie cumulée à ce jour s’élève à 7800 ha, qui semblent être menacés de dépérissement.
« L’effondrement des puits a été engendré sous le double effet de la sécheresse et des mauvaises réalisations des forages, dira le DHW, Lebgaâ Moussa, par le fait, d’une part, que le niveau de la nappe s’est abaissée à un niveau atteignant 40m, et d’autre part, que les matériaux utilisés dans la réalisation des forages (tubage en plastique et tôles minces) n’avaient pas résisté à la pression. » Pour pallier cette contraignante situation, les fellahs touchés n’ont eu d’autre solution, face à l’interdiction des forages, que de formuler une demande auprès de la direction de l’hydraulique. « Pas moins de 3000 demandes de forages, dont 400 de remplacement, dira le DHW, ont été enregistrés depuis la décision du wali d’interdire les forages, en février 2005. » Si interdire tout forage, selon les termes de l’arrêté n° 194 du 27 février 2005 du wali de M’sila, équivaut, dans un contexte de sécheresse et d’une surexploitation des eaux souterraines, à une nécessité impérieuse pour la protection des champs captant d’AEP, il n’empêche que cette interdiction met également en péril le programme national de développement agricole (PNDA), à travers le FNRDA lancé en 2000 et dont le montant des investissements cumulés au 19 mars 2008 dans cette wilaya a atteint plus de 88 milliards DA.
Cette situation est la conséquence de la surexploitation de la nappe depuis l’avènement du FNRDA en 2000, qui a permis l’octroi d’autorisations de fonçage à un rythme sans précédent jusqu’à 2300 forages durant 4 ans, engendrant après coup le rabattement de la nappe dont le niveau a oscillé entre 10m et 40 m. La sonnette d’alarme a été tirée en mars 2002, à la suite d’une étude élaborée à cette époque par l’ANRH, concluant qu’il y avait surexploitation de la nappe à un taux estimé 236% (El Watan du 14 mars 2002). D’autres indices étaient révélateurs de cette surexploitation, ils se résumaient en la diminution, voire la disparition du phénomène de l’artésianisme et de l’assèchement des forages, notamment les puits traditionnels ne dépassant pas 50 m et de l’augmentation de la teneur de certains composants, notamment les nitrates qui ont affecté foncièrement la qualité de l’eau.
Devant la gravité de la situation, le wali de M’sila avait pris la décision, à travers l’arrêté n° 194 du 27 février 2005, de procéder à la protection de la ressource en eau souterraine en interdisant strictement toute implantation de forages autres que ceux destinés à l’AEP dans les 6 périmètres que compte la wilaya, mais sans tenir compte du volume d’investissement consenti par les fellahs dans le cadre du FNRDA ni de la menace de dépérissement de milliers d’hectares de vergers dont la majorité sont productifs.
Les fellahs les plus touchés ne s’embarrassent pas de braver les interdits pour creuser des puits de remplacement afin de tenter de sauver leur verger. 24 forages illicites ont été enregistres à ce jour au niveau de cette wilaya, les auteurs ont été traduits devant la justice par la DHW.
S. Ghellab

elwatan.com du 9 Juillet 2008

lundi 7 juillet 2008

Et Bou Saada ?

Les jeunes se préparent déjà à l’édition de Alhan oua chabab


En prévision de la prochaine édition de Alhan oua chabab et dans l’attente du passage de la caravane de sélection dans la wilaya de M’sila, prévu pour cette semaine, l’association Ouissam de la culture et des arts a eu l’initiative de préparer 23 candidats au concours de sélection, sous la houlette de chanteurs professionnels et des professeurs de musique. Depuis un mois, l’association s’est attelée à organiser soi-disant un stage bloqué à la bibliothèque municipale, à multiplier les répétitions pour être au top le jour du rendez-vous. M.Samir Maârouf, président de l’association a eu cette idée pour représenter sa ville, voire même sa wilaya dignement, comme l’ont fait honorablement lors de la précédente édition Daoud et Zighem qu’on a suivis à la télévision, deux candidats choisis de la wilaya de M’sila. A savoir que l’association a ouvert des classes de musique composées de 60 élèves, une première dans la wilaya.
A. LAÏDI
lexpressiondz.com du 7 Juillet 2008

jeudi 3 juillet 2008

La danse est aussi un art qui fait partie de la mémoire collective


M’sila tient à ses chorégraphies traditionnelles


El oudja, el saâdaoui et autre el kaïdi, sont des danses du Hodna où se marient les harmoniques dans un art séculaire.
Dans toute la région du Hodna, il est des curiosités artistiques traditionnelles comme celle - la plus répandue - où l’homme et le cheval s’associent pour exécuter une danse nommée el oudja dans laquelle le cavalier fait faire à sa monture une panoplie d’exercices bien rythmés par les sons d’el ghaïta et du bendir.Pour les gens au fait de cet art séculaire, qui fait surtout valoir le niveau de maîtrise de l’animal par l’homme, la danse en question est typique des traditions équestres de fantasia et se déroule surtout pendant les grandes occasions locales et les fêtes nuptiales. Elle est l’apanage d’un nombre assez réduit de chevaliers bien connus dans la wilaya de M’sila et auxquels on fait appel pour les besoins des grandes manifestations privées ou publiques. El kaïdi, c’est l’autre danse bien connue dans la région et qui est la représentation d’un affrontement entre deux clans - plusieurs danseurs et danseuses opposés - exhibant leur puissance et leur virilité d’«adversaires» du moment. Dans les régions de Boussaâda et du sud de M’Sila, une autre chorégraphie populaire, le saâdaoui, un peu en voie d’extinction, est exécutée pour célébrer les moissons-battages. A la fin d’une dure journée de travail dans les champs, hommes et femmes se mettent face à face, formant deux rangées bien distinctes pour effectuer un mouvement d’ensemble à pas cadencés, alternativement mains et pieds levés, la palme de l’élégance dans l’harmonie revenant aux femmes et celle de la rigueur collective à leurs camarades hommes. Selon une tradition orale bien établie, la danse exprime, simplement et dans la bonne humeur, la solidarité dans le travail et la parité entre les deux sexes dans l’exécution des tâches quotidiennes et dans la vie tout court.Mais selon les initiés, la seule danse qui ait conservé son entière authenticité est el oudja, l’apanage de quelques initiés qui pérennisent cette chorégraphie, partie intégrante des traditions équestres de la région. La danse saâdaoui n’aurait plus la même présence que durant les années 1950 et 1960 et ce, pour diverses raisons, notamment le fait que les moissons ne sont plus effectuées manuellement mais avec des moyens mécaniques lourds.Promue «danse des fêtes», el laïdi semble mieux résister et sort même du cercle limité des cérémonies de mariage pour s’étendre à l’animation dans les hôtels et les salles de spectacle.On y a même introduit plusieurs modifications pour adapter ses formes et ses expressions aux exigences du spectacle et du show-business, regrettent les adeptes du maintien des représentations artistiques dans leurs formes originelles. Jadis exécutées dans la rue non pas par des troupes organisées mais par des individus qui en ont hérité la gestuelle codifiée, transmise ainsi de père en fils, ces deux dernières danses «ont fini par devenir une marchandise que des négociants de l’art écoulent sans se soucier du coup ainsi porté à l’authenticité de ces expressions artistiques populaires», déplorent d’anciens danseurs. L’artiste-peintre Etienne Dinet a immortalisé par son pinceau certains de ces spectacles. Sa toile Khedra représente une danseuse des Ouled Naïl, mains au ciel dansant très probablement le saâdaoui ou el kaïdi. A en croire des milieux populaires, bien d’autres danses existaient dans le Hodna et pratiquement chaque village possédait ses traditions chorégraphiques qui le différenciaient légèrement des autres, mais qui ont fini par se rejoindre puis se perdre avec le temps. Ce folklore local était plus ou moins valorisé durant les années 1960 et jusqu’à la fin des années 1980 en raison du dynamisme touristique qu’a connu la région pendant cette période.La demande d’alors sur ces spectacles avait suscité la création de plusieurs troupes folkloriques, heureusement restées encore aujourd’hui plus ou moins fidèles à ces traditions artistiques du patrimoine culturel local.
R.C
Lexpression.com du 3 Juillet 2008

mardi 1 juillet 2008

Il est paraît-il des terres brulées donnant plus de blé qu'un meilleur Avril




A Bou Saada, le fait culturel sort-il enfin de l’ornière ?



Le dernier rallye des Harley Davidson qui en était à sa deuxième édition semblerait, en toute apparence, n’être qu’une compétition de sport mécanisé. Oh que non ! Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une manifestation d’ordre culturel. Ce deal entre l’homme et son « mustang » raconte l’épopée des hippies qui a brisé les barrières de l’ordre établi, entonnant ainsi le chant du cygne de la civilisation des cols blancs. La Harley Davidson symbolise ainsi un fait qui ne présageait pas d’être culturel un jour. Dans ce sillage, on pourrait aujourd’hui, faire de l’adaptation en appelant par exemple à des compétitions du genre vieux taxis ou autre vieux autocars qui faisaient jadis les marchés hebdomadaires.
A ce propos , en Algérie et jusqu’à une époque peu lointaine, le marché hebdomadaire ambulant, pourvoyait à tous les besoins de consommation y compris culturels ; le médah et le goual étaient en bonne place. Les spectateurs, parmi eux beaucoup de démunis, se ressourçaient culturellement à l’œil . Ils engrangeaient les contes ou légendes de Djazia des benou Hillal, de Racheda ou de Antar El Absi. Cette culture populaire qui, certes, édulcorait des faits d’armes ou des idylles romanesques, n’en participait pas moins à l’éveil de la curiosité au merveilleux et à la recherche prospective de repères identitaires.
La matière culturelle est à fleur de sol, il suffit de la dépoussiérer. Une agglomération anciennement oasienne comme Bou Saada, recèle à elle seule les trésors d’une double culture ; l’une acquise lors de la présence coloniale et l’autre originelle qui a su traverser le temps. L’inventaire du patrimoine immatériel aide à la compréhension du passé et peut encourager la créativité . La communauté d’alors a su transmettre ; l’élément social actuel qui a su capitaliser veut aussi marquer son temps de son empreinte.
Dans ce contexte, rappelons que le premier cercle culturel de Bou Saada se constitua autour de l’Emir El Hachemi ibn Abdelkader El Hassani El Djazairi. Ce dernier recommanda à son fils qui souhaitait revenir en Algérie de « Se rendre à Bou Saada où il gardait toujours des amis parmi les Cherif et les Bisker »(1). En dépit de son handicap visuel, il enseigna à ses congénères colonisés et placés dans le cachot de l’ignorance les préceptes de la langue arabe et de la Chari’a. On peut aussi citer, parmi les précurseurs de l’intelligentsia locale à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème , Madani Chérif et les frères Moussa et Ali ben Chenouf ou encore Chemissa, premiers normaliens suivis bien plus tard par Aissa Bisker, Aissa Baiod, Benaziez, Bouti, Laraf ou encore Abdelatif et Kirèche. Benraâd et Chenaf furent les derniers médersiens de la première moitié des années cinquante. Ahmed ben Djeddou fut l’un des premiers enseignants d’arabe de l’université d’Alger.
Dans le registre des sciences islamiques on peut citer Belkacem El Hafnaoui et Abderrahmane Eddissi, aînés de Cheikh Abderrahmane Djillali. Muphtis et théologiens, ils ont marqué par leur érudition les cercles religieux d’Alger. Brahim Markhouf décédé en 1994, aveugle dès son jeune âge, reçut l’enseignement des sciences du Coran d’un maître non voyant lui-même qui lui disait : « Tu es l’outre et je suis l’entonnoir….à toi de contenir ».Le défunt Ammar ben Madani, non voyant lui aussi, fut le conservateur incontesté de la mémoire collective, il ne sera jamais remplacé. Le dicton africain qui dit : quand un vieux disparaît c’est tout une bibliothèque qui brûle ! s’il venait à être vérifié, ne peut l’être que pour ce grand personnage. Ahmed Boudiaf, un moudjahid au fait de l’initiative touristique tente, aujourd’hui, de conserver les reliques d’un passé pour qu’il n’échappe pas à l’érosion.
Les années quarante furent aussi marquées par l’intense activité du Cercle de la fraternité de l’Association des Oulémas qui prit sous sa protection « Faoudj El Fadhila » l’association des scouts musulmans créée par Ali Abdelkrim, Hamida Abdelkader,Bachir Ouali, Ali Guéhoueche, Tayar et bien d’autres. C’est ainsi que le théâtre et la musique firent leur entrée dans la cité par le biais de ce mouvement scout naissant. Khelifa Belkacem condisciple de El Hadj el Anka et disparu prématurément était issu de cette communauté ; il ouvrit la voie à B’sisa Brahim et Agoug Aissa qui excellaient dans le bédouin. Sans oublier la notoriété de l’immense Smain El Bousaadi qui, à la fin des années quarante et après El Hadj Benkhlifa (l’oncle de Khlifi Ahmed), fit connaître au monde la chanson dédiée à Hayzia .
Malheureusement, les années de feu mirent un bémol à toute activité culturelle induisant l’éveil nationaliste. A l’indépendance et sous la houlette de Ouali et Boughlam, le scoutisme renaissait de ses cendres. Mustapha Zemirli, âgé alors de 20 ans à peine, reconstitua avec Larbi Ayata et le défunt Abdelkader Delaoui la chorale composée de boy-scouts et de girls scouts, une audacieuse avancée dans l’émancipation de la femme dans un milieu réputé conservateur. Conservateur dites vous ? Que non ! Hadj Zerrouk Khalifa ne créa-t- il pas la première medersa mixte dans les années quarante ? Cette chorale post indépendance fut sollicitée de toutes parts.
Les années soixante dix furent, elles, marquées par une intense activité culturelle allant des fantasias à la fête du burnous et autres manifestations. Les jeunes, regroupés dans des cercles informels, organisèrent des randonnées motorisées vers Ain Brahim (Mostaganémois), Zemmouri ou Aokas (côte Bougiote). A cette même époque l’un des premiers pilotes de ligne obtint son premier brevet à l’aéroclub de Ain Eddis ; de ce site il ne subsiste actuellement que l’épave d’un coucou gisant près du hangar. L’auberge de jeunes dirigée par El Bahi et Ziane apprit aux jeunes à monter une radio amateur ; c’est ainsi qu’un de ses membres fut le premier à annoncer au monde entier le séisme d’Al Asnam d’octobre 80 ! Le théâtre amateur quant à lui, il y connut ses heures de gloire avec Abdelkader Delaoui et Larbi Ayata pour les aînés et Said Houari pour la jeune génération, en remportant à Tunis le deuxième prix arabe des radios amateurs.La décennie noire a mis ce bouillonnement culturel sous l’éteignoir.
Le musée national Nacereddine Dinet en paya les frais, il fut détruit par un incendie criminel. Remis à neuf sous la conduite de Barkahoum Farhati, architecte et historienne, il évolue actuellement sous un climat plus serein. Madame Hioun conservateur secondée par son conjoint, lui-même artiste lithographe, mène son action muséale contre vents et marées, d’innombrables vernissages et manifestations culturelles y sont organisées. La dernière en date fut la production de l’association de musique andalouse de Mostaganem dans la belle salle de l’Institut national de la formation professionnelle.
A travers ces exemples, il s’avère que l’initiative peut être souvent d’ordre individuel, l’adage ne dit-il pas que « Ouahed ka elf ou elf ka ouf » (un individu comme mille et mille comme nul…) et c’est le cas de le croire. L’exemple de Larbi Bedka est édifiant à ce titre, lui qui a su fédérer des énergies juvéniles autour de projets d’intérêt commun. Grâce à lui, une aire marginale de la berge gauche de l’oued appelée localement terra el kahla fut boisée par des essences forestières irriguées à partir du cours d’eau par pompage régulier. Ce professeur de philosophie et accessoirement imam, a regroupé des jeunes de son quartier auxquels il fit réaliser des choses surprenantes, telles que la restauration de deux bornes fontaines séculaires. Le lieu est centré par un terrain qui permet d’organiser des tournois de football en toutes occasions et notamment celle de El Mawlid Ennabaoui ; cet espace est devenu une aire récréative ouverte au public. Le mimétisme aidant, d’autres jeunes du quartier ont planté, en contre bas de l’hôtel Kerdada et de la piste touristique, de belles zones vertes.
La maison de jeunes organise périodiquement des cafés littéraires, conduits par Ahmed Abdelkrim membre de l’Union des écrivains algériens ; un peloton d’écrivains et de poètes réussissent ainsi à sortir la cité de l’engourdissement culturel. Ils sont trop nombreux pour les citer tous, mais il n’est pas inintéressant de citer Khatibi pour la poésie française ou Lorfi Abdelkader, master d’anglais, qui versifie dans la langue de Shakespeare ou encore Bachir Meftah, le traducteur des fables de La Fontaine, les odes de Vigny, de Lamartine ou encore de Koeplik. Abdou Harkat est cet immense traducteur qui a tantôt un pied à Bou Saada tantôt à ….Beyrouth.La scène musicale et lyrique est partagée entre le virtuose Chemissa (violon et luth) Gamat ( le Marcel khalifa local), Chérif, l’organiste et professeur de musique, Cheikh ( luthiste et chanteur) et enfin Sofiane de Alhan oua Chabab. Les trois premiers nommés sont tous enseignants. Quant aux chorales polyphoniques, elles sont si nombreuses que le choix en devient embarrassant. Outre « Chems Essalam » celle de « El Baha » est la plus sollicitée sur le plan national et même international ; deux séjours en Italie lui ont ouvert la voie de la notoriété internationale. Elle s’apprête à se produire en Espagne. Oublier les bardes de la poésie populaire ou bédouine, relèverait de la cécité, Oumhani, Abdelghafar, Bennoui, Kodheifa ou encore Nouibat ont déclamé sur tous les forums des okhadiate que ce soit ici ou ailleurs, notamment dans les pays du Golfe. Cette élite littéraire vient de se constituer en association dénommée « El Emir El Hachemi »dont les destinées ont été confiées à Mohamed Lamraoui praticien en chirurgie dentaire et mécène de l’art. Les peintres et plasticiens se bousculent au portillon, les orientalistes coloniaux ont décidément fait des émules. Le plus célèbre est sans nul doute Benslimane dont la fille vient d’offrir ses œuvres au musée de la ville ; kacimi, Tewfik Lebsir et d’autres dont des filles, s’essayent toutes au chevalet. La céramique est portée par Ali Zahi formé à l’Ecole des Beaux Arts de l’ex Parc de Galland. L’art traditionnel telle la fonderie du bronze a fait un bond extraordinaire grâce à l’association des artisans de Bou Saada, présidée par Douffi. En plus du bijou traditionnel et le fameux couteau bousaadi, ses jeunes artisans excellent dans les heurtoirs et la serrurerie ; leur art a été sollicité pour la restauration d’anciens palais ottomans, notamment celui du palais du Dey à Alger. Leurs efforts ont été couronnés par la réalisation d’une maison de l’artisanat, joyau architectural dans le plus pur style arabo-mauresque, érigé au centre de la villeParmi les cinéastes professionnels, on peut retenir les noms de Hanafi, Lebsir, Mohamed Kacimi écrivain et cinéaste et le grand Lakhdar Hamina qui dit avoir des attaches avec la ville à travers sa mère issue de cette cité. Le cinéaste, Ahmed Rachedi a également des attaches familiales dans la cité du bonheur tout comme Hamid Achouri et Aberrahmane Letayssa, le petit Omar de « Dar-S’Bitar » de Mustapha Badie .
Le journalisme a eu lui aussi ses grandes figures aussi bien anciennes que contemporaines ; les doyens en furent Belkacem Hafnaoui et Mohamed Bisker. Parmi les plus proches de nous, on peut citer des journalistes vedettes comme Fatima Benhouhou et Abdelkader Mame ainsi que son proche parent Belkacem de la chaîne nationale arabophone. N’oublions pas d’autres personnages de la presse, originaires de la région, tels que les Rabani père et fils, R.Benbouzid, Abderrahmane Mahmoudi et Hamid Tahri. Ayons une pensée pour le défunt Mohamed Lamine Legoui , victime de sa plume durant la décennie noire.On peut citer encore les écrivaines, sociologue et historienne, Souâd Khodja et Barkahoum Farhati, élevées dans le giron d’un Islam tolérant et ouvert sur l’universel, celui qui a subjugué Etienne Dinet et Edward Verchawelt, pour avoir été tous deux islamisés par la cité. Et pour achever cette liste de femmes nées dans la ville citons Zoubida Bisker Abdellatif qui a fait partie des quatre premières médersiennes algériennes ainsi que Hafssa Bisker Bentoumi , moudjahida, membre fondateur de l’UGEMA et première pharmacienne d’Algérie. Le mouvement associatif a, quant à lui, remarquablement pris l’enfant pour objet d’intérêt ; l’Association pour la protection de l’enfance dirigée par Lamouri réalise un travail méritoire ; l’ association menée par Fatima Ziane regroupant des jeunes filles et basée à la bibliothèque communale fait de la femme et de l’enfant son credo. L’association « Nacereddine Dinet » pour le tourisme et le patrimoine présidée par Mme Ahlem Terfaya et son conjoint Bensiradj réalise de belles œuvres dans la préservation du patrimoine matériel et immatériel de la cité communément connue sous l’appellation de la « Cité du bonheur ».Cette même dame, architecte de formation, dirige concomitamment le Cercle culturel Aissa Bisker dernière née des institutions éducatives et qui oeuvre à la promotion de la culture de l’enfant.Son promoteur, officier de l’ANP à la retraite, n’est autre que l’un des fils de Si Aissa Bisker ; il a mis la main à la poche pour réaliser cette oasis culturelle. Ce centre, localisé dans sa demeure située au cœur de la ville, est aménagé en plusieurs ateliers pour les langues, la musique, les arts plastiques et comprend aussi une bibliothèque pour enfants.Il reçoit les enfants de toutes les couches sociales. Tout le personnel, d’anciens cadres enseignants ou artistes dont Mustapha Zemirli y activent à titre bénévole. Bravo pour l’initiateur et à ceux et celles qui l’entourent. Après la deuxième année de sa création, le Centre compte organiser le 29 de ce mois une cérémonie culturelle commémorant le centenaire de la naissance de hadj Aissa Bisker au Lycée Abi Mizrag ancien Institut islamique post indépendance dont le défunt a été le premier directeur. Cet institut est le projet enfin parachevé de la Medersa libre dont la population avait lancé la souscription, à la fin des années quarante.« Il est paraît-il des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur Avril…. » La strophe de l’immortel Brel est dans ce contexte à méditer.
Note de renvoi :(1) Ch.de Galland «Excursion à Bou Saada et M’Sila -1889"
Farouk Zahi
Le Quotidine d'Oran; Mai 2008

mercredi 25 juin 2008

Le boxeur franco-bousaadien Brahim Asloum


Vous souhaitez visiter le site de Brahim Asloum, champion de boxe poids plume d'Europe?

cliquez sur ce lien:


Le Bousaadien, RACHID BENAÏSSA, nommé MINISTRE DE L’AGRICULTURE

L’homme aux 13 millions d’idées

Comme un général de guerre, il a gagné ses galons sur le terrain.
L’architecte de la stratégie du développement rural durable (Sdrd), tient à son projet comme à la prunelle de ses yeux pétillants qui sortent d’une tête complètement dégarnie. Un projet qui lui tient à coeur, le coeur sur la main et la main tendue au monde rural. C’est le début de la victoire du monde rural qui vient de récupérer son fils prodige. Le nouveau ministre de l’Agriculture et du Développement rural, le Dr Rachid Benaïssa, a vadrouillé pendant plus de 35 ans dans ce monde inerte avec les aléas du monde vivant.Il se roule dans cet espace comme on se roule sur l’herbe un jour de printemps, butte sur un tas de fumier qu’il refuse de voir en se hissant dessus pour humer les roses. Ceux qui connaissent le nouveau ministre de l’Agriculture savent qu’il maîtrise parfaitement son sujet pour avoir bâti, à partir du néant, une stratégie qui séduit les spécialistes les plus brillants et les politiques les plus aguerris. Le Président Bouteflika a été séduit par le travail remarquable de M.Benaïssa, déjà en 2006, lors de la rencontre gouvernement-walis. Rachid Benaïssa a beaucoup de défauts et un nombre intéressant de qualités. Son principal défaut c’est qu’il agace son entourage avec sa stratégie de développement rural. «Alors! l’autre (le Dr Rachid Benaïssa Ndlr), il a programmé quelque chose ce samedi?» s’interrogent, chaque mercredi soir, ses proches collaborateurs. Ils savent que les programmes de samedi c’est 4 heures du matin. Et puis, ce n’est pas pour aller dans une salle de conférences d’un hôtel mais c’est pour des rencontres en rase campagne où attendent des personnes qui n’ont jamais vu un représentant de l’Etat. C’est-à-dire des personnes qui ont des choses à dire, qu’il faut écouter et surtout convaincre.Sa principale qualité, c’est qu’il a une grande capacité d’écoute. Il peut, le matin, écouter attentivement un fellah perdu dans un coin reculé du pays lui ressasser les malheurs qu’il subit dans le monde rural et le soir animer, sans transition, une conférence-débat devant les cadres de la nation à l’Ecole nationale d’administration. Il peut déceler l’idée géniale du rédacteur de presse qui l’accompagne dans les périples interminables et remettre en question par une lecture diagonale le rapport de 500 pages que vient de lui présenter l’expert de la Banque mondiale. Son projet s’adresse aux 13 millions que compte le monde rural, et autant d’idées. Rares, vraiment rares sont les ministres de la République qui peuvent se targuer d’une pareille prouesse et d’un pareil capital de proximité. Comme un général en guerre, c’est sur le terrain que le Dr Benaïssa a gagné ses galons de ministre et non dans les salons feutrés où se tiennent, à l’abri des indiscrétions, les conciliabules qui débutent à partir de minuit. La stratégie du développement rural durable (Sdrd) a été établie sur la base des expériences passées mais aussi un inventaire complet de l’état des zones rurales. La nouvelle stratégie de développement rural s’articule autour de l’amélioration des conditions de vie des populations rurales, de l’emploi, de la diversification des activités économiques, du renforcement de la cohésion sociale et territoriale, de la protection de l’environnement et de la valorisation des patrimoines ruraux. Ce n’est que de la théorie, diront les novices. C’est une révolution tranquille qui est en train de se mener, répondront d’autres. La Commission nationale du développement rural a récemment validé le Système d’aide à la décision pour le développement rural (Saddr) et le Projet de proximité de développement rural intégré (Ppdri) en tant que démarches et outils d’intégration des interventions sectorielles au niveau d’un territoire.Le fait est qu’aujourd’hui, M.Benaïssa est le seul ministre à avoir tissé un réseau informatique capable de suivre en temps réel l’avancement des projets. Ce n’est pas de la théorie, quand on sait que la quasi-totalité de nos ministères peinent à animer un site Web au moment où le monde respire les nouvelles technologies.Mais qu’importe, il faut un début à tout et le début des nouvelles technologies nous vient du monde rural. Quelle belle leçon à ceux qui confinent ces espaces en des images réductrices! Sur ce plan, il faut dire qu’avec toute la pudeur politique qui lui est connue, Rachid Benaïssa apparaît comme le trublion tranquille du système.
Brahim TAKHEROUBT
L'expression du 25 Juin 2008

mardi 24 juin 2008




au mois de Février 2006 , notre grande styliste Mona Abdellatif a présenté ses modèles . Un mélange subtil de tradition et de modernité qui a subjugué les nombreux invités. Pour lire tout le reportage cliquez sur:







Saisissez cette occasion pour mieux connaître la peintre Bousaadienne Halima Lamine

Une exposition du peintre bousaadien Driss Dokman


L’artiste peintre Amor Driss Dokman expose, jusqu’à la fin du mois de Juin, à la galerie Baya du Palais de la Culture. A travers un ensemble de 22 œuvres impressionnantes , le plasticien aborde la thémathique du masque. Une réflexion picturale sur le vrai et le faux, l'authentique et l'artificiel. A voir absolument

mercredi 18 juin 2008

Agées de 15 à 18 ans , les Bou Saadiennes du lycée de Kouba avaient créé en 1966 la première troupe folklorique d'Algérie


mardi 17 juin 2008

La société civile de Bou Saada s'organise

(..)Ce bassin patrimonial, matériel et immatériel, dont la revue est sans nul doute non exhaustive et qui a fait l’objet par le passé d’études extra murales et même extra nationales, tend de plus en plus à susciter l’intérêt croissant des élites locales. Cette quête de réappropriation identitaire est certainement due à l’effacement progressif et inexorable de caractères sociétaux qui ont fait jadis la cité. C’est ainsi qu’un nombre impressionnant d’associations à visée culturelle, se sont constituées autour de plusieurs thèmes que recèle ce riche patrimoine. La dernière d’entre elles, est celle qui porte désormais le nom de l’illustre fils de l’Emir Abelkader Ibn Mahieddine El Hassani, en l’occurrence El Hachemi. Celui-là même qui était l’hôte temporel de la cité et son hôte éternel au cimetière de Sidi M’hamed Ben Brahim, où il y fut inhumé le 14 avril 1900. Présidée par le Dr Lamraoui Mohamed, elle est constituée d’enseignants de tous les paliers, de cadres en exercie ou à la retraite , d’artistes, d’écrivains et de poètes. Elle s’est fixé les principaux objectifs suivants: l’acquisition et la réhabilitation de la demeure qui abritait la famille princière et son érection en musée de la ville, participation aux grands événements culturels nationaux et supranationaux, organisation d’une manifestation annuelle consacrée aux arts agro-pastoraux, célébration d’une journée nationale sur la vie et l’œuvre de l’Emir El Hachemi et son fils Khaled , organisation de caravanes culturelles en vue d’échanges culturels interrégionaux. La cérémonie d’installation de l’association qui s’est déroulée le jeudi 12 juin dans la salle de délibération de l’Assemblée populaire communale était rehaussée par la présence du premier magistrat de la ville et son vice-président chargé de la culture. L’assistance composée d’intellectuels et de lettrés a eu droit à quelques envolées poétiques de bardes et poètes populaires du cru tels que A. Abdelghafar, A. Oumhani et M. Nouibet, premier prix des dernières Okhadiate. Quant à B. Benabderrahmane nominé parmi les 35 candidats au titre du « Le prince des poètes arabes », il rentrait de Abou Dhabi dans l’attente de la finale qui consacrera le preux chevalier de la rime. La démocratisation de l’histoire est préférable au meilleur des conservateurs......

Farouk Zahi

Lire tout l'article dans El Watan http://www.elwatan.com/La-societe-civile-revisite-l

l'article a été transmis par Ana Dziri

samedi 14 juin 2008

Inviter Cheb Khaled à Bou Saada? Pourquoi pas?


Khaled : « Je rêve d’une tournée au Sahara »

Après une longue absence de la scène artistique nationale, peut-on avoir a priori les sentiments qui vous animent en ces moments ?

Je suis heureux de me retrouver une nouvelle fois parmi les miens. C’est un sentiment d’autant plus fort que c’est la première fois et depuis très longtemps que je me produis hors d’Alger. Le spectacle de Sétif fera, j’en suis convaincu, date, car c’est une opportunité qui boostera certainement notre activité artistique. Je suis disposé à m’investir pour sillonner cette belle et féconde Algérie. J’ai vraiment envie de me produire au Sahara de mon pays que je ne connais pas.

Pourquoi, le Sahara spécialement ?

C’est indéniable, le Sud algérien qui est l’une des plus belles merveilles du monde est à découvrir vraiment. En ma qualité d’artiste, je me dois de promouvoir des régions aussi riches, mais malheureusement méconnues. Je rêve de tourner des clips dans notre désert, devenu désormais, une destination touristique de premier plan. Il est donc de notre devoir de valoriser le produit du terroir et véhiculer la véritable image de l’Algérie qui travaille.

Kamel Beniaiche
El Watan, le 14/06/08

La ministre de la culture annonce la création d'une maison de la culture à Bou Saada





La ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, a annoncé avant-hier lors d'une visite à la wilaya de M'Sila la création de 3 parcs nationaux de la culture dans l'Atlas saharien, Touat Gourara Tidikelt et Tindouf. Ces parcs, dont le décret exécutif a été signé et devant être régis par un office, regroupent les wilayas de Laghouat, Biskra, Djelfa, Msila, Naama et El Beyadh pour le premier parc, Bechar, Adrar et Tamanrasset pour le deuxième, alors que le troisième parc regroupe les sites touristiques et archéologiques de la wilaya de Tindouf. La mission de ces espaces, a précisé la conseillère de la ministre de la Culture, porte entre autres sur la préservation des ressources et des richesses archéologiques et naturelles de ces régions. Dans ce contexte, Mme Toumi a fait savoir que la wilaya de Msila bénéficiera de projets importants portant essentiellement sur la restauration de Kalaat Beni Hammad et la réalisation d'une maison de la culture à Msila et Boussaâda, tout en favorisant la promotion de tout lieu culturel, tel la Zaouïa d'El Hamel, dont les manuscrits devront être préservés,restaurés et photographiés. Annonçant la promotion prochaine du musée d'El Hodhna en musée national, la ministre a précisé que certains sites archéologiques de la wilaya, tels le moulin Ferrero et la Vielle ville seront classés et inscrits dans le patrimoine national. Le musée Dinet, qui draine un nombre important de visiteurs dépassant ses capacités d'accueil, fera l'objet d'une extension avec recouvrement du terrain le jouxtant, a conclu Mme Toumi.
El Moudjahid du 06/06/08
Message transmis par Farouk Zahi, troisième correspondant de la gazette de la cité du bonheur

vendredi 13 juin 2008

Une autre figure emblématique de Bou Saada

Si Aïssa a été de ceux qui ont fait adopter l’enseignement de la langue arabe dans les années 1950 dans les programmes, malgré l’hostilité de l’occupant. Candidat au titre du PCA, aux élections à l’Assemblée algérienne, Aïssa fut empêché d’assister au déroulement du scrutin. Invité par Baza Hocine à visiter Medjdel, village perdu à 70 km de Bou Saâda, Lacheraf dut faire 45 km de nuit et à pied pour joindre la cité du Bonheur après la panne du car le transportant. Il fit montre d’une volonté à ne pas manquer à ses devoirs pour être à son poste le lundi à 8 h.

Sous ses sourcils broussailleux, des yeux malicieux et un regard profond, le sentiment ancré dans une enfance laborieuse auprès d’une famille de lettrés religieux de Bou Saâda, Aïssa vivra son parcours comme un sacerdoce : son destin sera intimement lié aux classes avec leur estrade et leur tableau noir, mais aussi avec les luttes qui vont avec ! Syndicaliste, enseignant, éducateur, journaliste, Aïssa, à bientôt 90 ans, garde toujours sa verve juvénile. Pour preuve, il active toujours au sein de la Mutuelle des enseignants qu’il a créée en 1969. Il se revendique homme de gauche. Il n’a pas varié d’un iota et ses convictions sont toujours intactes. On peut raconter son itinéraire comme il vient, sans fioritures, mais il n’est pas sûr qu’on rendra justice à son riche palmarès. Cet enseignant très comme il faut, très libre, nous invite à suivre les mille péripéties et leurs enchaînements qui ont jalonné son impressionnant cheminement. Il est né en 1919 à Bou Saâda que les colons avaient baptisé cité du Bonheur. Plutôt cliché de carte postale pour ces milliers de laissés-pour-compte qui crevaient la dalle ! Prénommé Aïssa, en souvenir d’un grand-père attentionné et lettré, il perdra son père, Mostefa, alors qu’il n’avait pas bouclé ses deux ans. Son paternel, prêtant secours aux malades atteints de typhus, y laissa lui-même sa vie. C’est son oncle Abderahmane qui succédera à son père en prenant le flambeau de l’imamat. « J’ai suivi le cours élémentaire mixte de l’école Lucien Chablon qu’avait fréquentée Mostefa Lacheraf, très peu avant d’être admis au lycée de Ben Aknoun. Ce cours, équivalant à un CEM actuellement, a été fréquenté également par de nombreux élèves durant les années 1930, comme les futurs instituteurs Bisker Aïssa, El Bouti Mohamed, Abdellatif Tameur, Abdellatif Messaoud et moi-même. Les futurs médersiens Khaled Kahloula, Kadri Abderahmane, Benraâd Abdelkader, Boudiaf Brahim et le défunt président Boudiaf Mohamed. Ce dernier, camarade de classe, partageait avec moi la même table-banc. Nous sommes en 1939 à Sidi Aïssa, je venais d’être nommé instituteur auxiliaire, au lieu d’aller à l’école normale de Bouzaréah, fermée pour cause de guerre. » L’école normale ? « C’était une vocation et une nécessité. Face à la misère qui sévissait, il fallait soit s’engager dans les tirailleurs ou les spahis et devenir mercenaire, à son corps défendant, ou opter pour l’enseignement, seule filière tolérée pour les indigènes. A l’époque, les épidémies étaient légion et les exodes nombreux. Bref, c’était invivable ! Quand les choses s’apaisaient tout le monde était heureux. » Suite:
http://www.elwatan.com/Marchand-d-alphabet-marchand-de

Article publié par el watan le jeudi 12 juin 2008 et signalé par Mohamed Bisker, membre du groupe de correspondants de la gazette de la cité du bonheur
Vous souhaitez faire partie de ce groupe? A vos plumes!

dimanche 8 juin 2008

Chants de Bou Saada

Vous voulez écouter de la musique et des chants de Bou Saada?
Connectez vous au site de el bahae
http://elbahae.com

vendredi 6 juin 2008

Enfants et adultes se donnent rendez-vous à l’occasion de la célébration du centenaire de Hadj Aissa Bisker




Le jeudi 29 mai et à l’occasion du centenaire de feu hadj Aïssa Bisker et de la journée mondiale de l’enfant, l’association Aïssa Bisker pour la promotion de la culture de l’enfant célébra l’évènement dans une grande ambiance festive au lycée Abi Mezrag de Bou Saada. Un programme varié et riche en couleurs fut présenté à cette occasion ; la cour du lycée, s’est avérée exigu pour contenir la grande affluence des Bou saadiens venus assister aux spectacles que les enfants du centre culturel de l'association ont interprétés avec brio. L’ouverture commença par une lecture de versets du Coran psalmodiés par un tout jeune enfant, suivie de l’hymne national interprété par les élèves de l’atelier de musique du centre culturel. Se succédèrent ensuite pour l’ allocution d’ouverture, Djamel Bisker, fils de l’illustre personnage , président de l’association et madame Ahlem Bensiradj, la directrice du centre culturel. A Noureddine Abadi échut l’honneur de nous présenter le parcours et la carrière de hadj Aïssa Bisker ainsi que son combat pour la liberté et le savoir. Le personnage que nous honorions ce jour fut, outre une figure charismatique qui consacra sa vie à l’éducation avec une grande ferveur patriotique, un normalien, d’abord enseignant et ensuite directeur du collège d’enseignement général et cela pendant la période coloniale. Indigné par l’injustice et l’exclusion, il milita sans relâche pour ouvrir la porte du savoir et de l’éducation à ses compatriotes . Il activa surtout pour la création à Bou-Saâda de la médersa libre; ce rêve ne se concrétisera qu’après l’indépendance avec l’ouverture de l’Institut Islamique dont il fut le premier directeur. L’établissement changera plus tard de statut pour devenir le lycée Abi Mezrag.
Bachir Meftah grand poète et traducteur avéré, s’ acquitta quant à lui avec talent de son rôle d’animateur en présentant les différents spectacles. Le premier fut une opérette : les passerelles de rencontre pour la paix et la connaissance . Vint ensuite la chorale qui exécuta deux chants : warachat Aïssa lil itkane (les ateliers de Aïssa pour la perfection) et bent al djazair (la fille de l’Algérie). Le théâtre, donna l’occasion, même brève, à nos enfants de prouver leurs aptitudes artistiques à travers deux pièces, l’une en français, l’avare de Molière et la deuxième en arabe, al boukhala (les avares) de El Djahidh. Il faut aussi relever le choix remarquable des costumes, preuve de sérieux dans le travail accompli. Le même spectacle fut parfois présenté tantôt en arabe tantôt en français, comme ce fut le cas pour le poème de Lafontaine, le loup et l’agneau . L’environnement eu droit aussi à sa part avec le dialogue imaginaire entre l’arbre et l’homme. La musique d’accompagnement des différents spectacles fut dirigée par le virtuose et professeur de musique, Djamel Cherif.
Le spectacle se termina en apothéose avec notre grand artiste, le musicien compositeur Mustafa Zemirli , accompagné de la chorale mixte du centre culturel, vêtus pour l'occasion de tenues traditionnelles de la cité du bonheur ; ils interprétèrent des chansons qu’il a composées pour la circonstance. A savoir aussi qu’une exposition de photos anciennes et d'oeuvres du peintre Mohamed Tewfik Lebcir , fut organisée ce jour au sein du lycée, suscitant ainsi un très grand intérêt auprès des Bousaadiens. L'évènement s'est achevé par une collation offerte par l'association , permettant ainsi aux nombreux Bousaadiens venus d'Alger pour honorer l'évènement, de renouer des liens chaleureux avec ceux qui y résidaient et d'échanger avec eux des émotions, des souvenirs....et des projets aussi



Mohamed Benaziez, premier rédacteur de la Gazette de la cité du bonheur, en attendant de nouveaux candidats désireux de publier des articles sur les évènements de la ville

samedi 17 mai 2008

Le raid des Harley Davidson: "Au Sud, seul l'hôtel Kerdada à Bou Saada est très accueillant"


Les touristes « éblouis » par les paysages d’Algérie

La seconde édition du rallye-raid des Harley Davidson a pris fin mardi soir. La cinquantaine de bikers de six nationalités, ainsi que l’équipe d’assistance technique et les sponsors, invités à une soirée suivie d’un défilé de mode à l’hôtel El Djazaïr, ont exprimé leur satisfaction quant au bon déroulement du raid sur une distance de plus de 3500 km.
Lors de la conférence de presse, Rayan Fezouine, patron de Jade Voyage, a tenu à remercier tous ceux qui ont participé à la réussite de cette deuxième édition, à commencer par le président de la République, qui a parrainé cette édition, ainsi que son ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et du Tourisme, M. Chérif Rahmani. Le conférencier ajoutera que le pari de faire profiter les touristes étrangers des paysages féeriques de l’Algérie profonde a été atteint dès lors que l’ensemble des bikers ont été émerveillés par les dunes, les ergs et les sites naturels que recèle notre pays. Abondant dans le même sens, Jean- Marc Chapel, patron du « Le Grand Run », surnommé également « le général », déclare que, contrairement à la précédente édition, toutes les autorisations et les facilités ont été accordées par les plus hautes instances du pays, ce qui prouve qu’il existe une volonté de booster le tourisme saharien en Algérie et d’améliorer son image auprès des touristes étrangers. Le conférencier n’ a pas mâché ses mots en qualifiant certains hôtels-relais, au sud du pays, d’infects et de pourris. Il donnera comme exemple un hôtel situé à Aïn Sefra, où les chambres ne sont pas climatisées et la piscine vide en cette période de l’année. Et de préciser que l’accueil et les prestations de service sont très importants et qu’ils sont chez nos voisins marocains et tunisiens de très grande qualité. « Il n’y a, à notre avis, que l’hôtel Kerdada, à Bou Saâda, qui est très accueillant. » Jean-Marc Chapel certifiera qu’il est prêt à ramener, pour la prochaine édition, pas moins de 120 motards, à condition que toutes les conditions soient réunies pour les accueillir, comme les bivouacs, indispensables dans de pareilles balades touristiques au Sahara. Le record détenu par la dune de Merzouga, au Maroc, considérée comme la plus haute d’Afrique, vient d’être battu par nos dunes qui dépassent, pour certaines, les 200 et 250 mètres de hauteur. « Vous avez le plus beau désert au monde et vous pouvez en être fiers. Ce qu’il vous faut, c’est améliorer les prestations de service et offrir des services de qualité afin que le touriste puisse découvrir les traditions des régions qu’ils visitent. » Pour la prochaine édition, il est prévu un raid des Harley Davidson, allant de la capitale algérienne, en passant par la Tunisie voisine et puis la Libye puis retour vers Alger par la côte. Il est utile de préciser que cette deuxième édition du raid des Harley Davidson a été sponsorisée par Nissan Algérie, Sonatrach, Samsung, Naftal, la SNV ainsi que la Fédération nationale des sports mécaniques présidée par Hamid Sidi Saïd. Le rallye des Colombes devra se tenir, selon Sidi Saïd, le 19 juin prochain.

Nadir Kerri
El WAtan: Edition du 15 mai 2008

vendredi 9 mai 2008

Littérature

Vous êtes féru de littérature? Vous voulez trouver d'anciennes publications ou vous tenir au courant des nouveautés dans le domaine? Vous souhaitez consulter la biographie de vos auteurs préférés ou participer à des forums de discussion?

Voici 7 liens qui pourront répondre à vos demandes:


www.evene.fr/livres
www.bibliobs.nouvelobs.com
http://www.ratsdebiblio.net
www.zazieweb.fr
www.chronicart.com/livres
www.lire.fr


www.algerie-ancienne.com/livres/livres.htm

Bonne lecture!

Découverte de pétrole à Bou Saada.........en 1950!!!

Ce n'est pas une plaisanterie, du pétrole a bien été découvert à Bou Saada, mais en
....1950!!! Comme l'atteste cette vidéo des Actualités Françaises du 23/03/1950

Voici le lien de la vidéo: (copier/coller sur votre moteur de recherche)

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=AFE02014837

lundi 21 avril 2008

Le parler savoureux de l'arabe à Bou Saada

Beaucoup de linguistes qui s'intéressent à la langue arabe s'accordent à dire que l'arabe parlé à Bou Saada est l'un de ceux qui se rapprochent le plus de l'arabe classique. Cependant, toujours selon ces mêmes auteurs, la décadence de l'empire arabo-musulman a entraîné un appauvrissement dans l' expression orale. Ainsi par exemple à Bou Saada, le A est souvent transformé en I (Al hilib au lieu de Al halib; A Alger on dit La hlib, autre distorsion). Cette étude magistrale de l'arabe parlé à Bou Saada réalisée par Philippe Marçais vous en fera connaitre toute la richesse. Il suffirait selon lui de quelques modifications pour que les Bou Saadiens parlent arabe classique. A vous de juger si le thème vous intéresse:

http://www.ifao.egnet.net/anisl/aaa/

samedi 5 avril 2008

Le Sud , ses hommes, ses saints et ses paysages




Extrait d’un texte très romantique dans lequel l’auteur traverse le sud de l’Algérie à la découverte des Zaouias ...Et nous parle de la poésie du Sud et de ses hommes

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L’ALGÉRIE LEGENDAIRE
EN PÈLERINAGE ça et là , aux Tombeaux des principaux Thaumaturges
de l’Islam (Tell et Sahara)


(…) Si Mohammed-ben-El-Aabed de la célèbre tribu chérifienne des Oulad-Sidi-Ahmed-el-Kebir et l’un des descendants du saint voulut bien sur ma demande, me continuer ses bonnes leçons et me servir de guide dans la Ziara (pèlerinage, visite) que j’avais formé le projet de faire aux tombeaux des principaux saints algériens, et cela malgré l’importance et les fatigues de cette pieuse entreprise. Après avoir composé notre itinéraire, je pris jour avec Si Mohammed-ben-El-Aabed, et nous fixâmes la date de notre départ. Nous devions commencer notre Ziara par les saints du Sud, revenir dans le Tell, et visiter ceux du littoral, c’est-à-dire les saints maritimes.

(…) Nous allons donc nous enfoncer dans les profondeurs du Sud occidental ;

(…) Aussi la nature des miracles des saints du Sahra s’est-elle modifiée très sensiblement,
comparativement à celle des aoulia de la région montagnarde: chez les thaumaturges du désert, elle emprunte le caractère aventureux des populations nomades de cette région ; dans le pays des horizons infinis la légende prend, en effet je le répète, une allure plus chevaleresque, plus guerrière, plus poétique ; elle rappelle plus volontiers les exploits merveilleux du poète-sabreur Antar-ben-Cheddad-El-Absi ; de Rabyahfils de Moukaddam, le plus brillant, le preux, le plus admirable de la vieille Arabie ; d’Amr-ben-Hind, le brûleur ; de Find, le poète-guerrier des Bni-Zimman, et de tant d’autres. Là, nos saints aiment les chevaux et la guerre, les mêlées furieuses ; ilsaiment les beaux coups de lance qui ouvrent de larges blessures, d’où le sang noir jaillit en flots bondissants; ils aiment ces merveilleux coups de sabre où les lames vont fouiller les entrailles des guerriers jusqu’au fond des reins : ce sont des thaumaturges à cheval dont le coeur est chauffé à la haute température de la république des sables. (..)« Nous assisterons aux sanglantes équipées où les femmes chauffent la bataille en jetant tous leurs charmes, toutes les promesses de l’amour, sur le champ du combat, pour exalter les guerriers. « Nous verrons aussi de saints anachorètes, des extatiques, dont les macérations,les mortifications, les tortures qu’ils s’imposent pour dépouiller leur matérialité, leur terrestrialité, pour dompter leur chair, pour se rapprocher de Dieu, dépassent toutes les folies mystiques, toutes les sublimes frénésies des solitaires de la Thébaïde; le désert, c’est la patrie des poètes, des brillants cavaliers, des contemplateurs, des chercheurs d’aventures.

Ceci dit, ceignons-nous les reins, mettons notre mezoued(1) de rouïna(2) à l’épaule, et en route pour le Sud !

PAR LE COLONEL C. TRUMELET
qui se présente ainsi :
Commandeur de l’ordre de la légion d’honneur
Officier de l’instruction publique
Membre de la société des gens de lettres
Et de la société d’archéologie et de statistique de la Drome , Etc., etc.,…
______________________________________________________________________________________


Notes
1. Mezoued, sac à provisions fait de la peau d’un chevreau.
Nous en avons fait notre mot musette.
2. Rouïna, farine de blé grillé qu’on détrempe dans l’eau pour s’en nourrir. Cette nourriture est
surtout celle des indigènes en voyage ou en expéditio

samedi 22 mars 2008

2300 flamands roses près de Bou Saada!


Classé parmi les zones d’importance internationale depuis le 2 février 2001, chott El Hodna, alimenté par les eaux des crues de pas moins de 22 cours d’eau principaux, ne semble pas être affecté par la sécheresse. (...) Ce n’est pas toute la configuration du chott avec sa surface inondée de 80 000 ha qui s’offre au visiteur, mais un « bras » de ce chott, représentant tout de même un impressionnant plan d’eau s’étalant à perte de vue jusqu’à se confondre avec le ciel. De ce fait on a l’impression d’être au bord d’une mer dans un pays nordique!!!, n’était ce reflet sombre des monts du Hodna dans ce vaste plan d’eau qui, contrastant avec la blancheur du relief environnant, offre un tableau grandeur nature sur fond d’espaces steppiques lui conférant une splendeur inégalée. Le spectacle offert au regard du visiteur est vraiment impressionnant non seulement pour sa beauté, mais également par la profusion des eaux en cette période de sécheresse. L’autre particularité, est la présence exceptionnelle de flamands roses au dessus du chott El Hodna où d'habitude le nombre de cette espèce d’oiseaux n’a jamais dépassé les 200 unités. Or, pas moins de 2300 flamands roses ont été dénombrés en ce mois de mars, nous dira le responsable en charge du dossier à la Conservation des forêts de la wilaya de M’sila. Expliquant ce déploiement inhabituel de cette espèce, il nous dira : « Cette virée est due probablement au dessèchement des zones humides notamment celles des Garaâ de Oum El Bouaghi … les oiseaux se sont donc rabattus sur le chott El Hodna ... du fait que le lieu présente les mêmes caractéristiques . On assiste pour la première fois à un tel phénomène et dans des proportions aussi importantes. » Signalons aussi que durant le début du mois de Janvier 2008, on a relevé la présence de pas moins de 20 000 oiseaux!! parmi lesquels plus de 2.300 flamands roses.
S. Ghellab du journal El Watan

mercredi 12 mars 2008

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IMPORTANT: un beau cadeau à faire aux Bou Saadien(ne)s

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Un souhait : Vous pourriez offrir les objets acquis au musée ou à la bibliothèque pour en faire profiter tout le monde

Il ne reste plus que quelques jours pour faire des enchères

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et merci de tenir les lecteurs du site informés de votre choix ;

Il vous éliront éventuellement meilleur(e) Bou Saadien(ne) de l'année !!!!!

mercredi 5 mars 2008

Le 8 Mars, fête internationale des femmes








le blog Saba-bousaada.net présente ses voeux à toutes les femmes du monde, en général ,
et aux Bou Saadiennes en particulier.


Il associe à ses voeux:
  • Lalla Zeineb qui dirigea la zaouia d'El Hamel à la mort de son père
  • La madonne de Dinet qui cache mal ses larmes sous un geste charmant
  • Halima Begaa, première miss algérie, en 1957 , si discrète sous son voile!
  • La statue de bronze intitulée "jeune fille de Bou Saada" par L.E Barrias
  • Et une danseuse anonyme peinte par le musulman E. Dinet

En ce 8 Mars, fête internationale de la femme, voici pour les amateurs et amatrices de poésie nomade la traduction française de Hizia par C. SONNECK (1902). Ce poème a été composé par Ould Seghir et chanté par Ben Guitoun.

« Amis, consolez-moi; je viens de perdre la reine des belles. Elle repose sous terre.Un feu ardent brûle en moi ! Ma souffrance est extrême. Mon coeur s'en est allé, avec la svelte Hiziya.

Hélas ! Plus jamais je ne jouirai de sa compagnie. Finis les doux moments, où, comme au printemps, les fleurs des prairies, nous étions heureux. Que la vie avait pour nous de douceurs ! telle une ombre, la jeune gazelle a disparu, en dépit de moi ! Lorsqu'elle marchait, droit devant elle, ma bien-aimée était admirée par tous.
Telle le bey du camp qui s'avance un cimeterre à la ceinture. Entouré de soldats et suivi de cavaliers qui sont venus à sa rencontre, pour lui remettre chacun un présent; Armé d'un sabre d'Inde, il lui suffit de faire un geste de la main, pour partager une barre de fer, ou fendre un roc. Il a tué un grand nombre d'hommes, ennemis du bien. Orgueilleux et superbe, il s'avance fièrement.

C'est assez glorifier le bey ! Dis-nous, chanteur, dans une nouvelle chanson les louanges de la fille d'Ahmad ben El-Bey.

Amis, consolez-moi; je viens de perdre la reine des belles. Elle repose sous terre. Un feu ardent brûle en moi ! Ma souffrance est extrême. Mon coeur s'en est allé, avec la svelte Hiziya.

Lorsqu'elle laisse flotter sa chevelure, un suave parfum s'en dégage. Ses sourcils forment deux arcs bien dessinés, telle la lettre non tracée dans un message. Ton oeil ravit les coeurs, telle une balle de fusil européen, qui aux mains des guerriers, atteint sûrement le but. Ta joue est la rose épanouie du matin, et le brillant oeillet; le sang qui l'arrose lui donne l'éclat du soleil.

Tes dents ont la blancheur de l'ivoire, et, dans ta bouche étincelante, la salive a la douceur du lait des brebis ou du miel qu'apprécient tant les gourmets. Admire ce cou plus blanc que le coeur du palmier. C'est un étui de cristal, entouré de colliers d'or.

Ta poitrine est de marbre; il s'y trouve deux jumeaux, que mes mains ont caressés, semblables aux belles pommes qu'on offre aux malades.
Ton corps a la blancheur et le poli du papier, du coton ou de la fine toile de lin, ou encore de la neige, tombant par une nuit obscure. Hiziya a la taille fine; sa ceinture penche de côté, et ses tortis entremêlés retombent sur son flanc repli par repli.

Contemple ses chevilles; chacune est jalouse de la beauté de l'autre; lorsqu'elles se querellent elles font entendre le cliquetis de leurs khelkhals, surmontant les brodequins.

Quand nous campions à Bazer (1) , je me rendais auprès d'elle le matin; alors nous goûtions les joies de ce monde. Je saluais la gazelle; j'observais les présages; heureux comme un homme fortuné, possédant les trésors de l'univers. La richesse n'avait pour moi aucune valeur, comparée au tintement des khelkhals de Hiziya, quand je franchissais les collines pour aller la rencontrer. Lorsqu'au milieu des prairies, elle balançait son corps avec grâce, et faisait résonner son khelkhal, ma raison s'égarait; un trouble profond envahissait mon coeur et mes sens. Après avoir passé l'été dans le Tell, nous redescendîmes vers le Sahara, ma belle et moi. Les litières étaient fermées; la poudre retentissait; mon cheval gris m'entraînait vers Hiziya.

(…) A combien de réjouissances avons-nous pris part ! Mon cheval gris, disparaissait presque dans l'arène, derrière un rideau de poussière, on aurait dit un fantôme. Ma belle était grande comme la hampe d'un étendard; ses dents, lorsqu'elle souriait, formaient une rangée de perles; elle parlait par allusions, me faisant ainsi comprendre (ce qu'elle voulait dire). La fille de Hmida brillait, telle l'étoile du matin; elle éclipsait ses compagnes, semblable à un palmier qui seul, dans le jardin, se tient debout, grand et droit.

Le vent l'a déraciné, il l'a arraché en un clin d'oeil. Je ne m'attendais pas à voir tomber ce bel arbre; je pensais qu'il était bien protégé. Mais j'ignorais que Dieu, souverainement bon, allait la rappeler à Lui. Le Seigneur a abattu (ce bel arbre). Je reprends mon récit. Nous avons campé ensemble sur l'Oued Ithel; c'est là que la reine des jouvencelles me dit adieu. C'est cette nuit-là qu'elle passa de vie à trépas; c'est là que la belle aux yeux noirs quitta ce monde. Elle se tenait serrée contre ma poitrine, lorsqu'elle rendit l'âme. Les larmes remplirent mes yeux et s'écoulaient sur mes joues. Je pensais devenir fou, et me mis à errer dans la campagne, parcourant tous les ravins des montagnes et des collines.

Elle a ravi mon esprit et enflammé mon coeur , la belle aux yeux noirs, issue d'une race illustre. On enveloppa d'un linceul, la fille de notable; ce spectacle a augmenté ma fièvre, et ébranlé mon cerveau. On la mit dans un cercueil, la belle aux magnifiques pendants d'oreilles. Je demeurais stupide, ne comprenant pas ce qui m'arrivait.

On emporta dans un palanquin, embelli par des ornements, la belle, cause de mes chagrins, qui était grande telle la hampe d'un étendard. Sa litière était ornée de broderies bigarrées, scintillantes comme les étoiles et colorées comme un arc-en- ciel, au milieu des nuages, quand vient le soir. Elle était tendue de soie et tapissée de brocart. Et moi, comme un enfant, je pleurais la mort de la belle Hiziya.

Que de tourments j'ai endurés pour celle dont le profil était si pur ! Je ne pourrai plus vivre sans elle. Elle est morte du trépas des martyrs, la belle aux paupières teintées d'antimoine ! On l'emporta vers un pays nommé Sidi Khaled. Elle se trouva la nuit sous les dalles du sépulcre, celle dont les bras étaient ornés de tatouages; mes yeux ne devraient plus revoir la belle aux yeux de gazelle.

Ô fossoyeur ! Ménage l'antilope du désert; ne laisse point tomber de pierres, sur la belle Hiziya ! Je t'en adjure, par le livre saint, ne fais point tomber de terre sur celle qui brille comme un miroir.

S'il fallait la disputer à des rivaux, je fondrais résolument sur trois troupes de guerriers. Je l'enlèverais par la force des armes aux ennemis. Dussé-je le jurer par la tête de la belle aux yeux noirs, je ne compterais pas mes adversaires, fussent-ils au nombre de cent. Si elle devait rester au plus fort, je jure que nul ne pourrait me la ravir; j'attaquerais, au nom de Hiziya, une armée entière. Si elle devait être le trophée d'un combat, vous entendriez le récit de mes exploits; je l'enlèverais de haute lutte, devant témoins. S'il fallait la mériter au cours de rencontres tumultueuses, je combattrais durant des années, pour elle. Je la conquerrais au prix de persévérants efforts, car je suis un cavalier intrépide. Mais puisque telle est la volonté de Dieu, maître des mondes, je ne puis détourner de moi cette calamité. Patience ! Patience ! J'attends le moment de te rejoindre : je pense à toi, ma bien-aimée, à toi seule !

Amis, mon cheval me fendait le coeur, lorsqu'il s'élançait en avant (attristé par la perte de Hiziya). Après la mort de ma bien-aimée, il s'en est allé, et m'a quitté. Mon cheval était plus rapide que tous les autres chevaux du pays; dans les échauffourées, on le voyait en tête du peloton. Quels prodiges n'accomplissait-il pas sur le champ de bataille ! Il se montrait au premier rang. Sa mère descendait du fameux Rakby(2). Combien il excellait dans les joutes entre les douars, à la suite de la tribu en marche; je tournoyais avec lui insouciant de ma destinée ! Un mois plus tard, il m'avait quitté; trente jours après Hiziya.

Cette noble bête mourut; le voilà au fonds d'un précipice; il ne survécut pas à ma bien-aimée. Tous deux sont partis pour toujours. Les rênes de mon cheval gris sont tombées de mes mains. Ô Douleur ! Dieu, en les rappelant à lui, m'a enlevé toute raison de vivre. Mon âme est près de s'éteindre, après leur cruelle perte. Je pleure cette séparation, comme pleure un amoureux. Mon coeur se consume chaque jour davantage; ma vie n'a plus de sens.

Pourquoi pleurez-vous mes yeux ? Nul doute que les plaisirs du monde vous raviront. Ne me ferez-vous point grâce ? La belle aux cils noirs a ravivé mes tourments; celle qui faisait la joie de mon coeur repose sous la terre. Je pleure la belle aux dents de perles; mes cheveux ont blanchi; et mes yeux ne peuvent supporter cette séparation. Le soleil qui nous a éclairé, est monté au Zénith, se dirigeant vers l'Occident; il s'est éclipsé après avoir été le sommet de la voûte céleste, au milieu du jour. La lune qui se montre à nous, a brillé pendant le mois du Ramadhan, puis a disparu du ciel, après avoir fait ses adieux au monde.

Ce poème, je le dédie à la mémoire de la reine du siècle, fille d'Ahmed et descendante de l'illustre tribu des Douaouda. Telle est la volonté de Dieu, mon Maître Tout-Puissant. Le Seigneur a manifesté sa volonté, et a rappelé à lui Hiziya. Mon Dieu ! Donne-moi la patience; mon coeur meurt de son mal, emporté par l'amour de la belle, qui a quitté ce monde.

Elle vaut deux cents chevaux de race, et cent cavales issues de Rakby. Elle vaut mille chameaux; elle vaut une forêt de palmiers des Ziban. Elle vaut tout le pays du Djérid; elle vaut le pays des noirs et des milliers de Haoussas. Elle vaut les Arabes du Tell et du désert, ainsi que tous les campements des tribus, aussi loin que puissent atteindre les caravanes, voyageant à travers les cols des montagnes. Elle vaut ceux qui mènent la vie bédouine et ceux qui habitent les continents. Elle vaut ceux qui se sont installés dans des demeures permanentes et mènent une vie de citadins. Elle vaut les trésors, la belle aux beaux yeux; et si cela ne suffit pas, ajoutes-y les habitants des villes. Elle vaut les troupeaux des tribus, les bijoux, les palmiers des oasis, le pays des Chaouias. Elle vaut ce que renferment les océans; elle vaut les Bédouins et citadins vivant au delà du Djebel Amour, et jusqu'à Ghardaïa. Elle vaut, elle vaut le Mzab et les plaines du Zab, hormis les saints et les marabouts. Elle vaut les chevaux recouverts de riches carapatons, et l'étoile du soir; cela est peu, trop peu, pour ma bien-aimée, unique remède à mes maux.

Je demande pardon au Seigneur; qu'il ait pitié de ce malheureux ! Que Mon Seigneur et maître pardonne à celui qui gémit à ses pieds ! Elle avait 23 ans, la belle à l'écharpe de soie. Mon amour l'a suivie; il ne renaîtra jamais dans mon coeur. Consolez-moi de la perte de la reine des gazelles. Elle habite la demeure des ténèbres, l'éternel séjour.

Jeunes amis ! Consolez-moi de la perte du faucon. Elle n'a laissé que le lieu où sa famille a campé, et qui porte son nom. Bonnes gens ! Consolez-moi de la perte de la belle aux khelkhals d'argent pur; on l'a recouverte d'un voile de pierre reposant sur des fondations bien bâties. Amis ! Consolez-moi de la perte de la cavale de Dhyab(3) qui n'eut d'autre maître que moi.

J'avais de mes mains tatoué de dessins quadrillés, la poitrine de la belle à la fine tunique, ainsi que ses poignets. Bleus comme le col du ramier, leurs traits ne se heurtaient pas; ils étaient parfaitement tracés, quoique sans plume; seules mes mains avaient exécuté ce travail. J'avais dessiné ce tatouage entre ses seins, lui donnant d'heureuses proportions. Au-dessus des bracelets qui paraient ses poignets, j'avais écrit mon nom. Même sur ses chevilles, j'avais figuré un palmier ! Que ma main l'avait bien dessiné !

Ah ! La vie est ainsi faite ! Saiyed, toujours épris de toi, ne te reverra plus; le seul souvenir de ton nom, lui fait perdre ses sens. Pardonne-moi, Dieu compatissant; pardonne aussi à tous les assistants; Saiyed est triste; il pleure celle qui lui était si chère. Aie pitié de l'amoureux, et pardonne à Hiziya; réunis-les dans le sommeil, Seigneur ! Ô Dieu, le Très-Haut. Pardonne à l'auteur, qui a composé ce poème; son nom est formé de deux mim, d'un ha et d'un dal (Mohamed). Ô Toi qui connais l'avenir ! Donne la résignation à cet homme, qui est fou (de douleur); je pleure comme un exilé; mes larmes apitoieraient même mes ennemis. Je ne mange plus; toute nourriture m'est devenue insipide; mes paupières ne connaissent plus le sommeil.
Cette pièce a été composée trois jours seulement après la mort de celle qui me fit ses adieux, et ne revint plus vers moi.

Ô vous qui m'écoutez ! Ce poème a été achevé en 1295 de l'Hégire(4). Ould Seghir a composé, au mois de l'Aid El-Kebir, cette chanson. A Sidi Khaled ben Sinan, Ben Guittoun a chanté celle que vous aviez vue vivante.

"Mon coeur est parti avec la svelte Hiziya !"
_________________________________________________________

Notes
1. Plaine au S. E. de Sétif où les nomades de Biskra venaient faire paître leurs troupeaux en été
2.(Nom d'un étalon célèbre amené du Maroc par si Ahmed Tidjani . 3. l'un des principaux héros de la geste des banou Hilal )
4. fin de l'année 1878 ap. J. C.






lundi 25 février 2008

Bou saada et le quotidien l'expression

Bou Saada, la ville de Samson et Dalila
Dans la ville d’Etienne Dinet, notre première escale est l’hôtel Kardada (anciennement Transat), un établissement hôtelier réalisé au début du XXe siècle. Le 25 décembre 1913, il fut inauguré sous l’appellation «Le Petit Sahara» par Bailly Victor probablement descendant de la famille de Jean Sylvain Bailly (1736-1793), un des plus grands astronomes du XVIIe siècle et aussi un grand homme politique français, président de l’Assemblée constituante en 1789, et ensuite maire de Paris. En 1925, cet hôtel fut vendu à la compagnie générale «Transatlantique», puis acquis en 1995 par El Djazaïr (anciennement «Saint Georges» ) sous l’appellation de Transat. Et depuis juin 2005, il fut inauguré et rebaptisé Hôtel Kardada, la première unité affiliée à l’EGH El Djazaïr. L’hôtel s’avère être un havre de paix, baigné d’une lumière naturelle. Il offre, en outre, une agréable atmosphère de détente.(…) Les chambres de l’aile sud de cet hôtel donnent sur le «Moulin Ferrero», un lieu pittoresque, à quelque 2km de Boussaâda. Ce moulin qui n’est plus qu’un vestige, a été construit sur un cours d’eau escarpé du plus heureux effet; une eau fraîche y coule hiver comme été. L’oued est entouré de jardins dont beaucoup servent à l’exploitation de cultures maraîchères. Jadis, ces jardins faisaient office de lieu idéal de repos, emplis qu’ils étaient de violettes et d’arbres de toute essence. C’est dans ce lieu paradisiaque que les cinéastes américains et français vinrent tourner des scènes de Samson et Dalila, un film géant de Cécile B. de Mille, avec les célèbres acteurs Hedy Lamar et Angela Lansbury (... ) nous y sommes accueillis par la troupe folklorique Essaâda, déléguée par l’Office culturel de la région. Elle nous gratifie d’une danse naïlie. De jeunes femmes parées de rose et de blanc entament une danse ancestrale accompagnée de la zorna. Leurs bijoux d’argent et les colliers d’ambre qu’elles portent rehaussent leur charme naturel. Ces jeunes filles, au visage discrètement maquillé de khol et les lèvres colorées d’écorce de noix, sont encadrées par des cavaliers, à l’allure virile, sabre à la main. Après un court intermède, fuse un chant mélodieux, qu’accompagnent les sons d’une flûte bédouine......

Lire la suite in: lexpressiondz.com du 25/02/08

mardi 19 février 2008

La nostalgie en musique

Si vous êtes un ou une nostalgique de BS, alors cliquez vite sur bousaada-forumactif.com, ensuite sur: art et culture; Bou Saada en musique de kachina du 2/02/08, et ECOUTEZ....vous ne serez pas déçu. Un mélange subtil entre une poésie bien bousaadienne et un chant du type chaabi algérois vous fera visiter tous les quartiers de BS. Le tout agrémenté par de superbes photos ....
Qui peut prendre l'initiative de faire un single?

mercredi 13 février 2008

Bou Saada en images